Gakkô no kaidan: noroi no kotodama, Ochiai Masayuki (2014)


gakko-no-kaidan-noroi no kotodamaGAKKÔ NO KAIDAN: NOROI NO KOTODAMA, aka Gakkou no kwaidan: noroi no kotodama
學校怪談:被詛咒的靈魂
Année : 2014
Genre : l’école des fans de J-horror
Production : L.T. Co.
Réalisation : Ochiai Masayuki
Avec : Ishibashi Anna, Arai Hitomi, Hayama Shôno, Inowaki Kai, Konishi Ayano, Kuroki Tatsuya, Nakae Yuri, Shôji Mei, Takeda Kôhei, Yamabe Miyu


1998 : plusieurs adolescents vont faire face à des évènements étranges – seraient-ils liés à cette sombre histoire de lycéens morts asphyxiés, dans une salle de classe désormais condamnée ?
Bien des années plus tard, quatre jeunes en mal de sensations fortes pénètrent dans le même lycée, désormais abandonné, avec dans l’idée de tourner un vrai-faux film d’horreur. Pour épater la galerie, l’un de leurs amis s’est en effet grimé à la manière du spectre Hanako san, le fantôme qui, dit-on, hante encore de nombreuses toilettes japonaises…

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GAKKÔ NO KAIDAN est une série de films fantastiques qui connut quatre opus, entre 1995 et 1999. Quatre longs métrages indépendants les uns des autres, mais qui ont un même matériau en commun : les écrits de Tsunemitsu Tôru, un professeur qui décida un beau jour de 1985 de compiler dans un livre toutes les histoires étranges qu’il avait entendues jusque-là. Contre toute attente le succès fut au rendez-vous, à tel point que vous êtes maintenant confortablement installé devant votre PC en train de lire une chronique du dernier film en date s’étant inspiré de l’œuvre de Tsunemitsu san.

Si vous êtes un fidèle lecteur d’échec et (ciné)mat, vous devez déjà être au courant : je suis un inconditionnel de la série GAKKÔ NO KAIDAN. Avec son charme des films fantastiques d’antan, ses effets spéciaux très typés début des années 90, son ambiance transpirant le folklore surnaturel japonais et surtout ses bandes de gamins impayables (on pense parfois un peu aux mythiques GOONIES), la série GAKKÔ NO KAIDAN a toujours constitué un divertissement familial de haut vol, nimbé d’une nostalgie réelle.

Un nouvel épisode, qui plus est piloté par Ochiai Masayuki, avait de quoi émoustiller mes phéromones de maniaque de la J-Horror drogué aux films en tous genres. Le résultat est assez étrange, le ton adopté différant de celui des films précédents. La maison de production a semble-t-il changé et a visiblement opté pour une nouvelle direction – d’ailleurs ce GAKKÔ NO KAIDAN n’est aucunement présenté comme le cinquième titre de la série. Dans l’ensemble, NOROI NO KOTODAMA est pourtant bien réalisé et parait respecter les précédents GAKKÔ NO KAIDAN dans les grandes lignes, à savoir des enfants (ici adolescents) piégés au sein d’une école dérangée (hantée ?) et dont ils ne peuvent plus sortir. Là où NOROI NO KOTODAMA fait fort, c’est dans son aspect horrifique. Honnêtement, Ochiai Masayuki s’est ici surpassé : jumpscares assez bien fichus, intrigues à tiroirs et un rythme de fou qui va crescendo jusqu’à la fin du film. Trois histoires vont ainsi se superposer – trois époques différentes pour un seul et unique lieu : l’énorme bâtiment scolaire. Un groupe d’adolescents dans les années 80, étrangement pris au piège à la suite d’une partie de Kokkuri san qui a mal tourné. Quatre jeunes bien des années plus tard qui se sont infiltrés dans le lycée, aujourd’hui abandonné, pour y tourner un vrai-faux found footage. Et enfin une jeune femme dont la mère fréquentait le collège en question, en 1988.

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Ce déluge d’horreur assez moderne (jusque dans la démarche désarticulée d’un spectre) est à double tranchant : elle rend le long métrage plaisant si vous vous attendiez à un banal film de frousse japonais, mais elle risque aussi de vous faire grincer des dents si vous pensiez avoir droit à un voyage magique comme savaient le faire les précédents films de la série. Déjà, les enfants sont à mon sens trop âgés, dans NOROI NO KOTODAMA – mon petit doigt me dit que c’est pour surfer sur la vague (que dis-je : le tsunami) des idoles adolescentes en tenue d’écolière présentes dans la plupart des films d’horreur récents. On y perd un petit côté naïf et enfantin qui contribuait pour beaucoup au charme des quatre premiers films. Le parti pris horrifique très sérieux est également regrettable. Ce nouveau GAKKÔ NO KAIDAN n’a ainsi quasiment plus rien à voir avec l’esprit familial, pourtant propre à la série. Seule la scène (presque) finale dans la salle de classe psychédélique puis ces mains qui surgissent d’un miroir m’ont rappelé les délicieuses horreurs d’antan. Ces savoureux cauchemars d’enfants…

Pour faire simple : Ochiai Masayuki réussit avec NOROI NO KOTODAMA là où il échouera avec JU-ON: OWARI NO AJIMARI…à savoir réaliser un vrai bon film d’horreur japonais regorgeant d’excellentes idées de mise en scène. Un vrai bon film, certes. Mais un épisode anecdotique de la série GAKKÔ NO KAIDAN. Ou alors c’est moi qui suis à présent trop vieux et profondément atteint d’une terrible maladie : la nostalgie. Un mal incurable, m’a-t-on dit…

Oli : drapeau2 drapeau2

Trailer sous-titré :

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Quick Review in English:

+ Very good haunted school horror movie
+ One of the best movie of Ochiai Masayuki since a while…
+ Three stories, but not the same time period: good idea
+ Many things will happen, the second part of the movie is really good

– It’s not like the previous movies of the serie
– The previous movies were more like « Goonies in a haunted school »

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A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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