47 Ronin, Carl Rinsch (2013)


poster 47 Ronin47 RONIN
Année : 2013
Genre : samou-raillé
Origine : USA
Production : H2F Entertainment / MPC / Stuber
Réalisation : Carl Rinsch
Avec : Keanu Reeves, Sanada Hiroyuki, Shibasaki Kô, Asano Tadanobu, Tanaka Min, Kikuchi Rinko, Akanishi Jin, Cary-Hiroyuki Tagawa, Haneda Masayoshi, Sogabe Hiroshi, Yonemoto Takato, Yamada Hiroshi, Nakajima Shû, Neil Fingleton, Kunimoto Natsuki, Igawa Togo, Ishida Tanrô, Tomita Eizo, Tabuchi Dai, Deai Masayuki, Yorick van Wageningen, Kajioka Junichi, Clyde Kusatsu, Abe Haruka, Komura Tomoko, Akashi Takako, Koieyama Akira, Maekawa Aria, Daniel Barber, Fujimoto Masashi, Gedde Watanabe, Sekiguchi Manato, Rick Genest, Brian C. Hirono, Ron Bottitta, Eddie Bagayawa, Naka Yuriri


Le seigneur Asano est obligé d’abandonner son rang et ses hommes à la suite d’un odieux complot ourdi par le machiavélique Kira – qui vise les terres…mais aussi la fille d’Asano. Sommés par le Shogun d’accepter la destitution de leur leader sans chercher à le venger, les samouraïs sont contraints à l’exile. Ils ne sont plus que des rônin. Mais revigorés par l’envie de sauver leur princesse d’un terrible mariage avec Kira, ils reviendront sur leur parole – pourtant sacrée. Quarante-six d’entre eux vont alors planifier le meurtre de Kira – sachant bien que même si leur improbable mission est couronnée de succès, ils seront exécutés par les troupes du Shogun. Mais une mort honorable est, pour eux, préférable à une vie entière dans le déshonneur. Pour les aider, ils pourront compter sur Kai, un mystérieux jeune homme à moitié japonais, au passé particulièrement trouble et que le seigneur Asano prit sous son aile alors qu’il n’était qu’un adolescent fuyant une menace indicible, dans une forêt millénaire…

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47 RONIN fut un échec critique et public. Tout d’abord au Japon, où le film fut abondamment moqué. Il faut dire que 47 RONIN adapte un fait historique réel quasiment vénéré dans l’archipel (Akō rōshi), la réécriture hollywoodienne de la chose avait donc de quoi choquer les grincheux les puristes. Avec un gaijin qui campe un personnage encore plus puissant que les samouraïs, on peut les comprendre – mais ce serait vite oublier que ledit fait historique est aussi soumis à controverses et entouré de nombreuses zones d’ombres (ça remonte aux toutes premières années du XVIIIème quand même…). Dans le reste du monde, 47 RONIN ne fut pas non plus à la fête. Disons-le franchement : les critiques ont pris un malin plaisir à détruire le film, déjà peu aidé par une production chaotique et plusieurs réécritures. Il faut dire que 47 RONIN va loin, très loin. Et ose beaucoup de choses – trop de choses ? Imaginez un peu : Keanu Reeves entouré d’acteurs japonais qui parlent anglais dans un improbable mélange du CHÂTEAU DE L’ARAIGNÉE, MONONOKE HIME, NINJA SCROLLS et DAR L’INVINCIBLE, le tout filmé intégralement en Europe, dégoulinant d’effets spéciaux très corrects mais pas géniaux, de morceaux de bravoure épiques et d’autres moments qui frisent le bis qui tache ! Oui, il y a de quoi s’étouffer. Et pourtant 47 RONIN respire la grande aventure. La fantasy féerique et sauvage. L’Histoire violée par la fiction – mais consentante l’Histoire, hein.

Bref, il est certain que le film n’a pas dû (pu ?) être apprécié à sa juste valeur, en particulier dans certains journaux trop sérieux ou dans quelques festivals branchés, où 47 RONIN s’est sans doute retrouvé coincé entre un film d’auteur, un canapé à l’avocat, une bimbo peroxydée et deux-trois coupes de champagne. Mais critiquer 47 RONIN pour son côté «fantasy pour grands enfants» est, à mon sens, particulièrement injuste. 47 RONIN est en effet un film de fantasy un peu à l’ancienne, très honnête dans sa démarche et qui n’a jamais caché qu’il vendait une aventure nimbée de fantastique avec des samouraïs, des super pouvoirs et des créatures étranges. Reprocher ce parti pris à 47 RONIN reviendrait donc peu ou prou à se moquer de STAR WARS pour ses explosions spatiales crachant du bruit et des flammes – à l’encontre des règles de physique les plus élémentaires.

