Nyotaiju Gun Woman, Mitsutake Kurando (2014)


gun woman poster japanNYOTAIJU GUN WOMAN, aka Gun Woman
女体銃 ガン・ウーマン
Année : 2014
Genre : du plomb dans l’elle
Pays : USA / Japon
Production : Maxam
Réalisation : Mitsutake Kurando
Avec : Asami, Narita Kairi, Kamata Noriaki, Matthew Floyd Miller, Dean Simone, Agata Toshiya, Marco Ballare, Marianne Bourg, Stacey Chu, D. Olivia Jordan, Nina Kate, Lauren Lakis, Mark Laurnoff, Jennifer Mullaney, Nakadai Tatsuya, Derick Neikirk, Midori M. Okada, Santoh Mika, Racquel Service, Andrew Shepherd, Bill Weatherford


Le fils Hamazaki est l’héritier d’une grande fortune. Mais il est aussi fou à lier, amateur d’ultra violence et de sexe dérangé. L’argent arrondissant bien des angles, il échappe toujours aux poursuites et continue de s’amuser au détriment de la plèbe.

Un chirurgien surdoué mais désormais estropié, doté d’une intelligence rare, a juré la perte de Hamazaki, coupable d’avoir violé puis tué son épouse. Pour parvenir à approcher Hamazaki, constamment protégé par plusieurs gardes du corps, le chirurgien va mettre sur pied un plan aussi cruel que machiavélique. Pour ce faire, il va tout d’abord acheter une jeune femme – oui, « acheter ». Tout se monnaie, en ce bas monde.

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Depuis SAMURAI AVENGER, on croyait le réalisateur japonais (basé à Los Angeles) Mitsutake Kurando perdu pour la science – du cinéma. Perdu qu’il était dans des circonvolutions grotesques et autres japoniaiseries outrageusement stéréotypées, on le devinait déjà prendre ce chemin de croix en forme de doigt d’honneur fièrement dressé à l’encontre d’un public néophyte, convaincu que le cinéma de genre japonais était né avec Tarantino et qu’il survivait uniquement grâce aux farces de Iguchi, Nishimura and co.

Et bien on s’était trompé ! Et ça fait plaisir de le reconnaitre, tant l’éclosion d’un petit réalisateur amoureux du cinéma de genre, de tripes et d’idées farfelues mais assumées qui se prennent au sérieux juste ce qu’il faut (tout le contraire d’un Besson – qui reçoit d’ailleurs une petite pique dans GUN WOMAN), et bien ça n’arrive pas tous les jours. Alors oui, j’ai beaucoup aimé GUN WOMAN. Voilà, c’est dit. Malgré le côté cheap transpirant de nombreux petits détails, malgré une certaine inélégance propre à quelques ralentis et malgré l’actrice principale, aka Asami, que je conchie habituellement dans les films de Iguchi Noburu – qui en a fait son égérie pour je ne sais quelle raison. Sans prétendre pouvoir postuler à l’Oscar, Asami trouve quand même ici le rôle de sa vie – vu la gueule de sa filmo, les mauvaises langues diront que ce n’était pas bien dur…

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Pour faire simple : tout fonctionne, dans GUN WOMAN. Le scénario parait évident mais dès le départ on se doute que les deux intrigues du film (deux tueurs qui discutent du mythe de la Gun Woman, et l’histoire de la Gun Woman herself) finiront par se recouper. Oui mais comment ? C’est là le premier intérêt du film. Le deuxième point fort du scénario vient de ce piège abracadabrantesque fomenté par un chirurgien dont la femme a été violée puis tuée par un psychopathe fortuné, toujours entouré par une horde de gardes du corps. Je vous passe les détails, mais sachez qu’il imposera à Mayumi, qu’il a rachetée comme un vulgaire sac de chairs, de se faire greffer un pistolet dans le corps – une partie au dessus d’un sein, la deuxième dans le bas ventre et la dernière…cachée dans un orifice plus…naturel dirons-nous. Tout cela pour pouvoir s’infiltrer au plus près du psychopathe en passant les différentes fouilles au corps comme une fleur – aux épines adroitement dissimulées.

