Botchan, Ômori Tatsushi (2012)


ぼっちゃん決定BOTCHAN, aka Bozo
ぼっちゃん
Année : 2012
Genre : l’otaku fait de la peine – capitale
Production : Apache
Réalisation : Ômori Tatsushi
Avec : Mizusawa Shingo, Uno Shôhei, Fuchikami Yasushi, Tamura Ai


Juin 2008. Après avoir annoncé son forfait à venir sur Internet, un homme renverse plusieurs personnes avec une camionnette en plein quartier d’Akihabara. Armé d’un couteau, il va alors continuer à massacrer plusieurs passants avant, enfin, d’être arrêté par les forces de l’ordre. Qu’est-ce qui a pu pousser cet homme à priori sans histoires à sombrer ainsi dans la folie destructrice ?

Isolé, sans ami, employé dans une usine dans laquelle il est souvent moqué, cet étrange individu qui ne sait pas comment se comporter en société a toutes les peines du monde à s’exprimer autrement que sur des réseaux anonymes, sur Internet. Pourtant, pour la première fois, il va se faire un ami – qui a les mêmes problèmes que lui. Hélas, un individu particulièrement violent employé dans la même usine va, dans le même temps, le pousser dans ses derniers retranchements…

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Le grand public japonais est friand de ses meurtriers et des faits divers qu’ils trainent derrière eux. Si les spectateurs gavés d’émissions de télévision innommables ne perdent jamais la moindre occasion de condamner ces monstres enfantés par leur propre société, au point de pousser l’opprobre publique jusqu’à la famille de ces derniers, ils sont aussi les premiers à avoir envie d’en savoir plus. Connaitre tous les détails, l’enfance des intéressés, leurs motivations, les sentiments des parents dévastés parfois indignement interviewés sur le pas de leur porte… Le voyeurisme dans toute sa splendeur – une tare que le grand public japonais partage sans doute avec la plupart des téléspectateurs dans le monde.

Aussi, il ne faut pas feindre la surprise quand des films sortent très rapidement afin de raconter (à leurs sauces ?) ces tristes évènements. La liste est longue : SODOM NO RINGO, drama relatant les péripéties d’une croqueuse d’hommes condamnée à mort en 2012, I AM ICHIHASHI qui reprend à son compte l’incroyable cavalcade d’un jeune tueur/violeur entre 2007 et 2010, KYÔAKU qui retrace l’horreur organisée d’un agent immobilier de mèche avec des yakuza à la fin des années 90 ou encore COLD FISH, version remaniée et imagée de tueurs qui dissimulaient leurs méfaits derrière un élevage de chiens (dans le film, il s’agit de poissons).

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En la matière, il y a donc à boire et à manger. Le réalisateur Ômori Tatsushi a pour sa part choisi la carte du récit (très ?) romancé – à la manière d’un Sono Shion avec COLD FISH. On prend un fait divers bien réel (ici le massacre d’Akihabara qui fit sept victimes en juin 2008), mais on brode un peu autour. Le souci, c’est que le réalisateur de BOTCHAN n’a pas le talent de Sono Shion. Du coup, son film se ramasse complètement. L’ajout d’un individu très violent (qui viole et tue des femmes, rien que ça) qui va pousser le futur meurtrier d’Akihabara dans ses derniers retranchements (jusqu’à lui demander d’enterrer ses victimes), c’est vraiment too much. On n’y croit pas. Encore une fois, un Scorsese ou un Sono Shion auraient sans doute pu mêler la fiction et la réalité en un tout créatif, euphorisant et crédible. Mais pas Ômori Tatsushi. C’est donc toute l’intrigue de BOTCHAN qui tombe à l’eau : le type violent et psychopathe sorti d’on-ne-sait-où, l’infirmière poursuivie jusque dans son hôpital où personne n’appellera la police (??), ou encore  l’otaku surjoué et exagérément bizarre. Je me doute bien que les otaku puceaux déséquilibrés et asociaux, qui rejettent constamment la faute sur les autres, existent réellement mais était-il nécessaire de sombrer à ce point dans la caricature ? Coller davantage au véritable tueur d’Akihabara, rongé par une mère qui en demandait trop (étudier en sacrifiant amis et vie privée) aurait-il à ce point posé problème ?

Curieusement, le seul intérêt du film (du moins pour moi) réside dans la prestation d’Uno Shôhei – confondant de pureté mal placée dans la peau d’un otaku qui va tenter de se lier d’amitié avec le futur tueur d’Akihabara. Ses crises de panique, parfois à répétition et qui le font sombrer dans le coma, m’ont même fait rire. Mais était-ce véritablement l’effet recherché ?

Oli :         drapeau_blanc
Yasuko : drapeau_blanc

Trailer :

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Quick Review in English:

+ From a real story (the Akihabara incident, june 2008)
+ Uno Shôhei
+ Sometimes, it’s funny – on purpose or not?

– The director tried to tell a different story from the real one…but it’s too weird…
– Too many stereotypes about otakus…
– The violent co-worker, the rapes, the shy friend, the strange nurse…was it necessary?!
– The real story was interesting enough to make a movie about the Akihabara massacre…

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A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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