Sushi Girl, Kern Saxton (2012)


sushi_girl_jpSUSHI GIRL
スシガール
Année : 2012
Genre : sushi et poisson cru…el
Origine : USA
Production : Level Up / Assembly Line
Réalisation : Kern Saxton
Avec : Tony Todd, Noah Hathaway, James Duval, Andy Mackenzie, Mark Hamill, Cortney Palm, Sonny Chiba, David Dastmalchian, Jeff Fahey, Michael Biehn, Danny Trejo, Destin Pfaff, Stryker, Cyrus Alexander, David Reynolds


Fish vient de passer plus de six années derrière les barreaux pour un sanglant vol de diamants qui a mal tourné…sans pour autant jamais balancer ses complices. Dès sa sortie, il va devoir rejoindre ces derniers…pour un repas japonais très spécial : une femme nue et du poisson cru étalé sur le corps. Autour de la table : les anciens complices de Fish, dont l’énigmatique Duke…qui demeure persuadé que Fish a dissimulé les diamants quelque part durant sa cavale, juste avant de se faire coincer par la police.

SUSHI GIRL 07sushi girl 12

SUSHI GIRL 05SUSHI GIRL 04

SUSHI GIRL…en voilà un titre casse-gueule. C’est tout du moins ce que j’ai pensé lorsque j’ai vu ce film proposé sur la chaîne Hulu. D’un côté, on peut dire que c’était prémonitoire, car l’un des protagonistes de l’histoire va en effet avoir la gueule cassée. Heureusement, sur le fond, je me suis trompé (la présence de sushis, de boobs et d’une star japonaise m’ayant induit en erreur) : SUSHI GIRL n’a en effet rien du film gratuit et malhonnête qui recycle ad nauseam les récents films gores japonais à la sauce Sushi Typhoon (Iguchi, Nishimura and co.), eux-mêmes le plus souvent préformatés et prémâchés pour être facilement ingurgités par certains spectateurs occidentaux.

Oui, j’avais tout faux. SUSHI GIRL est, en fait, une vraie petite perle de série B façonnée à la manière d’un bon film noir – et d’ailleurs si on doit s’amuser à partir à la pêche aux références, SUSHI GIRL se rapprocherait davantage d’un RESERVOIR DOGS que d’un ROBOGEISHA, avec un Tony Todd en crépusculaire maître de cérémonie. Le vieux tueur inoubliable de CANDYMAN, ici dans la peau d’un terrible gangster « nipponophile » (mais très baratineur en fait : chute géniale à la clé) semble en effet comme un poison dans l’eau. Également producteur exécutif, Tony Todd est même parvenu à réunir une belle brochette d’acteurs parfois injustement oubliés du grand public. Outre les caméos de Danny Trejo, Sonny Chiba et Michael Biehn (respect éternel pour Hicks, injustement effacé d’ALIEN 3), Tony Todd et le réalisateur Kern Saxton, qui signe là son premier long métrage, sont allés chercher (les mauvaises langues diront déterrer) un Mark Hamill absolument extraordinaire dans le rôle d’un tortionnaire lâche et sadique et un improbable Noah Hathaway (Atrayu dans le mythique NEVERENDING STORY !) pour camper le voleur que ses complices soupçonnent de les avoir doublés. Le bougre (méconnaissable, bien évidemment) s’en sort comme un chef. C’est d’ailleurs le cas de tout le casting : on y croit à ce mystérieux règlement de comptes, dans un hangar refaçonné aux couleurs du Japon par un Tony Todd qui aime rappeler à ses sbires qu’il a déjà trainé avec des yakuzas (le bonhomme ment-il comme il respire ?). Au menu, ce soir, c’est d’ailleurs japonais avec du Nyotaimori pour les amateurs de chair fraiche – une femme nue et allongée sur laquelle un maître sushi a déposé des sushis et des sashimis.

SUSHI GIRL 06SUSHI GIRL 10

rsushi_girl 000SUSHI GIRL 08

Le film se déroule alors en quasi-huis clos, seulement entrecoupé de plusieurs flashbacks retraçant le vol de diamants qui a mal tourné. Le scénario est simple mais efficace, avec quelques petites feintes bien trouvées : où sont les diamants ? Le malheureux Fish, qui vient de sortir de prison, dit-il la vérité lorsqu’il prétend qu’il n’en a jamais vu la couleur ? Couvre-t-il quelqu’un ? L’un des membres du groupe a-t-il quelque chose à se reprocher ? Y-a-t-il un autre gang qui aurait pu doubler tout le monde ? Autant de questions amenées de manière très malignes et qui trouveront d’éclatantes réponses à la fin du film.

Mystérieux, drôle, choquant, très violent, jubilatoire par moment (sympathiques numéros d’acteurs), SUSHI GIRL est une vraie réussite dans son genre (très foutraque). On appréciera notamment le fait qu’il réussit ce savant dosage, souvent mis à mal dans bien des productions similaires, entre le ton sérieux et la pure dérision. SUSHI GIRL sait quand il faut se moquer de son propre scénario et de ses personnages – pour mieux nous envoyer une bonne droite au visage en nous faisant replonger d’un coup d’un seul dans l’horreur du quotidien de ces hommes sans foi ni loi. Une sombre histoire que l’on ne connait que trop bien. Une histoire…sans fin ?

Oli :         drapeau2 drapeau2 drapeau2
Yasuko : drapeau2 drapeau2 drapeau2

Trailer :

_______________________________________________

Quick Review in English:

+ What a great casting!!!! Tony Todd, Mark Hamill, Noah « Atreyu » Hathaway…
+ …and many great cameo – Sonny Chiba, Michael Biehn, Danny Trejo…
+ Beautiful « Sushi Girl »…and very mysterious too
+ A good gangster movie, with a little « RESERVOIR DOGS » ‘s touch
+ Good story for a movie of that kind, it’s not so easy to guess the ending
+ The actors seem to have a lot of fun: and they’re good! Mark Hamill is unbelievable
+ Not too serious, not too funny: the director has found the good balance
+ Expect the unexpected
+ The song « Diamonds are Forever »
+ Very violent…sometimes…

– Cruel gangster movie: if you don’t like violence, don’t watch SUSHI GIRL
– Not a huge budget: but the movie is convincing, that’s the most important thing

sushi girl image 01

sushi girl image 03

sushi girl image 02

sushi girl image 04

sushi girl image 05

sushi girl image 06

sushi girl image 07

sushi girl image 08

sushi girl image 09

SUSHI GIRL image 0

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
Cet article, publié dans Films non japonais, Polar / Film Noir, est tagué , , , , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s