La manière dont Mayumi doit extirper les différentes parties du pistolet, le sang qui dégouline par flaques entières et le temps de survie très limité qui s’en suivent offrent un climax final complètement dingue – pas crédible, mais dingue. Là où Mitsutake réussit son coup, c’est dans le réalisme des scènes (ça fait mal, vraiment mal) et l’enchainement de l’action (deux combats vraiment bons) : le spectateur est à ce point pris aux tripes qu’il n’a pas le temps de remettre en cause la cohérence de l’intrigue. Et puis surtout : il s’en fiche. Ce mélange de thriller, d’action, de gore voire de cyberpunk ou de Cronenberg accouche d’un cocktail hautement euphorisant, criblé de balles et de détails savoureux. C’est d’ailleurs dans ces menus détails que se situe l’alchimie secrète de GUN WOMAN. Présentée seule au milieu d’un film peu inspiré, l’idée de la « femme flingue » aurait abouti à un navet ou mieux, à un nanar (choisissez votre catégorie pour les derniers films de Luc Besson). Mais pas dans le cas présent. Dans GUN WOMAN, tout se tient. Tout est cohérent – oui, même ce qui ne serait pas crédible dans un autre film. Le vendeur d’esclaves, le chirurgien qui passe de victime à bourreau, les deux intrigues qui se superposent et qui sèment parfois le doute (l’histoire de la Gun Woman ne serait-elle qu’une légende urbaine ?), le club nécrophile très huppé planqué au beau milieu d’un terrain destiné à stocker des déchets radioactifs (pour éviter les regards indiscrets), le cameo de Nakadai Tatsuya (vraiment !?), le final sympa et poussé jusqu’à la toute dernière seconde après le générique de fin… Oui, GUN WOMAN mérite le détour pour toutes ces raisons et, surtout, pour avoir su rendre cohérent une intrigue qui semblait très mal partie – au début, l’entrainement de Mayumi ne laissait présager rien de bon…

GUN WOMAN est par conséquent une très heureuse surprise. Une vraie bonne série B, qui lorgne parfois dangereusement du côté de la lettre Z sans pour autant véritablement y sombrer. Si on souhaite bien évidemment bonne chance à Mitsutake Kurando pour la suite de sa carrière américano-japonaise, on espère aussi qu’il continuera sur la lancée de GUN WOMAN, à savoir cultiver son propre ton et imposer ses idées sans se soucier de ce qui se fait à côté.

Oli :         drapeau2 drapeau2 drapeau2
Yasuko : drapeau2 drapeau2 drapeau2

Trailer :

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Quick Review in English:

+ Despite the low budget, you’ll believe in everything in this incredible movie
+ Yes, you will even believe in the unbelievible, because the movie is well done
+ Serious but not that much – it’s a very honest B movie
+ In this movie, you can feel that the director loves many weird cinema genres
+ The movie has its own soul, its own tone…
+ …that’s why I think it’s really better than SAMURAI AVENGER
+ The violence is realistic, it hurts – yes even the spectator will feel the pain
+ Two very good action scenes (Tabuchi Keiya)
+ Crazy ideas you won’t forget easily (« The Room », the gun « in » the woman…)
+ Two stories – will they meet each other? Is the Gun Woman just a legend?
+ The best role of Asami so far
+ Very good gore scenes
+ Nakadai Tatsuya – what?!? Where?!? When?!? Ah ah ah!
+ Thriller with a little touch of horror and even maybe cyberpunk
+ The last part of the movie is really great – until the very good final climax

– All the actors are not so good
– As I said before: it’s a low-budget movie, don’t expect Hollywood sets/actors
– If you’re the kind of person who only likes realistic scenarios, don’t try GUN WOMAN
– The « training part » is not so intersting – but it was maybe necessary
– Some people may find this film stupid – but such people do not visit my blog, I guess!

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A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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4 commentaires pour Nyotaiju Gun Woman, Mitsutake Kurando (2014)

  1. Wuhien dit :

    Je rejoins complètement ton enthousiasme pour le film. Je l’ai vu y a quelques mois et j’avais adoré. Y avait longtemps que j’avais pas vu une aussi bonne série B (tout pays confondu).
    On voit que ça a été fait avec amour. Un amour pour le cinéma de genre.
    Les idées loufoques voire grotesques fonctionnent parfaitement car c’est exécuté avec sérieux et maitrise, pas filmé à l’arrache, de façon bancale comme souvent dans ce genre de production (surtout du côté nippon).
    Et j’ai été vraiment bluffé par le jeu d’actrice d’Asami. Je ne l’ai absolument pas reconnu pendant toute la durée du film (faut dire qu’elle a été bien enlaidi et qu’on a pas l’habitude de la voir les cheveux bouclés) sauf vers la fin où elle me disait quelque chose et en voyant les crédits.
    Et c’est assez rare pour le noter de voir des acteurs gaijin aussi bien dirigés, ça change des dramas nippons avec des acteurs étrangers qui jouent comme des serpillières car dirigés par des réalisateurs qui ne comprennent pas la langue. Mais je comprends mieux maintenant que je sais que le réalisateur habite aux Etats-Unis.

    • Oli dit :

      Merci pour ton compte-rendu – on est donc sur la même longueur d’ondes. Par contre je trouve qu’Asami avait déjà été bien enlaidie auparavant, bien plus que dans GUN WOMAN – regarde ma capture d’écran grand format à la fin de la fiche de LIVE, oui c’est elle qui court avec le double (triple ?) menton !

  2. Wuhien dit :

    Sérieux c’est elle? Whaoou, une transformation digne de De Niro!😉

  3. kiseiju69 dit :

    Ce film a l’air d’être une pure pépite !! Il me le faut absolument ! Ta critique donne carrément envie !!

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