Kodoku: Meatball Machine, Nishimura Yoshihiro (2017)


KODOKU: MEATBALL MACHINE
蠱毒 ミートボールマシン
Année : 2017
Genre : plus bad la vie
Production : King Records / Ark Entertainment
Réalisation : Nishimura Yoshihiro
Avec : Tanaka Yôji, Yurisa, Shimazu Kentarô, Nishina Takashi, Mizui Maki, Mimoto Masanori, Shiina Eihi, Tanaka Demo, Abe Tomori, Ashihara Kensuke, Sasano Liline, Torii Miyuki, Eishima Satoshi, Goki, Kawase Yôta, Kôda Riri, Matsuda Rima, Murasugi Seminosuke, Saitô Takumi, Sakaguchi Tak, Tomite Ami, Wakabayashi Miho, Yabe Tarô, Yashiki Hiroko


Avoir bon fond ne suffit pas, quand on vit dans un monde de requins… Surtout quand on travaille au sein d’une entreprise louche, pour laquelle on doit faire du porte à porte pour récupérer l’argent qu’ont emprunté de pauvres hères… Secrètement amoureux d’une jeune et jolie libraire, cet employé stressé, manipulé et régulièrement humilié tombera de haut lorsqu’il apprendra que ses douleurs abdominales sont en réalité causées par un cancer… en phase terminale. La fin du monde pourrait-elle alors être accueillie comme une échappatoire, ou au contraire comme une porte piégée menant tout droit vers l’Enfer ? Les Tokyoïtes l’apprendront suffisamment rapidement… car des extraterrestres joueurs ne vont plus tarder à débarquer… et ça va gicler !

Pour Nishimura Yoshihiro, tout n’a pas commencé avec MEATBALL MACHINE en 2005… mais presque. Responsable des maquillages et des effets spéciaux, son travail sur le film de Yamaguchi Yûdai et de Yamamoto Junichi a marqué les spectateurs pour la vie. MEATBALL MACHINE est en effet un film inoubliable – d’aucuns diront culte. Et ils auront raison. Gore, profond. Presque touchant. Quelques grammes de finesse dans un monde de brutes et de tentacules ensanglantés. Voir surgir une suite plus de dix ans plus tard a de quoi réjouir… et effrayer. On se rassure comme on peut : le talentueux Yamaguchi Yûdai est toujours dans la place… mais au poste de producteur. Au jeu des chaises musicales cloutées, c’est Nishimura Yoshihiro qui a gagné le gros lot qui pique : le bonhomme réalisera, montera et écrira le film en question – en plus de s’occuper des maquillages et des effets gores, cela va sans dire. Suffisant pour séduire ? Pas sûr, tant Yamaguchi Yûdai a prouvé, par le passé, qu’il était un technicien beaucoup plus doué que Nishimura pour la réalisation. Mais Nishimura Yoshihiro, le pape du gore, le King de la pop-cucul-ture a des idées. Et son inventivité visuelle marche sur la concurrence, dans le petit monde du cinéma gore japonais. Mieux, Nishimura peut aussi approfondir ses sujets, et bercer ses films d’apparence ridicule dans des mélodies insoupçonnées faites de messages politiques, voire sociaux à peine voilés.

Amis spectateurs de l’improbable impossible, oubliez vite l’affreux TORAKAGE : KODOKU: MEATBALL MACHINE se rapproche en effet beaucoup plus des réussites de HELLDRIVER et de TOKYO GORE POLICE, que de l’affront nanardesque que constitue TORAKAGE. Mais pour être tout à fait honnête, il faut aussi préciser que le nouveau film de Nishimura s’égare quelque peu en chemin – on perd toute la finesse du premier film, sa science de la décomposition humaine et de ses tentacules à cervelle. KODOKU: MEATBALL MACHINE fait plutôt dans le « rentre-dedans », le « brut de décoffrage » qui tache. En cela, il se rapproche bien plus d’un HELLDRIVER – jusque dans sa construction d’ailleurs : une très longue introduction, des personnages bien dessinés, et puis une espèce d’orgie non-stop de près d’une heure trente, avec des musiques qui vous feront décoller de votre siège et des scènes hallucinantes pour faire léviter votre derrière : vous n’êtes pas près de toucher terre !

Pour notre plus grand plaisir, Nishimura se joue une nouvelle fois du politiquement correct qui ronge les os de nombreux cadavres d’artistes en Occident. Ici, vous aurez par exemple droit à un gourou au front défoncé (à force de prier ?), à des enfants violentés, à du Blackface, à une scène topless totalement gratuite (tellement mal amenée que ça en devient hilarant !) ou encore à un plan final plutôt étrange, fait de scènes de violences sur animaux, à peine floutées, prises par Nishimura himself en Corée du Sud et en Chine, à l’aide de son seul iPhone – une manière de dénoncer ces cruautés, voire de démontrer qu’à la manière de la fin de son film, nous finissons tous par devenir le bétail de quelqu’un d’autre ? L’interrogation demeure.

