Torakage, Nishimura Yoshihiro (2014)


Torakage POSTERTORAKAGE, aka The Ninja War of Torakage
虎影
Année : 2014
Genre : des effets très spéciaux
Production : Phantom Film
Réalisation : Nishimura Yoshihiro
Avec : Saitô Takumi, Seino Nana, Shiina Eihi, Tsuda Kanji, Mimoto Masanori, Mizui Maki, Shimazu Kentarô, Torii Miyuki, Haga Yuria, Ishikawa Tatsuki, Kuroyanagi Ryôhei, Matsuura Ryo, Mita Mao, Murasugi Seminosuke, Nishina Takashi, Yashiki Hiroko, Shimizu Takashi, Tanaka Demo, Itao Itsuji


Deux anciens ninjas, un shinobi et sa jolie kunoichi, coulent désormais des jours heureux avec leur fils. Une vie d’agriculteurs dure, mais honnête. Le passé va hélas bientôt les rattraper et, pour sauver sa famille, le ninja qui préfère maintenant labourer sa terre va devoir à nouveau croiser le fer.

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Nishimura Yoshihiro est un piètre réalisateur – techniquement parlant, j’entends. Mais si ce grand pourfendeur du bon goût devant l’éternel est parvenu à se faire un nom, c’est avant tout pour d’autres raisons : une imagination délirante, un réel talent pour les effets spéciaux à l’ancienne et une capacité certaine à installer des atmosphères étranges, entre coup de pied au cul aux défenseurs du politiquement correct et scènes/personnages/monstres originaux et inattendus.  Il suffit de voir TOKYO GORE POLICE ou HELLDRIVER pour s’en convaincre. Certes, c’était un peu filmé avec les pieds, mais il y avait de l’idée, des personnages marquants, des ambiances envoutantes et même des propos relativement intéressants dissimulés sous le fard épais et poisseux de l’humour gras, ou de l’esthétique violence.

Dans TORAKAGE hélas, rien de tout ça. Nishimura a peut-être pris un coup de vieux. Ou alors il nous fait le coup de la panne – d’inspiration. Le film est d’une platitude consternante, l’histoire est inintéressante au possible, le script est grotesque et illogique (le gamin super fort, le monstre bien fichu qui disparait d’un coup et qui ne reviendra plus…) et presque tous les personnages sont transparents. La palme de l’acteur qui aurait aimé devenir invisible pour ne plus apparaitre à l’écran revient sans nul doute à Saitô Takumi, qui tient pourtant le rôle principal. Le pauvre n’est pas aidé, il faut dire. Son personnage de ninja est complètement bâclé (après le générique il ne remporte pas le moindre combat à la régulière de tout le film) et les dialogues humoristiques qu’on lui met (enfonce ?) dans la bouche font à peine sourire – « faire caca c’est important », etc. Je vous passe les détails. Pour une comédie nimbée de complots ourdis par de ténébreux ninjas, c’est ballot. Surtout que le réalisateur en fait trop. Beaucoup trop.

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C’est que le père Nishimura a semblé tellement fier de ses petites trouvailles humoristiques qu’il les a étirées jusqu’au point de rupture – d’anévrisme pour les spectateurs ! Le délire sur le pachinko, c’est bien trouvé et c’est d’ailleurs rigolo dix secondes. Pas deux minutes. Les « femmes shuriken », bien sûr c’est ridicule, mais ça a aussi quelque chose de tellement inattendu que ça fait sourire. Mais pas durant tout un combat interminable – d’autant plus quand les CGI sont immondes et que les passes d’armes sont redondantes au possible !

Les combats d’ailleurs, parlons-en. Je veux bien que TORAKAGE soit avant tout une comédie, mais il aurait quand même fallu soigner un minimum les scènes d’action. Ici on nage à tel point en plein néant que ça en devient vite insupportable – et comme je l’ai déjà dit, souvent trop long (le combat en pente sur des « surfs » improvisés : tellement raté que ça en devient gênant). Sakaguchi Tak, l’action director, n’est pas le meilleur de sa profession mais il est normalement capable de beaucoup mieux… Bref, pour se consoler on pourra toujours s’amuser à retrouver tous les seconds couteaux chers à Nishimura, dont Tanaka Demo qui meurt encore en moins de deux secondes (yes !), un cameo surréaliste de Shimizu Takashi ou encore un savoureux numéro de cabotinage de la part de Tsuda Kanji.

Heureusement que les ninjas ne respectent pas le bushido, autrement j’en connais qui se seraient fait seppuku depuis longtemps…

Oli :         drapeau_blanc
Yasuko : drapeau_blanc

Trailer :

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Quick Review in English:

+ Always a pleasure to meet again the actors of Nishimura’s group
+ Funny cameo of Shimizu Takashi
+ Mimoto Masanori is a « good » bad guy
+ The monster is interesting too…

– … but he disappears from the movie without any explanation
– Awful CGI
– Boring story
– Almost never funny
– And even when it’s funny, those scenes are far too long (the pachinko, for instance)
– The fight scenes are awful (Sakaguchi Tak, really?)
– Where are all the ideas and backgrounds of TOKYO GORE POLICE and HELLDRIVER?

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A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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Un commentaire pour Torakage, Nishimura Yoshihiro (2014)

  1. lovingmovies dit :

    Je ne savais même pas que Nishimura avait fait un nouveau film, vrai qu’il se faisait discret depuis HELLDRIVER. Mais vu ce que tu en dis, mmmm… Ça ne va pas me motiver à replonger dans les obscurs films du genre.

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