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Croyez-moi sur parole : 47 RONIN n’est pas un navet. Il côtoie le cinéma bis à certains moments, c’est vrai, et son montage n’est pas un modèle du genre, en effet. Mais il ne cède jamais au ridicule car son intrigue, bien pensée, et ses acteurs, particulièrement inspirés, ressoudent le tout en un ensemble très cohérent. On finit même par oublier la première mauvaise surprise du film : les acteurs japonais qui parlent anglais… Ça fait très bizarre au début…mais on s’y habitue. Surtout, il est difficile d’en vouloir aux producteurs qui visaient selon toutes vraisemblances le marché international – et puis ils ont fait l’effort de recruter un casting presque exclusivement japonais, là où d’autres auraient engagé une armée d’acteurs américains d’origine asiatique. Oui, à part l’inénarrable Cary-Hiroyuki Tagawa (que vous aimez sans doute autant que moi depuis le « mythique » MORTAL KOMBAT), le reste des acteurs et actrices est composé de vraies stars japonaises. Si Asano Tadanobu a bien du mal à être crédible, Sanada Hiroyuki s’en sort comme un chef (il est électrisant de charisme), Shibasaki Kô fait bien le peu de choses qu’exige son personnage de princesse et Kikuchi Rinko est sexy en diable (normal, pour une sorcière !). Mention spéciale pour Keanu Reeves, très convaincant dans un rôle qui semblait fait pour lui : il a le visage grave et parait constipé durant tout le film, mais ça colle bien à son personnage – je ne plaisante pas, ça fonctionne vraiment.

Avec 47 RONIN, préparez-vous donc à un voyage inattendu au cœur d’un Japon féodal avec tout ce que cela suppose (bushidô, seppuku, complots, vengeance, mariages arrangés et amours impossibles), et courageusement revisité par certains contes et légendes parmi les plus célèbres de l’archipel : kitsune (créatures polymorphes épousant le plus souvent les traits d’un renard),  insondables esprits de la forêt, Oni, Tengu – l’une de mes scènes préférées…, etc. Mieux encore : malgré un mélange des genres très osé (drame historique très sérieux et manga live), 47 RONIN fonctionne parfaitement du début jusqu’à la fin. Et ce, qu’il s’agisse de ses scènes intimistes, de ses batailles rangées ou encore de ses duels épiques.

47 RONIN c’est donc de l’action, des drames, des larmes et du sang : oui, du vrai grand spectacle. Pas toujours bien fignolé, certes, mais tellement généreux qu’on aurait bien du mal à le lui reprocher.

Oli :         drapeau2 drapeau2 drapeau2
Yasuko : drapeau2 drapeau2

Trailer :

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Quick Review in English:

+ The kind of movie you wanted to watch when you were a kid
+ Action, magical tricks, witchcraft, monsters, samourais, love, vengeance and treachery
+ Real History (Akō rōshi – 1702) meets Japanese legends (magic, yôkai, kitsune, tengu…)
+ Great Japanese casting
+ Epic
+ When MONONOKE meets THE BEASTMASTER, THRONE OF BLOOD and…??

– You may don’t like the fact that this historical event has been altered for a US movie
– A white man stronger than the legendary ronins? It’s ok with me but…with you?
– Don’t be shy: this film mixes many, many things. You may don’t like it
– Asano Tadanobu is not very convincing
– It’s just entertainment, don’t look for a hidden message or anything else
– Technically, it’s far away from being perfect…but so fun!

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A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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10 commentaires pour 47 Ronin, Carl Rinsch (2013)

  1. eric dit :

    Bien d’accord avec votre article, je corrobore tout ce que vous avez écrit, il y a bien pire comme film c’est certain, allez-y c’est jouissif !

  2. John dit :

    J’ai été très étonné graphiquement parlant, je le trouve très beau ce film, il y a des plans incroyables !

  3. ju dit :

    Du grand spectacle c’est vrai ! Avec ce film j’ai appris à ne plus JAMAIS regarder les critiques qui peuvent plus ou moins nous influencer ! 47 Ronin est pour moi un grand film, un divertissement qui vend du rêve et de l’émotion ( la fin ! ) et c’est tout ce qu’on lui demande ! Le reste…

  4. ju dit :

    Oui il le mérite ! d’ailleurs le bluray/dvd est sorti la semaine dernière je crois, je vais aller le prendre de ce pas :p

  5. Michix dit :

    N’ayant pas vu ce film je peux pas en faire un commentaire mais quand j’ai appris sa sortie je m’étais dit « oh p.. : encore un de ces films sur les samouraïs qui va nous véhiculer des vieux stéréotypes historiquement archifaux ».
    Mais après tout si c’est un bon divertissement bien joué et bien tourné pourquoi pas ?

  6. KARA dit :

    Il était très sympa ce film. OK, pas inoubliable mais ma foi, on passe un très bon moment.
    Après comme tu dis, certains grincheux nippons n’ont pas aimé qu’on se ré-approprie leurs histoires mais bon, eux-mêmes au Japon, quand ils font du film historique… Ca y va le steam punk, l’humour potache et les costumes à l’à peu près. Donc bon….

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