Zange – Sunde wa ikenai heya –, Nakamura Yoshihiro (2016)


sunde wa ikenai heya POSTER JAPANZANGE – SUNDE WA IKENAI HEYA -, aka The Inerasable
残穢[ざんえ]―住んではいけない部屋―
Année : 2016
Genre : lumières ta-tamisées
Production : Shochiku / Avex / Sony / Happinet
Réalisation : Nakamura Yoshihiro
Avec : Takeuchi Yûko, Hashimoto Ai, Takitô Kenichi, Sasaki Kuranosuke, Fuwa Mansaku, Narita Ryô, Sakaguchi Kentarô, Ueda Koichi, Yamashita Yorie, Yoshizawa Ken


I est une écrivaine à succès, spécialisée dans les histoires étranges ayant une part de vérité. Elle glane son inspiration auprès de gens normaux souhaitant partager leurs tristes expériences. Un jour, elle reçoit une lettre de Kobu, une jeune femme vivant seule dans un petit appartement. Dans son courrier, celle-ci fait état de bruits étranges émanant de sa chambre… comme si quelque chose allait et venait sur les tatamis. Très vite, I va faire le rapprochement avec une autre lettre, reçue plusieurs années auparavant. Quelqu’un y faisait référence à des évènements proches de ceux rapportés par Kobu. Des évènements ayant eu lieu dans le même immeuble…

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Avec son titre à coucher dehors (et ce serait une bonne idée, puisque dormir dans la chambre peut se révéler très dangereux^^), SUNDE WA IKENAI HEYA est un film peu commun, bâti sur un faux rythme (qui en fera bâiller plus d’un) mais qui, au final, se révèle également comme l’un des films fantastiques japonais les plus intéressants de ces dernières années.

SUNDE WA IKENAI HEYA nous plonge dans l’univers des écrivains d’histoires surnaturelles, la coutume voulant que lesdites histoires soient vraies (honto ni atta kowai hanashi). Afin de renforcer le côté « réaliste » de la chose, le réalisateur a d’ailleurs intégré quelques célèbres noms du monde des Kaidan – ici interprétés par des acteurs, bien évidemment. Car il faut bien savoir une chose : au Japon, les écrits horrifiques sont le plus souvent tirés d’histoires prétendument vraies, glanées çà et là par des conteurs qui en ont fait leur profession et qui distillent leur savoir lors de soirées à thèmes (auxquelles j’assiste parfois) ou désormais directement sur Internet. Il n’est ainsi pas étonnant d’en voir certains partir enquêter sur place, investir des lieux prétendument maudits en pleine nuit, faiblement éclairés par le spectre lumineux de leur lampe de poche. On peut y croire – ou pas. Peu importe au final, ce qui compte étant la manière dont l’histoire en question est racontée.

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SUNDE WA IKENAI HEYA nous immerge donc dans le quotidien d’une écrivaine d’histoires surnaturelles qui puise ses informations dans les anecdotes de gens comme vous et moi, qui lui écrivent pour partager leurs expériences étranges et émoi. L’auteure s’attardera plus précisément sur l’histoire d’une jeune femme qui entend de drôles de bruits dans sa chambre. Comme un frottement répété sur les tatamis. Grattements qui cessent sitôt qu’elle entre de nouveau dans la pièce. Un détail troublera l’écrivaine : il y a quelques années, une personne du même immeuble lui avait écrit pour lui conter des évènements tout aussi étranges…

S’en suivra une longue enquête, nerf de l’intrigue, qui paraitra simple au départ (un suicide aurait-il pu avoir lieu dans la chambre ?) mais qui se révèlera bien évidemment beaucoup plus complexe que cela. Une enquête lente mais passionnante, si vous aimez le genre et souhaitez voir un semblant de l’envers du décor. Très élégamment mis en scène, le film, tourné sur un ton relativement léger, n’en distille pas moins quelques moments très dérangeants. Une atmosphère ponctuellement lourde, des révélations qui surprennent (la maison pleine d’ordures, un syndrome de Diogène comme on peut en voir parfois au Japon) et des acteurs inspirés viennent compléter ce sombre tableau – si vous avez vu le film, vous savez que je n’ai pas choisi ce mot par hasard ! Dernier détail savoureux : comme le veut la tradition du genre, il parait que des évènements inattendus sont survenus durant la mise en boîte de certaines scènes – dans le taxi, ou encore dans le petit restaurant à l’étage, de l’autre côté de la rue (voir ma capture d’écran en bas de page pour vous en convaincre).

SUNDE WA IKENAI HEYA est définitivement une bonne surprise, qui tourne le dos aux films d’horreur classiques japonais pour s’attarder sur le mécanisme créatif de leurs auteurs – qui à force de courir après, sont parfois à leur tour marqués du sceau du malheur  ?

Oli :         drapeau2 drapeau2 drapeau2
Yasuko : drapeau2 drapeau2 drapeau2

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Quick Review in English:

+ Original « horror » movie – it’s not a real horror movie actually…
+ … more a mystery about the writers who seek real strange stories (kaidan)
+ Real authors appear (they are played by actors, of course)
+ Very interesting mystery
+ Not a scary movie, but some scenes are really disturbing
+ That kind of horror writers/storytellers are part of the Japanese culture

– Slow-paced movie, don’t look for huge surprises or many shock scenes
– Some of you may think it’s boring
– The poster of the movie is terrible!

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A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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