Aru yasashiki satsujinsha no kiroku, Shiraishi Kôji (2014)


Aru yasashiki satsujinsha no kiroku poster japan 2014ARU YASASHIKI SATSUJINSHA NO KIROKU, aka A Record of Sweet Murder
ある優しき殺人者の記録
Année : 2014
Genre : (film) bis repetita
Production : Nikkatsu / Zoa Films
Réalisation : Shiraishi Kôji
Avec : Yeon Je-wook, Kkobbi Kim, Aoi Tsukasa, Yonemura Ryôtarô, Shiraishi Kôji, Park Jeong-yoon, Yeo Min-jeong, Hwang Ji-hoo


Corée du sud. Une jeune journaliste est contactée par un ami d’enfance – recherché par toute la police du pays pour de multiples meurtres. Elle accepte de le rencontrer mais doit se plier à des conditions plutôt bizarres. Tout d’abord elle doit le retrouver dans une barre d’immeuble abandonnée. Ensuite, elle doit se faire accompagner par un caméraman…japonais. Aussi étrange que cela puisse paraitre, la nationalité du technicien semble en effet primordiale pour l’assassin.

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Shiraishi Kôji semble toujours bien occupé, au four, au moulin et à la table d’opération de ses nombreuses victimes fictives, enchainant inlassablement les petites productions horrifiques ciné voire les DTV assumés. Première chose étrange, avec ARU YASASHIKI SATSUJINSHA NO KIROKU : le film en question est une nouvelle fois tourné dans les conditions d’un vrai-faux documentaire (mockumentary), caméra à l’épaule. Pourquoi, avec un budget que l’on devine plutôt correct (Nikkatsu, tournage à l’étranger…), Shiraishi a-t-il encore signé pour un long métrage de ce genre-là ? Le mystère, comme le grumeau dans du lait qui aurait autant tourné que la tête des spectateurs saoulés par les plans caméra à l’épaule, reste entier.

Sur la forme, SATSUJIN NO KIROKU est (si vous n’êtes pas allergique au genre) vraiment remarquable. Si je suis pour ma part complètement désabusé par la prolifération des vrais-faux docu (souvent utilisés pour masquer un faible budget ou les limites techniques d’un réalisateur), je dois malgré tout reconnaitre que Shiraishi Kôji fait aujourd’hui ça mieux que personne. Et le bonhomme se prend cette fois-ci tellement au jeu, il semble avoir une telle confiance en ses moyens, qu’il pousse le bouchon jusqu’à mystifier complètement son public : on a en effet l’impression que tout le film a été tourné en un seul shot, sans aucune coupure ! Alors bien évidemment, le mécréant que je suis, qui aime chercher la petite bête, a bien remarqué quelques mouvements de caméra un peu louches (ayant sans doute permis, via ordinateur, de camoufler les coupes). Mais tout cela est malgré tout remarquablement bien exécuté – et si coupes il y a eu, elles n’ont pas été si nombreuses. Oui, dans SATSUJIN NO KIROKU, vous allez avoir votre dose de plans-séquences !

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Hélas, cela ne suffit pas à faire un bon film – caméra à l’épaule, qui plus est…tant ce procédé peut s’avérer illogique et redondant, par moment : quasi huis clos imposé pour rendre les plans-séquences moins compliqués, comportement parfois bizarre du caméraman qui pourrait intervenir mais qui préfère garder sa caméra en mains, etc. Outre le caméraman, c’est d’ailleurs tous les personnages du film qui ont des réactions bizarres. Vous me répondrez que ça peut être sympa de se faire surprendre, de ne pas pouvoir anticiper les réactions des différents protagonistes. OK, sauf quand ça verse outrageusement dans le grand n’importe quoi – effectivement on ne s’y attend pas, mais accessoirement on trouve ça aussi ridicule… Qu’il s’agisse du caméraman bien trop spectateur face au tueur (qu’il aurait pu assommer sans risque une bonne dizaine de fois), de la jeune journaliste méconnaissable à la fin ou encore de l’otage japonais qui va excessivement loin (c’est du WTF de compétition), on finit par complètement décrocher…

Sur le fond, l’histoire peut aussi prêter à polémique, puisqu’elle justifie plus ou moins les meurtres de masse si ceux-ci sont exécutés par quelqu’un agissant sous l’impulsion d’une « voix divine ». Je vous laisse imaginer les conséquences que l’on pourrait en tirer…mais c’est peut-être moi qui ai l’esprit mal tourné.

