Mothra, Honda Ishirô (1961)


MothraMOTHRA
モスラ
Année : 1961
Genre : effets spéciaux fées maison
Production : Toho
Réalisation : Honda Ishirô
Avec : Frankie Sakai, Koizumi Hiroshi, Kagawa Kyôko, Itô Yumi, Itô Emi, Jerry Itô, Uehara Ken, Hirata Akihiko, Sahara Kenji, Kawazu Seizaburô, Shimura Takashi, Kosugi Yoshio, Tajima Yoshifumi, Yamamoto Ren, Katô Haruya, Nakamura Tetsu, Hirose Shôichi, Tezuka Katsumi, Nakajima Haruo


Les survivants d’un naufrage parviennent à rester en vie plusieurs jours sur une île pourtant considérablement irradiée à la suite d’essais nucléaires.  Ils auraient dû leur salut à un étrange jus rouge… Pour en avoir le cœur net, une expédition décide de se rendre sur l’île en question : l’île de l’Infant. Sur place, ces aventuriers scientifiques d’un nouveau genre découvrent une végétation endémique absolument fantasmagorique… Mais aussi deux fées minuscules, les Shobijin, qui ne semblent communiquer que par le chant. L’un des membres de cette équipée fantastique tente alors de s’approprier les petites demoiselles – au risque de provoquer le courroux de l’être que les indigènes semblent appeler « Mothra » ?

Mothra 1961 01Mothra 1961 02

Mothra 1961 04Mothra 1961 05

Dans les années 60, les usines à kaijû tournaient à plein régime : King Kong, Godzilla, Gamera ou encore Mothra (prononcez « mosura »), l’un des plus célèbres d’entre eux, dont la popularité ne semble pas fléchir sous le poids des ans, des guerres, des générations successives de Pokémons et autres catastrophes nucléaires. Le film de 1961, œuvre du grand spécialiste Honda Ishirô, marque les grands débuts de ce monstre plutôt original, pour un kaijû. Sous sa forme adulte, Mothra ressemble en effet à un papillon de nuit – on a connu plus effrayant, n’est-ce pas ? Tandis que dans son état originel, la créature revêt les atours d’une chenille gigantesque, a priori inoffensive. Mais a priori, seulement !

MOTHRA, le film, pourrait être décomposé en trois parties distinctes. La première respecte les codes du film d’aventure à tendance fantastique, avec un voyage sur une île sauvage, la découverte de choses très étranges, un danger palpable, une jungle luxuriante et un dépaysement rafraichissant pour les spectateurs – si les effets spéciaux et les décors ont vieilli, ils devraient conserver toute leur magie aux yeux des adultes qui n’ont pas tout à fait grandi, quelque part à l’intérieur (si, si, cherchez bien – sans doute près du cœur). La deuxième partie est la moins impressionnante, certes, mais elle se révèle pourtant tout aussi distrayante : retour sur la terre ferme et bétonnée de la jungle urbaine japonaise, complots, suspense et manipulations seront au rendez-vous ! Quant à la dernière partie, elle sera presque tout entièrement dédiée au grand œuvre du kaijû eiga, à savoir les catastrophes et démolitions à répétition ! Une pensée émue et mouillée pour la magnifique scène du barrage…

Mothra 1961 06Mothra 1961 07

Mothra 1961 08Mothra 1961 09

MOTHRA reprend des thèmes classiques du genre, avec notamment la mise au pilori du nucléaire ou encore de la main coupable de l’Homme quand celle-ci est uniquement guidée par des velléités commerciales, au mépris du bon sens et surtout de l’équilibre de la nature. Et comme souvent avec le studio Toho, la nature, elle, ne tend pas l’autre joue : elle donne un coup de boule ! Si, à première vue, le film de Honda Ishirô n’a rien de particulièrement original, la personnalité de Mothra, son design, la présence des deux fées absolument craquantes, leur chanson inoubliable que l’affreux promoteur croit pouvoir exploiter (mais qui est en réalité un appel à l’aide destiné à Mothra), le débarquement de la chenille géante, le cocon sur la tour de Tokyo… Tout cela fait de MOTHRA un grand kaijû eiga – bien filmé, intelligemment découpé en trois parties, rythmé, surprenant, et porté par des acteurs attachants (à part le méchant, crispant et grotesque). En chipotant, on pourrait sans doute trouver quelque chose à redire au final, curieusement expédié – par exemple j’ai toujours trouvé les rires et les sourires de tous les protagonistes un brin surréalistes, à la toute fin… La ville a été presque entièrement rasée, quand même – mais on s’en tape et on se bidonne ! Remarquez, c’est aussi ça, la magie des kaijû eiga !

À moins d’être allergique à certains tics de réalisation, de narration et d’interprétation de l’époque, et à moins de ne pas supporter les effets spéciaux des années 60 (j’avoue, les maquettes pour enfants c’est parfois dur à encaisser), vous devriez apprécier ce MOTHRA jusqu’à la dernière goutte de son étrange breuvage rouge. Les Japonais, en 1961, ne s’y sont pas trompés : ils ont tout de suite adopté la belle Mothra, qui ne cessera plus de revenir hanter leurs rêves d’aventures et de cinéma. Invitée dans de nombreux films de Godzilla ou créature principale dans sa propre série, Mothra est définitivement la reine gracile des kaijû eiga !

Oli :         drapeau2 drapeau2 drapeau2
Yasuko : drapeau2 drapeau2

Trailer :

___________________________________________________

Quick Review in English:

+ One of the greatest kaijû of all time: Mothra!
+ Mothra’s design, heart and two different forms are really great
+ The little fairies. It may look stupid but it’s not! It’s a very good idea
+ Emi&Yumi Itô are so cute, their song is so beautiful…
+ Three parts: adventure on a strange island…
+ … Then we’re back in Tokyo (plots, suspense…)
+ The last part: disaster movie! Some very good scenes
+ The main characters are interesting
+ Nature fights back!
+ Mothra is beautiful

– Of course, special effects are very old… (the models, the twin dolls…)
– I liked the story, but it’s not really original for a kaijû eiga
– Of course, it’s a naïve story
– The bad guy – you really want to see him dead (because of his poor acting skills)

Mothra 1961 IMAGE 2

Mothra 1961 IMAGE

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
Cet article, publié dans Aventure, Catastrophe, Kaijû eiga, Oldies, est tagué , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s