Rurôni Kenshin: Densetsu no saigo-hen, Ôtomo Keishi (2014)


Rurouni Kenshin The Legend Ends POSTERRURÔNI KENSHIN: DENSETSU NO SAIGO-HEN, aka Rurouni Kenshin: The Legend Ends
るろうに剣心 伝説の最期編
Année : 2014
Genre : carré de cœur, l’as d’épique
Production : Warner Bros. / Studio Swan / C&I / IMJ
Réalisation : Ôtomo Keishi
Avec : Satô Takeru, Takei Emi, Fujiwara Tatsuya, Eguchi Yôsuke, Fukuyama Masaharu, Iseya Yûsuke, Aoki Munetaka, Aoi Yû, Kamiki Ryûnosuke, Tsuchiya Tao, Tanaka Min, Ôyagi Kaito, Miyazawa Kazufumi, Ozawa Yukiyoshi, Takitô Kenichi, Miura Ryosuke, Maruyama Tomomi, Takahashi Maryjun, Murata Mitsu, Yashiki Hiroko, Shimazu Kentarô, Yamaguchi Kôta, Watanabe Dai, Nishihara Aki, Yamada Takao


Kenshin n’est pas mort – il a en effet réchappé de la noyade par miracle, avant d’être secouru par son ancien maître. Désireux de se venger (à tout prix ?), Kenshin va redoubler d’efforts pour retrouver son lustre assassin d’antan. Il l’ignore encore, mais le surpuissant Shishio, dont les canons de guerre sont à présent pointés sur Tokyo, a forcé la main au gouvernement : Kenshin est désormais officiellement recherché…pour être exécuté ?

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Tout a une fin. Voici donc le chapitre final d’une saga, improvisée « trilogie » en cours de route, que l’on n’attendait pas à pareil niveau. A la fois hommage au manga et au chanbara, noir mais aussi un brin léger sur certains points (facilités scénaristiques, personnages pas très difficiles à anticiper voire parfois surjoués), RURÔNI KENSHIN constitue, à mon sens, le manga-live parfait. Un mariage ô combien difficile à réaliser, tant le délicat équilibre entre « respect du matériau originel » (manga/anime qui n’est certainement pas adaptable tel quel) et « divertissement cinématographique plus adulte » s’est révélé être, par le passé, un El Dorado qui relevait le plus souvent davantage du mirage que du miracle…

Pincez-moi, mais très fort alors. Car je ne rêve pas : l’improbable Ôtomo Keishi l’a fait. Personne ne l’avait vu venir, pas même moi, quand bien même l’intéressé avait laissé trainé quelques indices, et ce dès 2010. Ôtomo Keishi a en effet réalisé le drama RYÔMADEN, consacré au grand personnage historique Sakamoto Ryôma. Un énorme succès télévisuel – de qualité, si j’en crois ma femme, dans lequel Ôtomo Keishi semble avoir récité ses gammes puisque l’époque est plus ou moins similaire (Sakamoto Ryôma mourant juste avant l’avènement de l’ère Meiji, qui se trouve être à la base des ressorts scénaristiques des aventures de Kenshin). On retrouve également les mêmes acteurs : Fukuyama Masaharu en tête (le maître de Kenshin), Aoki Munetaka, Kagawa Teruyuki (le bad guy du premier film), Iseya Yûsuke, Aoi Yû, Tsuchiya Tao (la jeune ninja), Tanaka Min et enfin et surtout…un certain Satô Takeru ! Le succès de KENSHIN n’est donc pas dû au hasard, le technicien Ôtomo Keishi ayant sagement, mais sûrement, préparé son coup. Surtout, il a su très bien s’entourer. Outre le casting, KENSHIN est également particulièrement soigné au niveau des décors, des musiques et de l’action – gloire à Tanigaki Kenji, ancien disciple de Kurata Yasuaki et transfuge de la « team Donnie Yen ». Les combats sont, en effet, une nouvelle fois particulièrement réussis : extrêmement nerveux, privilégiant la vivacité aux ralentis pompeux – parfois présents mais jamais intrusifs. Tout semble alors couler de source, tant tout parait avoir été millimétré. Dès lors, le spectateur n’est aucunement surpris de voir un saut surhumain ou un mouvement surréaliste succéder à une passe d’armes classique. Encore mieux : les acteurs se mettent au diapason et semblent rarement doublés – et quand ils le sont, on n’y voit que du feu. Non pas à cause du sabre enflammé du monstrueux Shishio, mais bien en raison d’une savante maitrise de l’illusion filmique.

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Ce dernier épisode, ou DENSETSU NO SAIGO-HEN, n’aurait donc que des qualités ? Presque, oui…mais il s’agit de celles de ses ainés ! Du coup le film est, par moment, un peu redondant. On peut d’ailleurs de se poser la question : ce diptyque n’aurait-il pas pu être encore meilleur, condensé dans un seul film de trois heures ? Ajoutez à cela quelques longueurs (que le réalisateur avait su nous épargner jusque là) qui à mon sens débordent trop sur le climax final (un peu trop rapidement et facilement emballé à mon goût), un ou deux personnages peu inspirés (Seijûrô Hiko pas très bien interprété, Kaoru en fidèle faire-valoir) et vous obtenez peut-être le film le moins euphorisant, le moins poignant des trois. Sans doute que j’en attendais trop. Trop d’éclats scénaristiques. Trop de scènes d’anthologie. Trop de noirceurs. Trop de désirs relevant habituellement de la cruelle utopie dans le cinéma japonais, et que Ôtomo Keishi paraissait pouvoir réaliser devant nos petits yeux éberlués de geek-cinéphile parfois un brin blasé.

Cette conclusion à la saga KENSHIN constitue néanmoins un excellent divertissement. Certes à mon sens légèrement inférieur aux précédents opus, mais qui distille heureusement toujours autant de morceaux de bravoure et de sérieux, qu’il s’agisse de tout ce qui relève de la technique ou du background historique, puisque Ôtomo Keishi ne dresse pas un portrait tout rose de la Restauration Meiji – sur la fin, le diabolique Shishio Makoto nous apparait ainsi sous un jour presque nouveau. Le renouveau, quant à lui, semble être entre les mains du réalisateur Ôtomo Keishi. Espérons qu’il continue dans cette voie et qu’il nous livre, très bientôt, de nouveaux divertissements grand public ET intelligents.

Oli :         drapeau2 drapeau2
Yasuko : drapeau2 drapeau2

Trailer :


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Quick Review in English:

+ As always: great sets, fabulous action scenes, good casting and epic moments
+ Satô Takeru is Kenshin
+ So many great characters and great scenes
+ A good balance between the manga/anime and a movie for adults
+ Mainstream but not stupid: it’s a clever compromise between a manga and a movie

– Kaoru is almost useless
– I did not like Fukuyama Masaharu that much
– A lot of good stuff…that we may have already seen in the previous movies!
– Yes: it’s a bit redundant
– Less touching than the previous movies – at least for me!

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A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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Un commentaire pour Rurôni Kenshin: Densetsu no saigo-hen, Ôtomo Keishi (2014)

  1. VaguelettesAcerées dit :

    Yep baby one again !!! Merci de partager votre feeling avec cette trilogie, quand il sortira en Europe dans 5 ans je vous donnerai mes impressions.. D’ici là, que le bushido guide vos pas ou pas !!

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