Black Room, Tsujioka Masato (2015)


BLACK ROOM Tsujioka DVDBLACK ROOM
ブラック ルーム
Année : 2015
Genre : noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir – pour Masato?
Production : Tsujioka Production / Albatros
Réalisation : Tsujioka Masato
Avec : Tsujioka Masato, Yuki Yû, Asagiri Ryô, Tezuka Makoto, Aizome Kyoko, Onuma Yûichi, Matsuda Toshiki, Suzuki Satoru, Ochazukenori, Dan Jirô, Ikeda Mitsumasa, Shibata Kayoko, Ito Yôsuke, Higashiyama Mami


Un drôle de maniaque, stalker à ses heures perdues et dont les jours sont comptés, suit avec envie les faits et gestes d’une jeune journaliste. Il va parvenir à la séquestrer dans une chambre spécialement aménagée pour l’occasion. Le fiancé de la jeune femme va bien évidemment se lancer à sa recherche… sans succès. Il va alors se tourner vers les gros bras d’un gang qui fait semer la terreur dans les rues, et leur proposer d’acheter leurs services.

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Tsujioka Masato est un acteur japonais de séries B (voire Z) qui a cru percer dans le monde du cinéma pour avoir officié dans de nombreux films de Tsukamoto Shinya – mais en tant que figurant, uniquement. Et pour avoir suivi la carrière du bonhomme depuis 2009 (je sais, je suis un spectateur bizarre), je peux vous dire qu’il donne quelque peu l’impression d’avoir pris la grosse tête. Déjà tous ses films sont précédés d’un « A Tsujioka Masato World » qui manque cruellement d’humilité – comme si ses films appartenaient à un univers artistique défini (peut-être le flou ?!). Ensuite, l’intéressé a essayé de toucher un peu à tout : la réalisation, l’interprétation, la musique… Un côté « couteau suisse » qui transpire davantage l’impossibilité de percer durablement dans un milieu précis plutôt qu’une inspiration débordante et échevelée.

Et le voici donc de retour derrière (et devant) la caméra avec BLACK ROOM, qui fut présenté au marché du film à Cannes (ils ont dû halluciner). Après avoir réalisé le sympathique DRASTIC en 2009, et deux films peu digestes en 2012 (OLD PRISON et JUDGEMENT), Tsujioka Masato a aussi pris le temps de jouer dans un long métrage assez bon (KILLER, en 2013) et dans un autre absolument navrant la même année (KAMISAMA, PAN KATTEKOI!). BLACK ROOM vient-il donc confirmer la lente et irrémédiable descente aux enfers artistiques de Tsujioka Masato, ou apporte-t-il au contraire un second souffle frais et salvateur dans le remugle d’une carrière en dents de scie ?

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Hélas… pas de miracle en perspective. En parlant de perspective, d’ailleurs, on notera que Tsujioka Masato fait parfois quelques efforts pour trouver des angles de caméra originaux, tour à tour élégants et pesants, même si les spectateurs les plus avisés y verront avant tout des emprunts (peu scrupuleux ?) à certains délires de Tsukamoto Shinya – devant la rame de métro, ou encore lorsque le tueur fait face à un miroir en pointant son doigt à la manière du canon d’un pistolet (BULLET BALLET, évidemment). Ces quelques idées de mise en scène se perdent hélas dans une espèce de crapaudière ronflante, dans laquelle Tsujioka semble s’enfoncer de plus en plus et où le vide artistique n’a d’égal que la maladresse chronique du réalisateur et du directeur de la photo (qui sont en réalité une seule et même personne).

Sur le fond également, cette histoire de serial killer mourant, qui kidnappe une jeune femme (pour la violer, la torturer ?) sent le déjà vu/déjà subi et n’apporte strictement rien de plus au genre, sinon une envie de dormir récurrente pour le spectateur ainsi qu’un final faussement alambiqué et qui, je crois, ne veut pas dire grand-chose – ma femme et moi n’avons pas vraiment compris, c’est dire.

En général, lorsqu’un bateau coule, le désastre dure plusieurs heures. Avec Tsujioka Masato à la barre, ça prendra visiblement de nombreuses années. Oui, le naufrage continue.

Oli :         drapeau_blanc
Yasuko : drapeau_blanc

Trailer sous-titré en anglais :

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Quick Review in English:

+ A few good ideas, maybe taken from Tsukamoto (BULLET BALLET?)
+ Tsujioka Masato believes in himself: he’s doing everything in this movie

– Not interesting
– Cheap movie, photography looks amator
– Honestly, there is almost nothing to save from this movie

Black room tsujioka IMAGE

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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3 commentaires pour Black Room, Tsujioka Masato (2015)

  1. lovingmovies dit :

    Dommage, la pochette laissait présager au moins un produit généreux, mais si c’est si mauvais que tu le dis à quelques idées (copiées) près….
    Sinon je rebondis, quand tu parles du marché du film, tout le monde ayant un projet terminé ou en cours et cherchant des distributeurs peuvent y aller en prenant un stand (j’avais vu les prix à l’époque, et n’y étais pas allé). C’est vraiment en marge du festival, on y trouve tout et n’importe quoi, des pépites inconnues ne trouvant pas de distributeurs côtoient parfois des films de Uwe Boll ou autres métrages honteux…

    • Oli dit :

      Mais alors, BLACK ROOM, tu le ranges dans le « tout » ou le « n’importe quoi » ?🙂 Merci pour la clarification. Je pense que le réalisateur présente son film en parlant de ça pour faire croire aux gens qui n’y connaissent rien que BLACK ROOM avait un pied à Cannes.

      • lovingmovies dit :

        J’ai envie de dire qu’il faudrait que je le vois pour juger de la bête mais…. cela fait quelques mois que j’essaye d’arrêter de me faire du mal, et donc me focalise plutôt sur les films que je sens bien😉
        Clairement il doit jouer là-dessus, malin le petit ! Mais son film restera un produit de location au Japon, je ne pense pas que ça franchira un jour les frontières (quoi que en Amérique peut-être, j’ai été très surpris de voir quelques films bien fauchés là-bas).

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