Tout n’est pas rose pour autant, dans le rouge vif de KODOKU: MEATBALL MACHINE. Le film propose sa part de ridicule, l’action a du mal à décoller (Shimomura Yûji est crédité pour avoir « aidé » l’action director en chef – Sakaguchi Makoto épaulée par son père Sakaguchi Tak… eh bien il a dû avoir du boulot !), la course-poursuite est peu convaincante et les effets spéciaux numériques sont hideux – là où les bons vieux effets en plastoc et en hémoglobine enchantent : cherchez la syntax error. Pire : ce mélange du premier MEATBALL MACHINE et de HELLDRIVER n’arrive, au final, à égaler aucun de ces titres en termes d’immersion et de qualité. Syntax horror. Oui mais voilà : le film va vite – je veux dire, même durant ses séquences les plus lentes (l’intro par exemple). On ne voit pas le temps passer. On se marre. On s’extasie devant certains maquillages et autres trouvailles géniales (dont certaines recyclées des films précédents, c’est vrai). On adhère aux tronches inoubliables de toute la team Nishimura – la petite bonne femme déjà vue dans TORIHADA en bonus à peine caché : sa chanson (shinitai) inspirée du style Badalamenti période TWIN PEAKS est une réussite totale. Les habitués reconnaîtront également sans peine Tanaka Demo (qui meurt une nouvelle fois en deux temps trois mouvements quatre morceaux), Shimazu Kentarô en sabreur téméraire (ses potes, dont un clone de Jackie Chan, sont vraiment sympas), Mizui Maki sexy en diable (au sens propre), Nishina Takashi drôle à en perdre la tête (au sens défiguré), j’en passe et des meilleures ! Pour couronner le tout, l’expérimenté Tanaka Yôji s’en sort avec les honneurs, dans un rôle particulièrement casse-gueule (au sens propre ou figuré ? Je sais plus…).

Ridicule, perfectible, ce MEATBALL MACHINE ? Pas si vous aimez les tentacules. Pas si vous êtes la parfaite cible : ce bon client qui aime en prendre plein la tête quitte à s’y casser les dents. Personnellement, j’en redemande !

Oli :        
Yasuko :

Trailer :

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Quick Review in English:

+ The sequel of a cult movie
+ Almost the same team, but this time Yûdai is producer and Nishimura director
+ All those actors and actresses you love, even for a cameo
+ Tanaka Demo. You know that when he appears, he’s going to die! ^^
+ This movie takes ideas in the first film and in HELLDRIVER
+ Actually, it’s more a HELLDRIVER’like movie than a sequel of MEATBALL
+ Many crazy, violent, funny ideas
+ The long introduction is interesting
+ As always, there is a message in a Nishimura’s movie
+ Not politically correct
+ The second part of the movie is going so fast, it’s almost exhausting!
+ A clone of Jackie Chan, ah, ah, ah!
+ « shinitai… » Badalamenti’s style!

– Sometimes it’s really ridiculous
– Not as deep, not as touching as the first movie: a little disappointing
– Because as I said: it’s closer to the style of HELLDRIVER
– Some old-fashion special effects are great, but CGI are not
– The action scenes are not really good
– Some crazy ideas have already been seen in the previous movies of Nishimura
– I really liked the movie but…
– … it’s not as good as the 1st MEATBALL, and not as good as HELLDRIVER

 

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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2 commentaires pour Kodoku: Meatball Machine, Nishimura Yoshihiro (2017)

  1. kiseiju69 dit :

    Salut !

    Excellente critique comme d’hab’ !!
    DVD loué avant hier soir et immédiatement regardé ! Difficile à le louer car il y a un seul exemplaire et il était déjà loué quand j’allais au vidéoclub cependant, avant hier, ce fut le miracle !!
    Je me suis bien fendu la poire en regardant cette suite ! Même si l’esprit du premier film n’est pas vraiment présent, je n’aurais jamais pensé passer un aussi bon moment !
    Comme tu l’as dis, on ne voit pas le temps passer ! La scène avec le sèche cheveux, j’étais mort de rire (une des images de ta critique) ! haha

    J’ai encore mis presque un temps interminable pour venir écrire sur ton blog. Vraiment désolé ! Avec les études du jap’ et le fait d’avoir trouvé un arubaito depuis le début de l’année, le temps passe à une vitesse vraiment hallucinante !! Je ne m’en rends pas compte. Je reporte toujours au lendemain, et finalement, des mois se sont écoulés !

    • Oli dit :

      Salut ! Bravo pour le baito ! Merci pour ta petite critique, ça fait toujours plaisir. J’espère avoir de tes nouvelles avant 2019 😉 As-tu vu la série HONTO NI ATTA KOWAI HANASHI diffusée samedi dernier ?
      A bientôt.

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