Joliment exécuté, mystérieux au début, assez dérangeant mais aussi beaucoup trop bavard et habité par des personnages aux réactions pas toujours très logiques, SATSUJIN NO KIROKU finit par lasser – au point de faire décrocher les spectateurs pourtant acquis à la cause de ce drôle de réalisateur…

Oli :         drapeau2
Yasuko : drapeau2

Trailer :

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Quick Review in English:

+ Shiraishi is really a pro of « mockumentary genre »: it looks like a « one shot movie »!
+ Well, it’s not a « one shot movie », but the illusion is perfect: you believe in it!
+ Good actors – except maybe the Japanese guy who is overreacting
+ Unexpected decisions taken by almost all the characters…

– …but sometimes it’s really too unexpected, it’s illogical
– The cameraman could have knocked down the murderer at least 10 times!
– The young woman takes really weird decisions too at the end of the movie…
– So many illogical things that I just gave up on the movie… I watched it, of course…
– …but I was not « in » it…
– Too much talking for me
– So by the way: killing a lot of people because a little voice tells you to do so…
– …it could be a good thing? WTF…

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A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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3 commentaires pour Aru yasashiki satsujinsha no kiroku, Shiraishi Kôji (2014)

  1. Ce qui m’interpelle pas mal dans ce film-ci, c’est la présence de l’actrice sudco, Kkobbi Kim (vu notamment dans « Breathless »). Assez surprenant comme choix. Disons que c’est une actrice que je trouve intéressante parce qu’atypique dans le panorama sudco. Après, ça ne change pas le fait qu’elle puisse s’afficher dans une prod’ japonaise. Maintenant, je me dis aussi que la Nikkatsu est derrière, du coup…

    Dis donc, c’est pas la donzelle Aoi Tsukasa qui devait reprendre le rôle de Nami dans un énième remake de la Femme Scorpion ?

    • Oli dit :

      Kkobbi Kim, je ne la connais pas trop, mais elle semble tourner un peu partout – ce qui est une bonne chose à mon sens. Je l’avais trouvée pas mal dans It’s a Beautiful Day et Greatful Dead, deux films japonais. Une drôle de carrière…intéressante.

      Tsukasa Aoi devait reprendre le rôle de Nami ? Je ne suis pas au courant. T’es sûr ? Parce que c’est avant tout une actrice porno…

      • Bien joué pour Kkobbi Kim. J’étais essentiellement resté sur sa carrière sudco, sans aller plus loin. Mais vrai qu’elle a déjà pas mal répondu aux chants des sirènes de l’étranger. Faudrait que j’essaie de voir ce que cela donne. En aparté, je ne peux dire que j’ai franchement apprécié les films dans lesquels elle a pu jouer jusqu’à maintenant.

        Pour Aoi Tsukasa (^^), c’est ce qu’il m’a semblé. Lorsque j’ai déterré de vieux avis sur la série de films de la Femme Scorpion 70’s pour M.I.A., j’avais réaliser des p’tites recherches, notamment pour voir où en était le mythe à l’heure des années 2010. Et vu la mode des remake et autres reboot hollywoodiens…
        D’ailleurs, à ce propos, me semble que j’avais même cherché des infos sur « Lone Wolf and Cub », voir si ça pouvait trotter dans la tête de certains producteurs nippons. Rien vu, donc tant mieux.

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