Kodomo tsukai, Shimizu Takashi (2017)


KODOMO TSUKAI, aka Innocent Curse
こどもつかい
Année : 2017
Genre : la J-horror, quel cirque !
Production : Shochiku
Réalisation : Shimizu Takashi
Avec : Kadowaki Mugi, Arioka Daiki, Takizawa Hideaki, Hyunri, Kawai Aoba, Nakano Haruto, Nemoto Maharu, Nishida Naomi, Onoe Hiroyuki, Sudô Atsuko, James Sutherland, Morishita Yoshiyuki, Tanabe Momoko, Yamanaka Takashi, Yoshida Asahi


Une bien étrange rumeur commence à se répandre… Des enfants qui chuchotent une mystérieuse comptine, qui disparaissent et qui reviennent comme par enchantement. Mais reviennent-ils seuls ? Récemment, une mère qui maltraitait sa fille, l’obligeant à vivre sur le balcon, a cru l’avoir perdue pour de bon. Mais la petite est revenue comme elle était partie… Trois jours après ce retour miraculeux, la mère était retrouvée morte.

Une jeune femme, travaillant dans une garderie, va se retrouver malgré elle mêlée à cette sombre histoire… La maman d’un enfant visiblement battu, et dont elle est très proche, va être retrouvée morte dans d’étranges circonstances…

Un été japonais sans films d’horreur du cru, ce n’est plus un été japonais… L’an passé j’avais eu la chance de pouvoir découvrir AME ONNA, de Shimizu Takashi… Eh bien à peu près au même moment de la saison (mois de juin, chaleur qui grimpe, humidité qui s’installe, fantômes qui s’échauffent avant Obon) l’intéressé signe un nouveau film à destination des salles obscures japonaises : KODOMO TSUKAI.

Avec ce projet particulièrement casse-gueule (vous allez comprendre pourquoi), Shimizu tourne le dos aux films d’horreur classiques en mettant en scène une créature semblant tout droit sortir d’un cirque… Des chats mourants à la ceinture, un pantalon bouffant, des corbeaux en guise d’épaulettes et pourquoi pas un chapeau pointu tant qu’on y est ? Certains prétendent qu’il s’appellerait Tommy… Existe-t-il réellement ? A-t-il un but, protège-t-il vraiment les enfants ? Vous l’aurez compris : KODOMO TSUKAI, par le grotesque de certaines de ses situations et l’incongruité notoire de l’un de ses personnages, frise le ridicule à plusieurs reprises. À mon sens, Shimizu s’en sort plutôt bien. Il parvient à donner une réelle consistance à son récit (très noir) tout en évitant l’écueil rédhibitoire de la scène bancale de trop. Je sais que mon avis est éminemment subjectif, puisque plus d’un spectateur n’a pas pu entrer dans le film (mais dans la salle, si !) en raison de quelques choix artistiques que je qualifierais de douteux – ou tout du moins ne correspondant pas aux canons du genre.

Pour ma part, c’est précisément ce que j’ai aimé dans KODOMO TSUKAI. La plupart du temps, le film tente des choses que l’on n’a pas l’habitude de voir dans le petit monde de la J-horror – violences sur enfants, esprit malin a priori grotesque ou en tout cas fort éloigné des fantômes traditionnels, pas de jumpscares et quasiment aucune scène véritablement «choc». Du coup, au départ, on se demande vraiment où l’on a mis les pieds, et il n’est pas toujours évident d’anticiper les rebondissements à venir. On profite donc de l’ambiance, formidablement bien rendue, on essaie de deviner la teneur des secrets inavouables qui parsèment le récit et obsèdent certains personnages. Shimizu Takashi tient-il enfin son DARK WATER à lui, l’alliance parfaite entre le drame aux racines rances et familiales, et une horreur plus surnaturelle ?

Eh bien non. Durant le derniers tiers du récit, KODOMO TSUKAI met hélas de côté son originalité pour se perdre dans un schéma vu et revu depuis l’avènement de RINGU, avec une malédiction qui « tue » en trois jours, et un voyage pour remonter aux racines du mal comme une tentative désespérée pour mettre un terme à tout cela – le tout enrobé dans de nombreuses explications particulièrement envahissantes à mon sens. KODOMO TSUKAI n’en demeure pas moins un drame surnaturel au-dessus du lot, pour peu que vous ne soyez pas rebuté par quelques choix discutables, certes, mais qui donnent aussi au film un cachet presque inimitable.

Oli :        
Yasuko :

Trailer :

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Quick Review in English:

+ It does not look like other J-horror movies, this one is pretty original…
+ No real jumscares, actually it’s not a scary movie…
+ … But more a dramatic one, about violence on children
+ Dark story, dark atmosphere, interesting secrets
+ A cameo of the legendary cameo actor Morishita Yoshiyuki!
+ Good camera work, great photography, Shimizu knows his work
+ Very original « villain »

– Maybe too original? Some spectators may think he’s ridiculous
– In the last part of the movie, it’s not really original…
– It looks like RINGU, with a curse, a few days to live and…
– … a trip to find the source of the « evil »

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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2 commentaires pour Kodomo tsukai, Shimizu Takashi (2017)

  1. kiseiju69 dit :

    Salut ! Merci pour ton dernier message.
    Excuse moi d’être assez long à répondre mais le temps passe vite et les études du japonais deviennent progressivement plus difficile mais reste toujours aussi passionnant ! Donc, je dois plus étudier même si cette semaine, c’était vacance !
    Il y a quelques semaines, je suis allé voir ce dernier film en date de Shimizu Takashi. En lisant ta critique, je suis d’accord avec toi !
    Même si je n’ai pas réellement eu peur, j’ai passé un agréable moment. Par contre, je n’ai pas compris à 100% l’histoire car mon niveau de japonais n’est pas encore très élevé cependant, comme tu le dis, c’est plutôt sombre et les enfants ne sont pas épargnés !
    Pour la fin, je n’ai pas spécialement été déçu même si j’aurais aimé quelque chose de différent.
    Le générique de fin est plutôt cool ! haha
    A la fin du film, un japonais gueulé tout seul car il n’a pas aimé le film. Dans l’ascenseur, il m’a parlé en me demandant quel film j’ai vu. Quand je lui ai répondu « Kodomo no tsuki », il m’a répondu « il est vraiment nul ce film, je veux qu’on me rende mon argent ». Je lui ai dis « moi aussi » même si je pensais le contraire. Trop difficile d’exprimer mon point de vue sur le film en japonais pour le moment. haha

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