White Lily, Nakata Hideo (2016)


WHITE LILY
ホワイトリリー
Année : 2016
Genre : white lily et gazon maudit
Production : Nikkatsu
Réalisation : Nakata Hideo
Avec : Asuka Rin, Yamaguchi Kaori, Machii Shôma, Nishikawa Kanako, Mikami Ichirô, Enomoto Yuki, Hayashida Miki, Itô Kôko, Kamakura Tarô, Matsuyama Hisako


Pour le 45ème anniversaire du Roman Porno, la Nikkatsu a, en 2016, commandé cinq films roses à cinq réalisateurs réputés – avec pour douce mission d’illustrer la vision moderne de la femme et de la chose sur grand écran. Les films en question sont WHITE LILY de Nakata Hideo (RINGU), AROUSED BY GYMNOPEDIES de Yukisada Isao (PARADE), ANTIPORNO de Sono Shion (HIMIZU), WET WOMAN IN THE WIND de Shiota Akihiko (GEKKÔ NO SASAYAKI) et DAWN OF THE FELINES de Shiraishi Kazuya (KYÔAKU).

La jeune Haruka, effondrée et en pleurs, est recueillie par hasard par la célèbre potière Tokiko. À la mort du mari de cette dernière, la relation entre la disciple et sa maîtresse se fera plus passionnelle, et charnelle. Tokiko, qui peine à trouver du plaisir dans les choses simples depuis son deuil, multiplie les aventures, au grand dam de Haruka, qui vit sous le même toit.

Mis à part quelques timides clins d’œil au genre érotique (le documentaire SADISTIC AND MASOCHISTIC en 2000 et un CHAOS un tout petit peu plus chaud que d’habitude la même année), Nakata Hideo a très peu fait face aux scènes de fesses, dans sa filmographie. Disons même qu’il les a évitées – contraint et forcé, tant son succès international avec RINGU l’a enfermé dans la spirale infernale des films d’horreur grand public ? C’est particulièrement regrettable, car l’amour que Nakata porte pour la Nikkatsu et l’ère du Roman Porno, particulièrement fertile en expérimentations en tous genres grâce à la liberté allouée aux réalisateurs de l’époque, est connu de tous.

Pour le 45ème anniversaire du Roman Porno, il était donc naturel que les pontes de la Nikkatsu cochent le nom de Nakata Hideo sur leur liste des invités. Et l’intéressé n’a pas déçu, loin de là même, puisque son WHITE LILY est un joli drame érotique, émoustillant et intelligent, qui rend quelque peu hommage à MANJI tout en ayant la clairvoyance d’emprunter un tout autre chemin dans sa dernière partie.

S’appuyant sur deux actrices qui se donnent beaucoup, dont une Asuka Rin bien connue pour quelques bisseries sur échec et (ciné)mat (je vous laisse chercher, je suis sadique), Nakata Hideo nous conte la relation d’amour/jalousie/dépendance entre une maîtresse en poterie et sa disciple, recueillie un jour de pluie – mais littéralement. La dernière phrase du film, a priori anecdotique, fait d’ailleurs référence à ces nuages destructeurs, qui pleurent… et offre une issue salvatrice à l’un des protagonistes de l’histoire. Superbe.

Avec ses jolies scènes érotiques (notamment les plus sobres, meilleures que les plus explicites), ses actrices chevronnées (à quelques exagérations près) et son histoire simple mais loin d’être simplette, WHITE LILY prouve que Nakata Hideo en a sous le coude et dans le poignet, et qu’il peut habilement se défaire du carcan de l’horreur et du thriller fantastique dans lequel il s’est hélas enfermé, avec l’aide de quelques producteurs aux dents longues, depuis l’avènement du mémorable RINGU.

Oli :        
Yasuko :

Trailer :

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Quick Review in English:

+ Nakata loves the Roman Porno era – he has done a documentary about it
+ So why are all his movies so soft? Is he trapped in mainstream horror movies?
+ You can feel the love of Nakata for the erotic genre in WHITE LILY
+ Some beautiful erotic scenes, especially the most simple ones – the first with the dress
+ It reminded me of MANJI a little
+ The story looks simple, but the psychological part is not: it’s about trauma, submission,
+ … jealousy… and love? Is it really love?
+ I liked the final sentence, about the rain. It means a lot

– The actress playing Tokiko is overreacting sometimes
– Were the fantasized flowers really necessary?
– The sensual scenes are better than the more explicit ones

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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2 commentaires pour White Lily, Nakata Hideo (2016)

  1. Genki Jason dit :

    Out of all the Roman Porno movies, this was the one that didn’t travel to foreign festivals. The one review I read painted it as disappointing so it’s interesting getting your opinion on this.

    • Oli dit :

      It’s not the best one in the serie, that’s for sure. But it’s still far better than any other erotic Japanese movies recently produced. I liked it, really.

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