Ushimitsu no mura, Tanaka Noboru (1983)


ushimitsu no mura village of doomUSHIMITSU NO MURA, aka Village of Doom
丑三つの村
Année : 1983
Genre : dans « village », il y a « vil »
Production : Shochiku
Réalisation : Tanaka Noboru
Avec : Furuoya Masato, Tanaka Misato, Ôba Kumiko, Natsuyagi Isao, Satsuki Midori, Ikenami Shino, Hara Sen, Ishibashi Renji, Arai Yasuhiro, Dan Iwao, Ezawa Moeko, Hamada Akira, Hori Kôichi, Ishii Tomiko, Kiyoshi Bîto


Tsugio, un jeune homme plutôt fragile et vivant seul avec une grand-mère dévouée au sein d’un tout petit village, se voit refuser l’honneur de servir le Japon durant la seconde guerre mondiale. En raison d’une grave maladie, il est en effet réformé et doit retourner, déçu et presque honteux, vivre dans sa campagne où l’ambiance va se dégrader de plus en plus… Pour se défendre, Tsugio va alors petit à petit se convaincre qu’il peut devenir un démon – un vrai de vrai, avec des cornes ?!

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Lorsque USHIMITSU NO MURA est sorti, en 1983, on imagine qu’il a dû être accompagné d’une réputation sulfureuse : petite critique du nationalisme japonais, un peuple manipulé pour contribuer aux efforts de guerre, un portrait sans concessions des campagnes où la cruauté va souvent de paire avec une vie en vase clos, un tout petit côté pinku des eighties pas dégueulasse (en la matière, le réal’ en connait un rayon – x), un joli bain de sang final et une interdiction aux moins de 18 ans. Le tout auréolé du sacrosaint sceau « inspiré d’une histoire vrai » pour enfoncer le clou et ainsi crucifier le spectateur avide de titres choquants qui ne tournent pas autour du pot.

La critique du pouvoir militaire de l’époque est en réalité inscrite en filigrane – les jeunes obnubilés par l’idée de partir sauver la mère patrie et la honte pour les recalés, dont le personnage principal, souffrant de la tuberculose. Ce dernier n’hésitera pas, d’ailleurs, à se réapproprier le cri « banzaï, banzaï, banzaï » au moment de perpétrer son carnage murement réfléchi – l’aveuglement d’un peuple tout entier personnifié dans un seul pauvre type, un peu paumé ?

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Mais USHIMITSU NO MURA c’est aussi une critique particulièrement acerbe des petits villages isolés, de la campagne lointaine et recroquevillée sur elle-même (ici dans la région d’Okayama). Dans le film de Tanaka Noboru tout y passe, ou presque : les milices locales à la justice expéditive, les parties de jambes en l’air d’une maison sur l’autre (avec les problèmes de consanguinité qui peuvent finir par se poser…), le rejet de la différence (ici, la maladie), les rumeurs… Le trait est-il volontairement grossi ? Oui et non… Je sais par expérience que la vie à la campagne n’est pas toujours rose – quant aux exagérations supposées du film, elles lui donnent un petit cachet « exploitation » du plus bel effet. Bref, on en redemande et on piaffe d’impatience en attendant le « pétage de plombs » final – qui ne déçoit pas.

Un peu surjoué (surtout du côté des seconds rôles masculins, les actrices s’en sortant plutôt bien) et parfois maladroit compte tenu du sujet abordé, USHIMITSU NO MURA ne constitue pas l’adaptation ciné la plus marquante de cette terrible histoire. Ce long métrage n’en demeure pas moins un divertissement adulte assez dérangeant, se situant pour notre plus grand plaisir au carrefour de plusieurs genres.

Oli :         drapeau2 drapeau2
Yasuko : drapeau2 drapeau2

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Quick Review in English:

+ From a true story: a young man murdered a lot of people in his village
+ Nationalism, national opinion manipulated by the army, the sickness…
+ …the strange way of life in the countryside (the cruelty also lies there)
+ Yes, this movie talks about many interesting things
+ Several genres: exploitation, realistic human drama, pinku, violence…
+ The main actor and the actresses are good

– Sometimes a little « goofy », especially for such dark themes
– The secondary male characters are not that good…
– Some spectators may don’t like the way such a dark story is told

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A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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Un commentaire pour Ushimitsu no mura, Tanaka Noboru (1983)

  1. Je n’ai jamais creusé la filmo’ du bonhomme. Pourtant, deux de ses films m’avaient pas mal emballé (le Angel Guts et Abe Sada). Et lorsque en plus, je découvre ce titre par ton biais, là je me dis que je devrais rectifier le tire, d’autant que le pitch donne à voir.

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