Furueru shita, Nomura Yoshitarô (1980)


furueru no shitaFURUERU SHITA, aka Writhing Tongue
震える舌
Année : 1980
Genre : tétan…isé
Production : Shochiku
Réalisation : Nomura Yoshitarô
Avec : Watase Tsunehiko, Toake Yukiyo, Wakamori Mayuko, Hiiro Tomoe, Nakahara Sanae, Kitabayashi Tanie, Umeno Yasukiyo, Kanie Keizô, Katô Kenichi, Yano Sen, Koshimura Kôichi, Nakajima Hisayuki, Miura Toshitomo, Koreeda Masahiko, Yamanashi Mitsukuni


Tandis qu’elle jouait au bord d’une rivière urbaine, la petite Masako se coupe légèrement. Ses parents vont rapidement soupçonner le pire : leur fille va en effet subir une première crise. Le corps raidi, des cris stridents…la mâchoire serrée avec une telle violence que le père mettra son pouce dans la bouche de sa fille pour éviter un accident plus grave encore.

La pauvre petite a en réalité contracté le tétanos. Elle va vivre un enfer. Et ses parents vont avoir toutes les peines du monde à garder les pieds sur terre.

furueru shita 01furueru shita 02

furueru shita 03furueru shita 04

En général, je ne suis pas particulièrement friand des films tristes sur la maladie ou les drames familiaux – il y a bien évidemment des exceptions à la règle, mais l’enfant meurtri, la larme facile et les parents aimants…ce n’est pas ma tasse de thé. Et pourtant…FURUERU SHITA m’a complètement secoué ! Entendons-nous bien : cette histoire d’enfant qui a contracté le tétanos est triste – mais ce n’est pas ce qui m’a le plus marqué. Non. Car le réalisateur Nomura Yoshitarô (KICHIKU), habitué au Film Noir, a traité son œuvre comme un véritable film de genre. En effet, là où d’autres auraient abusé des violons pour faire pleurer dans les chaumières, Nomura Yoshitarô nous embarque dans un véritable thriller médical, où chaque crise de l’enfant est vue comme un ressort horrifique – c’est d’ailleurs comme cela que la mère finira par voir les choses, au point de perdre la tête, de refuser d’entrer dans la chambre d’hôpital…de souhaiter la mort rapide de sa fille ? Aussi, lorsqu’elle se saisira d’un couteau, les yeux hagards…le spectateur ne saura plus quoi penser.

La guérison ou la mort de l’enfant ne constitue donc, à mon sens, aucunement le nerf central de l’intrigue. Nomura Yoshitarô enchaine les évènements avec une telle maestria que le suspense, constamment renouvelé, trouve ses forces vives ailleurs : le père doit-il et peut-il tout prendre sur lui ? La mère a-t-elle définitivement perdu les pédales ? Pourrait-elle commettre l’irréparable ? L’incroyable docteure dévouée tiendra-t-elle le choc ? – Incroyable scène où le réalisateur fait naitre le doute, lorsque la docteure se met à trembler. Quand la prochaine crise aura-t-elle lieu ? Qu’est-ce qui la causera, cette fois-ci ? – la lumière du soleil traversant une fenêtre mal fermée, un bruit strident venu du couloir à la suite d’une maladresse du personnel médical ?

furueru shita 05furueru shita 06

furueru shita 07furueru shita 08

Et puis…il y a ces scènes horribles, qui font sans doute partie du quotidien des médecins, mais qui demeurent extrêmement dures à supporter pour le commun des mortels. C’est là tout le paradoxe de FURUERU SHITA : le sang, les tubes profondément enfoncés dans le corps d’un enfant, un corps qui se raidit paraissant alors possédé…c’est une horreur simple, réelle…mais brutale. Bien plus douloureuse que dans n’importe quel film gore où, justement, l’exagération désamorce complètement l’impact de la violence. J’ai ainsi détourné le regard de l’écran une fois, dans FURUERU SHITA – et ça ne m’arrive pas souvent. Je ne pouvais pas supporter de voir cette enfant, affreusement crispée par la douleur, se mordre la langue, fermer sa mâchoire jusqu’au sang…jusqu’à se briser les dents ? Rien que d’y penser…

FURUERU SHITA est par conséquent un film absolument incroyable : choquant, dur mais paradoxalement passionnant, tant Nomura Yoshitarô a su parsemer son récit de ressorts narratifs et d’astuces visuelles issus du cinéma de genre – thriller et horreur, dont la force est encore rehaussée par des choix sonores et musicaux qui font, parfois, véritablement froid dans le dos. Une œuvre unique qui, en plus, n’oublie pas d’émouvoir. Un tour de force, réalisé par un spécialiste du suspense et du Film Noir.

Oli :         drapeau2 drapeau2 drapeau2
Yasuko : drapeau2 drapeau2

Trailer pour la sortie du DVD :

_____________________________________________

Quick Review in English:

+ The director knows how to handle thrillers and Films Noirs…
+ …so he directed his movie like a real suspense movie, almost a horror movie
+ It’s just incredible: don’t expect just a sad movie about illness. It’s more than that
+ One or two scenes are very difficult to watch: beware if you have a sensitive soul

– Some spectators may don’t like the way the director handled a sad story about illness

furueru shita

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
Cet article, publié dans Drame, Horreur, Oldies, Thriller, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s