Gatchaman, Satô Tôya (2013)


gatchaman japan posterGATCHAMAN, aka Gacchaman
ガッチャマン
Année : 2013
Genre : un cui-cuisant échec ?
Production : Nikkatsu
Réalisation : Satô Tôya
Avec : Matsuzaka Tôri, Suzuki Ryôhei, Ayano Gô, Gôriki Ayame, Hamada Tatsuomi, Hatsune Eriko, Kishitani Gorô, Mitsuishi Ken, Nakamura Shidô, Gregory Pekar


Dans un futur proche, une terrible et mystérieuse organisation met la Terre à feu et à sang. Dans le même temps, l’International Science Organization (ISO) trouve le moyen de tirer une énergie incroyable de certaines pierres bleues…mais seuls certains individus seraient capables de les maitriser. Triés sur le volet, ces héros du renouveau sont appelés Receptor…ou plus communément « Gatchaman ». Cinq d’entre eux vont devoir prendre les risques les plus fous afin de déjouer le plan machiavélique du terrifiant leader (hermaphrodite ?) Berg Katse. Ils se nomment Ken, Joe, Jun, Ryu et Jinpei. Tout ne sera pas de tout repos, tant les tensions se font sentir parmi les membres de cette équipe d’élite : Ken ne se pardonne toujours pas la mort de Naomi qu’il aimait secrètement bien que celle-ci ait, à l’époque, accepté la demande en mariage de Joe…ce qui n’est pas sans causer certaines petites crises de jalousie de la part de Jun…profondément attachée à Ken, à présent.

Non ceci n’est pas un remake de la série SANTA BARBARA.

gatchaman 2013 01gatchaman 2013 02

gatchaman 2013 04gatchaman 2013 05

GATCHAMAN illustre bien la difficulté d’adapter un vieil anime ou manga au cinéma. GATCHAMAN, aka LA BATAILLE DES PLANÈTES chez nous, date en effet des années 70. Pour ma part, il s’agit de l’un des premiers dessins animés à m’avoir véritablement marqué – pour l’époque c’était franchement génial. A qui s’adresse donc une adaptation ciné en 2013 ? Au public moderne, jeune mais qui n’a qu’une vague idée de la série originelle – quand bien même celle-ci connut quelques dérivés dans les années 80 ou 90 ? Ou bien au contraire à ce public aujourd’hui âgé de 40 ou 50 ans, qui se souvient encore des jouets de la série avec une touchante nostalgie  – ces magnifiques personnages articulés dont on pouvait même retirer le casque ! Non, l’équation – que dis-je : le numéro d’équilibriste !  – n’est pas simple, et le réalisateur Satô Tôya (KAIJI) s’y est d’ailleurs cassé les dents : son film fut un cuisant échec au box office japonais.

On peut sans peine imaginer que les effets spéciaux ont considérablement grevé le budget de GATCHAMAN : ceux-ci sont effectivement superbes – pour une production japonaise, j’entends, n’allez pas non plus comparer GATCHAMAN avec PACIFIC RIM… Sur ce point précis, on ne peut pas dire que Satô Tôya s’est fichu de nous : son film montre bien des héros vêtus d’armures ressemblant vaguement à des oiseaux (ok, dans l’anime c’était beaucoup plus flagrant). On pourrait juger cela ridicule, mais c’est la série qui veut ça : Satô Tôya ne trahit donc aucunement le principe de base du dessin animé. Ainsi nos soldats de la Force G (en français) sautent, volent, se battent avec hargne (parfois avec classe), luttent contre des extraterrestres hauts en couleurs, des villes sont ravagées, des robots gigantesques détruisent des quartiers entiers, le grand méchant aux lèvres roses porte bien un masque en plastique avec de longues cornes et le superbe vaisseau des héros voyagera jusque dan l’espace, pour finalement revenir sur Terre dans un déluge de feu…tel le phénix que l’on peut encore voir sur Youtube dans le générique de la série originelle.

