Jigoku, Nakagawa Nobuo (1960)


jigoku japan poster 1960JIGOKU, aka The Sinners of Hell, aka Hell
地獄
Année : 1960
Genre : le mâle incarné ?
Production : Shintoho
Réalisation : Nakagawa Nobuo
Avec : Amachi Shigeru, Mitsuya Utako, Numata Yôichi, Hayashi Hiroshi, Ôtomo Jun, Yamashita Akiko, Tsuji Kiyoko, Miyata Fumiko, Nakamura Akira, Tokudaiji Kimie, Ono Akiko, Ôtani Tomohiko, Miya Kôichi, Yamakawa Sakutarô, Ishikawa Rei


Shirô, un étudiant en théologie, est promis à la jolie Yukiko, la fille de son professeur. Le quotidien sans histoire de Shirô bascule le jour où, raccompagné en voiture par son ami Tamura, ce dernier écrase un homme ivre qui traversait la route. Malgré l’insistance de Shirô, Tamura refuse de s’arrêter. Les deux garçons l’ignorent alors mais si la mère de la victime, témoin de l’accident, n’a rien dit à la police, c’est pour mieux manigancer sa vengeance.
Comme marquée au fer rouge du sceau de la mort et de ses messagers (Oni, voire peut-être Shinigami ?), la vie de Shirô va alors devenir un véritable enfer, et les décès tragiques vont se multiplier autour de lui – jusque dans les chairs des êtres qui comptent le plus à ses yeux… Quant à Tamura, son comportement va devenir de plus en plus étrange – au point de personnifier le mal incarné ?

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Avec JIGOKU, Nakagawa Nobuo confirme son goût pour l’horreur esthétique et les prises de risque visuelles. Qu’il s’agisse des nombreuses scènes de studio, magistralement mises en scène, ou de ces quelques décors naturels savamment utilisés (le pont suspendu : à couper le souffle), JIGOKU est un pur régal vicieux en forme de very bad trip de l’impossible.

Si le début du récit surprend parfois par le décalage flagrant entre le fond (terribles deuils, accidents en cascade) et la forme (certains meurtres frisent le « grand-guignolesque »), JIGOKU cultive une ambiance malsaine et une emprise totale sur le spectateur, qui peut difficilement anticiper ce qui va lui tomber à nouveau sur la tête lors de la scène suivante. Concernant le côté grand-guignolesque, j’avoue que j’ai du mal à l’expliquer. Est-il volontaire ? S’agit-il de cruels ratés ? Comment ne pas tiquer devant cette strangulation ridicule ou cette femme qui trébuche d’un pont avec une maladresse évidente et partagée par le réalisateur ? Étrange…ou peut-être que Nakagawa Nobuo affiche ici ses propres limites. Après tout, n’est pas Kubrick qui veut, n’est-ce pas.

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Puis quand bien même, avec les Enfers, il s’agirait de concepts antipodaux, le « miracle » survient : de bon petit film surréaliste, JIGOKU bascule dans la folie cinéphile et picturale et subjugue littéralement dans sa dernière partie – extrêmement longue. Un voyage improbable aux confins de l’horreur dans les strates supposées des Enfers, ses chambres macabres, ses tortures infinies, ses ahurissants tableaux de chair humaine ou encore son lac de sang punissant les couples englués dans la luxure – oui certaines personnes y ont les quatre enfers en l’air. Un spectacle hallucinant pour des sévices lancinants : il faut le voir pour le croire. Mais Nakagawa Nobuo ne se contente pas de simplement filmer l’horreur (très théâtrale, il est vrai). Il injecte à son récit un véritable suspense (Shirô souhaite s’échapper et retrouver un être cher) ainsi que quelques petites touches d’émotion bien senties – et magnifiées par la musique. Et que dire de cet enchainement final génial, qui nous replonge dans la réalité et le calme…de ses cadavres grossièrement amoncelés. Si de ce côté-ci la mort semble paisible, dans les ombres la damnation est terrible.

Oli :         drapeau2 drapeau2 drapeau2 0japondrapeau1
Yasuko : drapeau2 drapeau2

Trailer :

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Quick Review in English:

+ Magnificent studio scenes, with a few great natural sets (the bridge!)
+ Cruel story
+ Good actors (Numata Yôichi -RINGU, Amachi Shigeru – YOTSUYA KAIDAN)
+ The last part of the movie is incredible: so many visual tricks and genious ideas
+ Good soundtrack – especially the sad musics, near the end of the movie

– Some murder scenes don’t fit with the dark side of the movie (is it done on purpose?)
– As I said : some scenes are a a bit ridiculous
– The actors sometimes act as if they were in a theater – I don’t really care. Do you?

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A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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