Creepy – itsuwari no rinjin, Kurosawa Kiyoshi (2016)


creepy_japanese_movieCREEPY – ITSUWARI NO RINJIN, aka Creepy
クリーピー 偽りの隣人
Année : 2016
Genre : toc, toc, toqué !
Production : Shochiku / Asmik Ace
Réalisation : Kurosawa Kiyoshi
Avec : Nishijima Hidetoshi, Takeuchi Yûko, Kagawa Teruyuki, Higashide Masahiro, Kawaguchi Haruna, Fujino Ryôko, Toda Masahiro, Baba Toru, Saisho Misaki, Sasano Takashi, Sato Naoko


Après une affaire qui a très mal tourné, l’inspecteur Takakura a préféré démissionner pour se consacrer à l’enseignement. Il tente d’oublier son douloureux passé et déménage avec Yasuko, sa femme, dans une petite banlieue verte et tranquille. Sur place, le couple fait la connaissance de voisins peu diserts, voire carrément étranges. Le dénommé Nishino peut ainsi se montrer parfaitement jovial et particulièrement irrité dans la seconde qui suit. Sa femme ne sort jamais, et sa fille a parfois un comportement étrange… Dans le même temps Nogami, un jeune inspecteur de police, requiert l’aide de Takakura. Non loin de là, il y a six ans, une famille a entièrement disparu sans laisser aucune trace.

creepy-2016-kurosawa-01creepy-2016-kurosawa-02

creepy-2016-kurosawa-03creepy-2016-kurosawa-04

Avec CREEPY, l’œuvre de Kurosawa Kiyoshi confine une nouvelle fois au sublime, mais échoue néanmoins à se rapprocher des critères souhaités pour friser la perfection ciné. Il s’agit peut-être ici de l’illustration du paradoxe récurrent d’une carrière remarquable, certes, mais dont les meilleurs films sont aussi (trop) rarement dénués de défauts. À mes yeux amoureux, c’est également ce qui les rend diablement attachants.

Autant le dire de suite, CREEPY est un drame aux terribles relents de thriller qui multiplie les fausses pistes, fait savamment s’entrecouper deux intrigues aux étranges points communs, cultive les faux-semblants et sème le doute dans l’esprit des spectateurs : si l’habit ne fait pas le moine, le comportement douteux fait-il le criminel ? Mieux : la réalisation de Kurosawa est une véritable ode au cinéma, la musique sait se faire hitchcockienne et l’interprétation est de haut vol – en particulier le surdoué Kagawa Teruyuki, absolument fantastique dans son rôle de voisin louche/paumé/lunatique. À plaindre ? Les rôles sont remarquablement bien écrits, et les habitués de Kurosawa Kiyoshi retrouveront sans doute un peu de l’inspecteur mis au vert de CHARISMA, dans le flic retraité du plus récent CREEPY.

creepy-2016-kurosawa-05creepy-2016-kurosawa-06

creepy-2016-kurosawa-07creepy-2016-kurosawa-08

Si je me retiens d’en dévoiler davantage (jusque dans mes choix volontairement peu parlants des images illustrant cette fiche), c’est pour vous laisser le plaisir de tout découvrir par vous-même. Je tiens malgré tout à préciser que CREEPY, aussi parfait soit-il sur la forme, manque quelque peu le coche sur le fond – ainsi, les différents policiers du film prennent parfois de bien étranges décisions, à tel point que ça peut vite devenir crispant. Creepy ? Que nenni ! Ce long métrage de l’un des réalisateurs les plus doués du cinéma japonais remplit parfaitement son office : il joue intelligemment avec les nerfs des spectateurs, leur imagination. Leurs peurs. À tel point qu’il m’a hanté durant non pas plusieurs heures, mais quelques jours.

CREEPY confirme donc dans une espèce d’asymétrie artistique improbable que Kurosawa Kiyoshi reste fidèle à ses principes – que lorsqu’il réalise un film de genre, il ne se perd pas en vaines digressions (à la Fincher ?) pour nourrir les logorrhées de ces gratte-papiers de festivaliers prêts à tout pour se faire mousser. Oui, CREEPY c’est à la fois le joli miroir et son disgracieux reflet. Ce grand film avec ses quelques maladresses ponctuelles qui entretiennent le souffle du suspense tout en faisant vaciller, heureusement sans jamais aller jusqu’à l’éteindre, la flamme passionnelle des spectateurs conquis.

Oli :         drapeau2 drapeau2 drapeau2
Yasuko : drapeau2 drapeau2

Trailer (que je vous conseille de ne pas visionner) :

__________________________________________________

Quick Review in English:

+ Kurosawa’s style and camerawork are pure masterpiece – it’s fantastic
+ Impressive soundtrack, back in the old times with Hitchcock and Herrmann
+ Great casting, good dialogues, when scary rhymes with funny
+ Kagawa Teruyuki is great
+ Two intrigues, a few hints for the spectators, many mysteries…
+ The clothes do not make the man. Maybe. Maybe not.
+ In substance, Creepy is not perfect – that’s part of its charm, I guess

– Some disturbing choices in the scenario
– Honestly, the police officers are really not gifted…

creepy-2016-kurosawa-image-1

creepy-2016-kurosawa-image-3

creepy-2016-kurosawa-image-5

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
Cet article, publié dans Thriller, est tagué , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s