Gekijô ban Inagawa Kaidan Kataribe, Ohata Hajime (2014)


Gekijo_ban_Inagawa_Kaidan_KataribeGEKIJÔ BAN INAGAWA KAIDAN KATARIBE, aka Kataribe
劇場版 稲川怪談 かたりべ
Année : 2014
Genre : groupe d’idiotes d’idoles en péril
Production : Shochiku
Réalisation : Ohata Hajime
Avec : Inagawa Junji, Futaba Nae, Hoshino Nyaa, Kurumizawa Mahiru, Miwa Kôichi, Morimoto Nobu, Omoto Takashi, Sakurano Usa, Sekiguchi Takanori, Shindô Miyuna, Suda Hiroaki


Le célèbre conteur d’histoires surnaturelles Inagawa Junji a accepté de superviser le tournage d’un petit film d’horreur à portée publicitaire, avec un groupe d’idoles dans les rôles principaux. Mais des évènements très étranges ne vont pas tarder à se succéder dans l’immense bâtiment scolaire tenant lieu de décor…

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Sur le papier virtuel, KATARIBE avait tout du mets de choix alléchant, à la manière d’un joli morceau coincé entre vos dents que vous prendriez plaisir à déloger 24 heures plus tard pour goûter à nouveau à votre repas de la veille. Un petit plaisir coupable de geek accro à la J-horror, à toute la J-horror, oui même celle qui est un peu sur le retour. Il faut dire que le menu du jour est signé de trois chefs japonais à la solide réputation : Shimizu Takashi à la production, Inagawa Junji aka le roi du conte horrifique (kaidan) dans le rôle principal et enfin le moins connu du groupe, Ohata Hajime, un réalisateur qui intrigue depuis l’excellent HENGE.

Un petit mot s’impose au sujet de Inagawa Junji. Alors qu’il n’y était pas particulièrement prédisposé au départ (petit acteur, comédien de télévision), l’intéressé s’est petit à petit forgé une réputation en béton armé dans le petit monde du récit horrifique – imaginez un conteur assis, éclairé à la bougie et qui raconte des histoires terrifiantes. Les Japonais en sont très friands – moi aussi d’ailleurs, et je traine souvent mes guêtres dans ces soirées étranges jusqu’au bout de la nuit (voir ces articles). Inagawa Junji est désormais une superstar. À la manière d’un David Beckham, Arnold Schwarzenegger ou François Hollande, toutes les personnes d’un certain âge connaissent son nom au Japon – ah non, peut-être pas Hollande, faut pas pousser. Son style presque inimitable (je dis « presque » car beaucoup s’amusent désormais à le singer) est une véritable institution : les petits bruits qu’il mime avec sa bouche, les onomatopées mémorables, son débit de paroles incroyable (une mitraillette – mais qui elle, crache des lettres)… tout cela a contribué à forger sa légende. J’espère d’ailleurs pouvoir le voir un jour sur scène.

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Dans KATARIBE, Inagawa Junji joue son propre rôle. Pourquoi pas. Là où le bât blesse, c’est dans tout le reste. KATARIBE n’est en fait qu’un énième mockumentary, ce genre de vrais-faux reportages qui pullulent au Japon, qui polluent les étagères de mon vidéoclub préféré. Pire, l’histoire a déjà été vue/subie cent fois : un vrai groupe d’idoles lancées dans un bâtiment abandonné – ça ne vous rappelle pas SHIROME ? Et un tas d’autres films aussi… L’école abandonnée, les faits surnaturels qui s’éveillent et qui empêchent les malheureux intrus de sortir d’entre les murs obscurs : les couloirs semblent être devenus interminables et même la porte d’entrée principale ne s’ouvre plus. GAKKÔ NO KAIDAN avait déjà usé le filon (avec talent), et Shiraishi Kôji l’a remis au goût du jour dans une version qui ressemble comme deux gouttes d’acide à KATARIBE (KOWASUGI FILE 04), jusque dans les « téléportations » – ou time slip ?

Tout ça pour ça… Quelle douche froide ! Après, et en étant parfaitement honnête, KATARIBE n’est pas plus mauvais qu’un autre mockumentary – mais il n’est pas meilleur pour autant. J’ai apprécié la présence électrisante de Inagawa Junji, la course-poursuite dans les couloirs nimbés d’une couleur rouge assassine et une ou deux autres petites idées sympas. Mais tout cela demeure bien trop classique et n’innove quasiment en rien par rapport à ce qui a déjà été fait en la matière. Et puis il faut bien évidemment supporter la présence des idoles ineptes du jeune groupe Moso Calibration (formé en 2013, je tiens mes fiches à jour – promis je les remplace bientôt par des poupées vaudous). On nous a déjà fait le coup : de vraies idoles qui essaient de percer, dans leur propre rôle – le coup de pub est parfait. Sauf qu’elles ne savent pas jouer la comédie (déjà qu’elles apprennent à chanter). Quel supplice… Plutôt que cette vraie-fausse pub déguisée pour un groupe affreux, les amateurs de films d’horreur (de vrais films d’horreur) auraient sans doute préféré de véritables actrices pour incarner les idoles en question… Mais que voulez-vous, c’est la dure loi du marketing, du Show Business et de la télévision qui imposent désormais leur diktat à une bonne partie du cinéma japonais – des petites aux plus grosses productions… Il n’y a qu’à voir le casting du prochain film de Nakata Hideo (GEKIJÔ REI, fin 2015) pour s’en convaincre…

Oli :         drapeau2
Yasuko : drapeau2

Trailer :

Un clip du groupe (notez la merveilleuse synchronisation labiale) :

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Quick Review in English:

+ What a trio: Shimizu Takashi at the production, Inagawa Junji and Ohata Hajime!
+ Ohata Hajime directed the very interesting HENGE
+ Inagawa Junji is a legend of Kaidan (horror storyteller)
+ Not so bad, other mockumentaries are almost on the same quality level…

– Not so bad but we have already seen this so many times…
– … Especially in Shiraishi Kôji movies (SHIROME, KOWASUGI FILE 04…)
– The idols don’t know how to act. Yes, finally this is a real HORROR movie!
– What a waste… Shimizu, Inagawa, Ohata… All those gifted people for… that?

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A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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