Shinrei shashinbu gekijô-ban, Nagae Jirô (2015)


SHINREI SHASHINBU GEKIJÔ-BAN, aka The Ghost Photo Club
心霊写真部 劇場版
Année : 2015
Genre : clic-clac au visage
Production : Canter
Réalisation : Nagae Jirô
Avec : Okunaka Makoto, Ueno Yûka, Itô Yôsuke, Taniuchi Lisa, Kudô Mio, Morita Aki, Okunaka Makoto, Toda Rei


Kayu, Lili et leur chef de projet (Buchô) continuent de s’intéresser aux photos étranges et prétendument surnaturelles. Leur club, formé au lycée, commence à être connu, aussi il n’est pas rare que les trois intéressés reçoivent des clichés de la part de fans… ou de personnes en détresse. Cette fois-ci, ils vont tenter de prêter main forte à une jeune fille qui semble avoir réussi à prendre un ange en photo… Un ange ? Ou plus sûrement Angel sama, que la demoiselle a plusieurs fois tenté d’invoquer… Un être que certains pensent très proche de l’esprit malin Kokkuri san…

Après avoir résolu cette épineuse affaire, Kayu, Lili et Buchô vont hélas devoir croiser le fer… avec le tueur masqué, qui semble voué à se rapprocher dangereusement d’eux…

Actuellement diffusé sur Netflix Japan, SHINREI SHASHINBU GEKIJÔ-BAN m’a rappelé au bon souvenir de l’époque (bénie ou maudite ?) où je louais à peu près tout et n’importe quoi. Replongez-vous donc avec moi dans la base de données d’échec et (ciné)mat, et placez le curseur sur l’année 2010. Deux petits DTV de Nagae Jirô y avaient vu le jour : SHINREI SHASHIN BU ICHIGENME et NIGENME. Dans les lycées japonais, les clubs sont légion : baseball, musique, photographie, etc. Mais les clubs de chasse aux fantômes et de photos surnaturelles, c’est plus rare ! Nagae Jirô a eu l’heureuse idée de mettre en scène trois lycéens passionnés par l’occulte : un spécialiste des techniques photographiques, une « voyante » et une… euh… une camarade joviale aux jolies gambettes. Le premier film était plutôt sympa, on prenait un vrai plaisir coupable à suivre les trois adolescents dans leurs enquêtes et autres pérégrinations suspectes. Le deuxième DTV fut déjà plus dur à encaisser. Un cruel sentiment de redite et un effet de surprise qui n’est plus tout à fait là. Pire, le film se terminait sur un épineux mystère avec la présence d’une espèce de serial killer coiffé d’un masque affreux, dont l’identité n’était pas révélée.

Bien des années plus tard, Nagae Jirô se décide enfin à lever le voile sur l’identité du tueur. Et pour cela, il met les petits plats dans les grands, puisque ce SHINREI SHASHINBU a été diffusé dans les salles obscures japonaises – mais très obscures hein, du genre petit cinéma de quartier indépendant caché dans un sous-sol ou coincé dans un grenier. On retrouve exactement le même casting, les mêmes enjeux… mais hélas l’esprit n’est plus là. À trop vouloir se focaliser sur le tueur masqué, Nagae Jirô en oublie les bases de sa série : le côté ludique des petites enquêtes de notre photographe et de ses deux amies en jupettes. Si on sent toujours les techniciens très appliqués (la photographie toujours léchée, par exemple), il en va tout autrement pour le scénariste puisque l’histoire est ennuyeuse au possible, criblée de dialogues vains et de rebondissements douteux. Pire, la petite enquête qui sert de pré-générique au film (à la James Bond, dira-t-on pour être gentil) frise quand même le ridicule, avec cette histoire d’Angel sama et de Kokkuri san… Et je préfère ne pas vous parler de cette scène incongrue où l’une des frêles jeunes filles se prend un coup de couteau de 30 centimètres de long sous l’épaule, qu’elle se relève presque fringante et dit à son amie « je vais bien ». Le problème, c’est que l’on voit clairement que le couteau est en plastique, puisque c’est mal fait. Du coup, on se demande si l’agresseur a sciemment utilisé un faux couteau, ou si cette demoiselle est simplement aussi résistante que John Rambo. La suspension volontaire d’incrédulité en prend pour son grade.

Nagae Jirô semble avoir voulu trop en faire. Son film est trop verbeux et bien trop sérieux par rapport aux maigres moyens affichés et à la somme de talents impliqués. À noter qu’un Reboot est sorti en ligne, en août 2016 au Japon (location ici ou ). Une sortie originale mais pas si surprenante quand on sait que la série est très populaire sur Internet.

Oli :        
Yasuko :

Trailer :

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Quick Review in English:

+ The direct sequel of two interesting DTV
+ At least, we will know who is hiding behind the mask
+ Pretty good photography
+ Nagae Jirô tries a few things – for instance before the opening credits
– If you liked the previous movies, well… You’ll have to see this one

– Too much talking
– Too serious
– Not as fun as the previous DTV
– The main story about the mask is not interesting
– Several ridiculous scenes (the stabbed girl… nooooo!!!)

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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