Greatful Dead, Uchida Eiji (2013)


greatful dead japan posterGREATFUL DEAD
グレイトフルデッド
Année : 2013
Genre : le mort lui va si bien
Production : Ark / Guild / Maxway / SDP / Tokyo Sakura
Réalisation : Uchida Eiji
Avec : Takiuchi Kumi, Sasano Takashi, Kkobbi Kim, Aira, Kinoshita Hôka, Matsuda Kenji, Sakai Wakana, Kawatsure Hiroaki, Yabe Tarô, Itao Itsuji


Traumatisée durant son enfance, avec une mère qui quitta le domicile familial pour s’occuper d’orphelins africains et un père sous influences, Nami a grandi avec une personnalité…originale. Riche, n’ayant nullement besoin de travailler, elle passe son temps à combler sa boulimie d’achats grâce à ses cartes de crédit sans limites – jusqu’à ce qu’elle se découvre un nouveau passe-temps : l’espionnage de gens…pas tout à fait comme les autres. Nami traque ainsi les solitaires, les originaux. Elle se prend alors de passion pour un vieillard aigri, qui conchie sa famille et vit plus ou moins reclus depuis le décès de sa femme. Une cible de choix, pour Nami, qui ira jusqu’à installer une tente et un télescope non loin de la maison du grand-père afin de ne pas rater une miette de sa vie quelconque, faite de haine, de nouilles instantanées et de location d’AV. Le bonheur voyeur de Nami sera hélas remis en cause par une chrétienne d’origine sud-coréenne, qui va tenter de ramener le vieux monsieur dans le droit chemin…

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Nami, une gamine profondément traumatisée durant son enfance va développer une personnalité très « originale », voire limite psychotique – avec son lot de violences qui va généralement avec. Classique. Trop classique ? C’est ce que j’ai pensé au début de GREATFUL DEAD – mais j’ai vite été rassuré.

Si le sujet ne semble pas particulièrement original, son traitement, son évolution scénaristique parviennent à tenir le spectateur en haleine. Mieux le film surprend à plusieurs reprises et se permet même de soigner ses personnages et par conséquent d’impliquer les spectateurs, qui se mettent alors à croire au grotesque improbable : vos sentiments à l’égard de la fille psychotique devraient, par exemple, connaitre bien des soubresauts. Colère, pitié, agacement…et grand pardon ?

Sur échec et (ciné)mat, la qualité de GREATFUL DEAD ne sort pas vraiment du diable Vauvert puisque son réalisateur avait été repéré en 2008 avec TOPLESS (déjà une histoire d’amour compliquée) et en 2011 avec une jolie petite série B un peu fauchée mais bien léchée : BLACK ANGELS. Avec GREATFUL DEAD, Uchida Eiji passe clairement à la vitesse supérieure en se fendant presque d’un film d’auteur – glauque, drôle et violent. Il y croit d’ailleurs un peu trop, sur la fin, et le renforcement du pathos, l’intellectualisation du triste fait divers par le biais de l’overdose de musique classique, je m’en serais bien passé…

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Heureusement, il y a une foultitude de bonnes idées, souvent bien exploitées dans cet étrange GREATFUL DEAD. Par exemple ces piques lancées à l’encontre de la société japonaise (maîtresse ès solitudes), et de ceux qui font des dons à des enfants en Afrique pour se racheter une conscience, ou encore ce mélange des tons et des genres qui fait que l’on ne sait pas toujours comment réagir face à certaines scènes : faut-il rire ou grincer des dents, lorsque Nami, radieuse, prend un selfie à côté d’un cadavre putréfié ? Me concernant, il n’y a pas de suspense : je me suis bidonné ! Le duel final est aussi quelque peu inattendu et remarquablement assumé par deux acteurs au top : le vétéran Sasano Takashi et la petite nouvelle Takiuchi Kumi, criante (et effrayante ?) de naturel – à tel point qu’elle en devient énervante parfois, mais ceci est une autre histoire…

Il y aurait beaucoup d’autres choses à dire au sujet de l’énigmatique GREATFUL DEAD, un bon film bancal, dont les imperfections font aussi une partie du charme.

Oli :         drapeau2 drapeau2
Yasuko : drapeau2 drapeau2

Trailer sous-titré anglais (qui dévoile pas mal de choses…) :

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Quick Review in English:

+ A good director, who has tried various things before (TOPLESS, BLACK ANGELS)
+ Interesting plot, surprising scenes: this woman has really great and weird hobbies!
+ Good casting
+ Sometimes it’s hard to say if we have to laugh or feel disgusted

– Classical music, at the end: not that good…
– A young woman who had a traumatic childhood…deja-vu?
– All the scenes don’t work so well

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A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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5 commentaires pour Greatful Dead, Uchida Eiji (2013)

  1. Genki Jason dit :

    It seems like I liked this more than you. I like a good, dark story and Kumi Takiuchi delivered something of a heart-breaking performance. There was plenty of black comedy which made everything easier to stomach.

    • Oli dit :

      It’s an imperfect movie. I like that, because even if a few things don’t work, sometimes that kind of movies give you crazy and unexpected stuff.

  2. C’est ce qu’on appelle un bon exemple de conflit intergénérationnel. M’a l’air intéressant. Les images du fight final de la B.A. m’ont fait triper.

  3. kiseiju69 dit :

    Greatful Dead est une excellente surprise ! On aime Nami, on déteste Nami et on est triste pour Nami. Incroyable ! L’actrice interprète vraiment bien son personnage. J’adore les scènes où elle se ballade toute souriante sur son vélo ou la scène du selfie (comme toi), j’en ai eu le sourire au lèvre même si la scène est glauque à la base. haha.
    Sasano Takashi est vraiment bon dans son rôle également ! La scène où il essaye de casser la bouteille de vin est excellente.
    Le fou des pigeons est pas mal aussi !!
    J’ai bien envie de le regarder encore une fois.

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