Carlos, Kiuchi Kazuhiro (1990)


carlos dvd toeiCARLOS
カルロス
Année : 1990
Genre : samba ni loi
Production : Toei Video
Réalisation : Kiuchi Kazuhiro
Avec Takenaka Naoto, Chuck Wilson, Harukawa Masumi, Terao Yumi, Ôki Minoru, Katagiri Ryûji, James Fujiki, Naruse Masataka, Sekiyama Kôji, Killer Khan, Hayakawa Yûzô, Kariya Shunsuke


Carlos est un malfrat brésilien né et vivant au Japon. Il est propriétaire d’un petit club au sein duquel, avec quelques acolytes, il vit de petits deal et de grandes embrouilles. Un yakuza ambitieux, désirant provoquer une guerre fratricide tout en restant dans l’ombre, va lui proposer un contrat juteux : l’assassinat d’un yakuza qui pourrait mettre le feu aux poudres et changer la donne à la tête des clans.

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CARLOS est un film produit par la section vidéo de la Toei, qui avait le vent en poupe depuis le succès de leur premier bébé furieux intitulé CRIME HUNTER. Comme souvent à cette époque, tout a été fait sérieusement, une sortie directement en vidéo ne signifiant aucunement un travail pris à la légère, bien au contraire. On pourrait même dire que la Toei a vu les choses en grand, avec CARLOS : une bonne intrigue sur fond de yakuzas et de gangs brésiliens, un casting de haut niveau (pour 1990, pas sûr que vous reconnaissiez tout le monde aujourd’hui), un réalisateur au nom un brin à la mode et une durée de 90 minutes. Yep, comme un film destiné aux salles obscures. Il s’agit d’ailleurs, à mon sens, d’une cruelle erreur. Mais j’y reviendrai.

CARLOS est donc l’œuvre d’un certain Kiuchi Kazuhiro, touche-à-tout qui n’a pas froid aux yeux et qui est une petite célébrité depuis le succès du manga Be-Bop High School – même si vous ne connaissez pas, je suis sûr que le titre vous dit quelque chose – surtout qu’il a été adapté plusieurs fois au cinéma et en anime. Côté écriture, l’intéressé a vu certains de ses romans adaptés sur grand écran – même très récemment, par exemple avec WARA NO TATE, réalisé par Miike Takashi. CARLOS était la première incursion de Kiuchi Kazuhiro derrière la caméra. Le bougre ne s’en est pas mal sorti, même s’il est bien évidemment difficile de crier au génie… À noter, malgré tout, quelques ellipses qui rappellent presque Kitano Takeshi – peut-être imposées par le manque de moyen (ou d’assurance de la part du réal’ ?), ces ellipses sonnent finalement très justes et l’une d’elle sera même à l’origine d’un joli suspense (le terrible règlement de comptes chez les amis de Carlos avant que celui-ci ne débarque – qui a bien pu survivre ?!). Kiuchi Kazuhiro fera cela durant tout le film. C’est-à-dire qu’il compensera son manque de maestria technique par de nombreuses petites idées de mise en scène, le plus souvent en se jouant du temps. Soit en l’étirant (en utilisant parfois l’espace), soit en le contournant (à l’aide d’ellipses). J’en veux pour preuve le trèèèèès long couloir d’un immeuble qui semble engloutir le spectateur (sa profondeur n’est aucunement gratuite), quelques ellipses bien vues (expression paradoxale, n’est-ce pas !), ou encore quelques moments absolument géniaux qui tiennent sur une seule idée fulgurante – le stand de tir au début, l’intro monomaniaque avec les balles et le chargeur, la manière absolument interminable dont Carlos achève le tueur à gage (énorme !!!), etc.

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Et puis il y a cette ambiance poisseuse, ces volutes de fumée envahissantes, le sang qui parait pouvoir vous gicler au visage lorsqu’il est répandu trop soudainement, ces éclairages presque surréalistes typiques de l’ère pré-DV…  La plongée (sans doute pas suffisamment poussée) dans le quotidien des petites frappes brésiliennes (Carlos est un sansei, Brésilien né au Japon) vient encore ajouter au charme décalé de l’ensemble. Hélas, et comme je l’ai déjà précisé plus haut, le film n’est pas avare en maladresses, dont la plus difficile à digérer est sans aucun doute la durée de la pellicule : environ 90 minutes. Le rythme s’en ressent et quelques dialogues donnent l’impression d’être de trop. Les acteurs, enfin. S’il s’agit de pointures pour la plupart, certains d’entre eux tirent indiscutablement le film vers le bas – surtout du côté brésilien. Le jeune aux cheveux longs, qui a d’ailleurs un rôle intéressant et ambigu, aurait mérité un tout autre interprète – là, ça frise le ridicule… Heureusement, la présence au casting d’un imposant gaijin (Chuck Wilson, judoka, champion de Powerlifting au Japon, moniteur de sport…) nous renvoie, avec un large sourire dessiné sur le visage, aux plus belles heures des gweilo et du cinéma HK.

Malgré les défauts de CARLOS, le spectateur blasé par le cinéma japonais moderne aurait tort de faire la fine bouche. Car ce voyage dans le temps à l’époque de l’âge d’or du V-Cinema, c’est une offre que l’on ne peut pas refuser.

Oli :         drapeau2 drapeau2 drapeau2
Yasuko : drapeau2 drapeau2

Quelques extraits :

« Know your gun » scene :

« Takenaka Naoto wild scene » :

« Who is the best shooter » scene :

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Quick Review in English:

+ Great casting for 1990 – some famous actors can die quickly, it’s surprising!
+ Chuck Wilson:reminds me of the great gweilos in HK movies🙂
+ Nice to see a movie about yakuzas and Brazilian mobsters in Japan
+ Many good (and great) ideas from the director: he likes to play with time
+ Hard-boiled scenes, blood… V-Cinema was so good back in those times!

– 90 minutes…60 may have been better, sometimes there’s too much talking
– Some actors are no gifted at all, it’s almost embarrassing (the young Brazilian guy)

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A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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