Museum, Ôtomo Keishi (2016)


MUSEUM
ミュージアム
Année : 2016
Genre : la grenouille qui veut se faire plus grosse que…
Production : Twins Japan
Réalisation : Ôtomo Keishi
Avec : Oguri Shun, Ono Machiko, Nomura Shûhei, Maruyama Tomomi, Tabata Tomoko, Tsumabaki Satoshi, Ichikawa Mikako, Ômori Nao, Matsushige Yutaka, Ibu Masato


Une femme est retrouvée attachée, dévorée par un chien… Un étrange message est alors retrouvé près de son corps. Un peu plus tard, c’est un otaku hikikomori de 29 ans qui est retrouvé découpé… avec un nouveau message énigmatique laissé sur place pour les inspecteurs, où il est question de la douleur d’une mère… La mère de la victime ? Le flic chargé de l’enquête, doué pour son travail mais piètre père de famille, va bientôt se retrouver malgré lui au centre de cette sombre machination… qui semble ourdie les jours de pluie par un individu coiffé d’un masque de grenouille… Et tandis que les cadavres s’amoncèlent, une révélation va lui glacer le sang.

Avec RURÔNI KENSHIN en 2012, le réalisateur de drama Ôtomo Keishi signait des débuts fracassants au cinéma – certes il avait déjà réalisé un film en 2009, mais il s’agissait plus d’un drama pour grand écran que d’autre chose (le Japon en est friand). Bref, après l’éblouissant RURÔNI KENSHIN, j’avais placé de grands espoirs en Ôtomo Keishi. Si l’intéressé a depuis prouvé qu’il était un sacré client en termes de technique pure, et qu’il savait bien s’entourer (action coordinator, photographie…), je dois aussi avouer qu’il a bien du mal à se rapprocher de ce qu’il avait fait sur la trilogie RURÔNI KENSHIN. L’intéressé semble en effet se complaire à naviguer de petits films noirs en thrillers futuristes lorgnant un peu trop sur les plates-bandes des blockbusters japonais (c’est-à-dire un peu fades), et le plus souvent adaptés de mangas – ce qui n’est pas nécessairement une garantie en termes de qualité d’écriture…

C’est d’ailleurs précisément là où le bât blesse, dans MUSEUM : l’écriture. Les personnages sont des clichés ambulants, et l’intrigue dans son entier pioche sans vergogne à droite et à gauche. On pense pêle-mêle à SEVEN, à SAW mais aussi à OLD BOY… Si MUSEUM s’était contenté d’être un clone de SEVEN, j’aurais sans doute pu passer outre ses défauts. La pluie omniprésente, le flic torturé, les meurtres diaboliquement mis en scène (parfois repris à l’identique de SEVEN, voire de SAW), une course-poursuite en pleine orage, l’épouse du flic qui rappelle le personnage incarné par Gwyneth Paltrow… Quelle originalité ce manga, vraiment ! Mais comme je l’ai déjà précisé, un petit clone de SEVEN plutôt bien réalisé, ça se laisse voir.

Hélas, j’ai eu beaucoup plus de mal avec la seconde partie du film, qui croque à pleines dents dans le OLD BOY de Park Chan-wook (dont je ne suis pas le plus fervent défenseur d’ailleurs). Avec un Oguri Shun qui en fait des tonnes comme Choi Min-sik dans le film précité, on s’y croirait presque ! Du coup la bonne impression du début retombe comme un soufflé – certes le côté « clone de SEVEN » fonctionnait à moitié, la faute à des passages peu crédibles là où David Fincher jouait la carte de la précision chirurgicale sur les plans à la fois techniques et scénaristiques de son film, mais MUSEUM était malgré tout divertissant et le spectateur avait toujours envie d’avancer plus en profondeur dans l’enquête. La seconde partie de l’intrigue vient hélas plomber tout ça… MUSEUM veut trop en faire, et de manière bien trop paresseuse – car tout a déjà été fait avant par d’autres… en mieux.

De réalisateur prometteur et puissant, Ôtomo Keishi est en passe de devenir un honnête faiseur pour blockbusters trop lisses.

Oli :        
Yasuko :

Trailer :

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Quick Review in English:

+ Good camera work, good photography: Ôtomo Keishi’s style
+ It looks like Seven, it tastes like Seven… Why not? A good clone is fun to watch
+ Never boring: this movie is not so bad, after all…
+ Ômori Nao’s scene

– SEVEN, SAW, OLD BOY… Everything has already be done before, and in a better way
– Adaptation of a manga… Maybe that’s why it’s so poorly written
– The characters: deja-vu! Story: deja-vu!
– The second part of the movie is not very good, from my point of view…
– … and Oguri Shun is overplaying his part

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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2 commentaires pour Museum, Ôtomo Keishi (2016)

  1. kiseiju69 dit :

    N’ayant pas encore vu le film, je n’ai pas lu ta critique mais je suis déçu que tu n’es pas été franchement emballé par ce film ! Le trailer donne carrément envie !

    • Oli dit :

      Tu peux le louer à Tsutaya. N’hésite pas à venir donner ton avis sur cette page quand tu l’auras vu ! Au fait, il y a aussi une préquelle réalisée par Shiraishi Kôji, diffusée à la télé et dispo à la loc’.

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