Katsuragi jiken, Akahori Masaaki (2016)


katsuragi-jiken-posterKATSURAGI JIKEN, aka The Katsuragi Murder Case
葛城事件
Année : 2016
Genre : impair et une mère
Production : Phantom Films / TV Man Union
Réalisation : Akahori Masaaki
Avec : Miura Tomokazu, Arai Hirofumi, Tanaka Rena, Wakaba Ryûya, Minami Kaho, Uchida Chika, Kodama Takashi, Kuroda Daisuke, Ichikawa Shinpei, Tamura Taijirô, Nakano Hideki


Katsuragi Kiyoshi pense être le père idéal. Bien au contraire, il étouffe sa famille. Abuse de sa femme. Impose ses choix de carrière à son fils ainé. Méprise le cadet au point de le traumatiser durablement. Minoru a ainsi toutes les peines du monde à s’épanouir. Il sort peu, ne travaille pas. Et, c’est plus inquiétant, adopte parfois un comportement violent… En 2001, il tuera huit personnes à coups de couteau dans la banlieue d’Osaka, et sera condamné un peu plus tard à la peine capitale.

Fermement opposée au principe de la peine de mort, Hoshino Junko se décide à agir pour défendre ses convictions. Elle souhaite épouser Minoru, qu’elle ne connait pourtant qu’au travers de la froide fenêtre du parloir. Mal reçue par Minoru, mais pas découragée pour autant, elle rend visite au père de ce dernier, qui vit seul, désormais.

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KATSURAGI JIKEN s’inspire d’un fait divers réel : dans les années 2000, un jeune homme issu d’une famille a priori « normale » s’était rué sur des enfants, armé d’un couteau. Il tua huit personnes et fut logiquement condamné à la peine capitale. J’ignore les détails de cette affaire, mais en connais les grandes lignes – et le film semble en respecter certaines (le sort du grand frère, de la mère, etc.). Par contre les noms ont été modifiés, et certaines choses librement adaptées – le lieu de l’attaque par exemple, n’est plus une école primaire, et le passé criminel et psychiatrique du principal intéressé (viol, torture d’animaux, empoisonnement…) a disparu du scénario, qui a préféré envisager cette histoire sous l’angle du drame familial.

Le film est sobre, sans musiques ou presque. Peut-être trop sobre – d’aucuns diront édulcoré – pour une histoire tragique certes, mais qui ne surprend plus vraiment en 2016 ? Mais oui, il s’agit bien d’une œuvre de cinéma et aucunement d’un documentaire, portée par des acteurs et actrices particulièrement justes. Contrairement à ce que je pensais au premier abord, KATSURAGI JIKKEN n’est ni un brûlot contre cette peine de mort qui fait polémique en dehors du Japon, ni une critique de la contrition exacerbée et imposée aux familles japonaises dont l’un des membres se serait livré à un acte honteux. Certes, ces thèmes sont plus ou moins abordés par le réalisateur (acteur de profession), mais pas de manière frontale – quand bien même la jeune femme souhaitant épouser le meurtrier (qu’elle ne connait pas) prétendrait être motivée par son opposition à la peine capitale. Chacun y ira de sa propre interprétation, mais moi j’y ai surtout vu une personne un brin illuminée.

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Il s’agit d’ailleurs de l’une des lignes directrices du film : la part de noirceur propre à chaque personnage. Encore une fois, KATSURAGI JIKEN ouvre des portes, propose des perspectives. Pour, au final, les refermer et emprisonner les différents protagonistes dans le malheur. La culpabilité. Le remord ? Sur ce point, le doute subsiste. Le principal responsable (tel que décrit dans le scénario) est bien évidemment le père, tyran-patriarche anachronique comme il y en a encore quelques-uns, au Japon. Mais quid de la faiblesse de la mère ? De la lâcheté du grand frère ? De l’idéalisme bancal animant cette pauvre jeune femme ? Quid de la responsabilité finale de Minoru, étouffé par son père, certes… mais peut-on véritablement parler de l’once d’un début de circonstance atténuante ?

Chacun est bien évidemment libre d’apporter ses propres réponses à ces questions. Hélas, j’ai eu la désagréable (mais heureusement subjective) impression que le réalisateur y répondait un peu à notre place. Le destin tragique tout tracé de cette famille pas (?) comme les autres se suit malgré tout avec intérêt, mais sans réelles surprises – à l’exception de certains flashbacks, d’ailleurs pas toujours très bien intégrés au récit. À une ou deux reprises, j’en suis ainsi venu à douter de la chronologie des évènements. Un repère temporel demeure néanmoins acquis. Celui du 14 septembre 2004. Le tueur, Takuma Mamoru de son vrai nom, fut exécuté par pendaison sans jamais avoir exprimé le moindre remord.

Oli :         drapeau2 drapeau2
Yasuko : drapeau2 drapeau2

Trailer :

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Quick Review in English :

+ From a real and tragic story
+ Very good actors
+ Interesting: the film comes back to the trauma caused by the family
+ Simple and effective movie, not quite like a documentary…

– But a few things of the real incident have disappeared – it only focuses on the family
– No real surprises/questions about the fate of the characters…
– … (except the possible existence of remorses?)
– Some flashbacks are strange – once or twice, I had some doubts about the timeline

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A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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Un commentaire pour Katsuragi jiken, Akahori Masaaki (2016)

  1. Typiquement le genre de film qui pourrait me combler. Le sujet m’attire pas mal, le genre à interpeller et à appeler à une certaine réflexion. Je note.

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