gatchaman 2013 06gatchaman 2013 07

gatchaman 2013 08gatchaman 2013 09

Alors non, il n’y a définitivement pas tromperie sur la marchandise. Certes le scénariste et le réalisateur ont apporté quelques changements, dont un petit twist concernant le méchant (mais justifié par son côté « hermaphrodite » dans la série de 1970), des tensions dans l’équipe et l’absence de mini-jupe (je vous rappelle qu’à l’époque la jolie Jun portait une jupette qui dévoilait souvent sa culotte blanche !). Et non, ce GATCHAMAN à la sauce 2013, c’est pas la bataille des playmates ! Plus sérieusement, un détail risque également de choquer les spectateurs français : le petit robot de la série animée n’apparait absolument pas dans le film ! Ne soyez pas surpris : c’est parfaitement normal puisque les séquences avec le robot n’existaient pas au Japon. Elles avaient été ajoutées en Occident pour combler les trous causés par la censure et apporter une touche humoristique (ainsi qu’ un clin d’œil à R2-D2 ?). Bref, ce nouveau GATCHAMAN correspond bien, à quelques détails près, au GATCHAMAN des années 70. Aussi, il est difficile de le critiquer sur son scénario, plutôt ridicule mais déjà à l’époque nous étions loin, très loin du Prix Pulitzer !

Non ce n’est pas l’indigence de l’histoire qui m’a fait décrocher de GATCHAMAN, le film. L’action y est très correcte, les effets spéciaux excellents (je sais je me répète) mais, car il y a un mais : les acteurs et actrices se prennent parfois horriblement au sérieux ! Rien ne nous est épargné : les longues séquences d’exposition, les scènes intimistes à répétition, les moments qui se voudraient émouvants…tout cela finit par devenir absolument insupportable – surtout que quelques individus ne sont pas particulièrement doués pour la comédie. La pauvre Gôriki Ayame, qui s’était déjà fait descendre en flammes à l’époque de son doublage pour le film américain PROMETHEUS, nous apporte ici une nouvelle fois la preuve qu’elle ne connait pas grand-chose au métier d’actrice. A chaque ligne, ou presque, c’est une véritable torture. Encore une fois, je n’aurais pas tiqué dans un film stupide de pur divertissement…mais GATCHAMAN commet l’erreur de se prendre trop souvent au sérieux. Du coup, comment ne pas se moquer de ses dialogues à l’eau de rose, de ses quelques acteurs peu inspirés (l’écriture des personnages n’aidant pas) et de ces chaudes larmes pour lesquelles les spectateurs ne peuvent éprouver aucune empathie ?

GATCHAMAN, c’est donc l’histoire d’un beau gâchis. On y croit au début, puis petit à petit tout se délite pour, au final, nous abandonner sur une désagréable impression. La faute à un film qui hésite constamment entre le ton naïf voire cartoonesque et celui, plus sérieux, d’un drame humain ayant l’outrecuidance de chercher à émouvoir…

Oli :         drapeau2
Yasuko : drapeau_blanc

Trailer :

_______________________________________________

Quick Review in English:

+ From an old anime of the 70’s – great anime for that time
+ The same characters, action, monsters, robots…
+ Very good CGI for a Japanese movie
+ Action scenes are rather good – for a Japanese mainstream movie
+ The first 20minutes are good (the first action scene in Tokyo!)

– The armors don’t look like birds very much
– So many discussions…why so serious?!
– So serious…but not very gifted actors (Ayame: oh my god…)
– Love story, friendship, tears…but impossible to believe in all this

gatchaman 2013 IMAGE 01

gatchaman 2013 IMAGE 02

gatchaman 2013 IMAGE 03

gatchaman 2013 IMAGE 04

gatchaman 2013 IMAGE 05

gatchaman 2013 IMAGE 06

gatchaman 2013 IMAGE 07

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
Cet article, publié dans Action, Science-Fiction, est tagué , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s