Korô no chi, Shiraishi Kazuya (2018)


KORÔ NO CHI, aka The Blood of Wolves
孤狼の血
Année : 2018
Genre : wolf gang
Production : Toei
Réalisation : Shiraishi Kazuya
Avec : Yakusho Kôji, Matsuzaka Tôri, Eguchi Yôsuke, Abe Junko, Maki Yôko, Ishibashi Renji, Ibuki Gorô, Inoue Hajime, Shimada Kyûsaku, Pierre Taki, Iwanaga Joey, Katsuya, Kuroishi Takahiro, Machida Marie, Nakamura Shidô, Megumi, Nakamura Tomoya, Shimazu Kentarô


À la fin des années 80, deux clans de yakuzas sont sur le point de se lancer dans une guerre sans merci, à Hiroshima. Ogami, un vieux flic implanté profondément dans le système mafieux, (un marubo) va tenter d’enrailler l’escalade de violences qui semble, pourtant, inévitable. Ses méthodes peu académiques, s’embarrassant peu des règles en vigueur, passeront très mal auprès de son jeune coéquipier, Hioka Shuichi.

Shiraishi Kazuya a fini par se faire un nom, se bâtir une réputation – solide. Technicien précis, conteur pressé, Shiraishi tourne beaucoup. Et nullement en rond, malgré des thèmes parfois assez proches. Noirs. Durs. Documentés et passionnants. L’histoire de KORÔ NO CHI, qui s’inspire des déboires de la police de Hiroshima face aux yakuzas dans les années 80, renvoie quelque peu à celle de l’excellent NIHON DE ICHIBAN WARUI YATSURA, sorti deux années plus tôt, et qui illustrait avec fougue (et une science aigüe de l’humour décalé) la vie d’un flic de Hokkaido, enquêtant/vivant/évoluant dans le monde des yakuzas. Un marubo, comme on dit dans le jargon.

Cette fois-ci, c’est l’épatant Yakusho Kôji qui campe ce flic coincé à la frontière entre deux mondes qui, parfois, se confondent. Crimes et légalité. Police et yakuzas. Faut-il mimer le mal, pour mieux l’appréhender ? Bafouer certaines règles, pour sauver une brebis égarée ? Les mauvaises langues diront que le schéma « bon flic/mauvais flic » sent le déjà-vu. C’est encore plus vrai, tout du moins si on ne s’attarde pas sur les détails, dans KORÔ NO CHI : le jeune sans expérience qui veut faire respecter la loi, et son supérieur bourru qui n’a peur de rien et qui flirte constamment avec l’illégalité. Mais là où KORÔ NO CHI fait la différence, c’est justement dans les détails en question. Le personnage campé par Yakusho Kôji, avec ses accès de violence, ses trafics en tous genres, ses « amouritiés », est-il vraiment un mauvais flic ? Chaque spectateur aura peut-être une réponse différente à apporter…

Dur et prenant, KORÔ NO CHI illustre une nouvelle fois tout le talent de Shiraishi Kazuya, désormais bien rôdé à l’exercice du film noir et policier, un brin désespéré. Hiroshima y est, de plus, bien mise en valeur – elle qui serait gangrénée par la mafia japonaise plus que toute autre ville de l’archipel. Le casting trois étoiles devrait finir de convaincre les plus sceptiques d’entre vous. Si KORÔ NO CHI manque en effet de folie, qu’il paraît parfois ronronner en mode automatique, il demeure passionnant et reste, à mon sens et au même titre que d’autres films de Shiraishi, une alternative solide aux films de yakuzas de Kitano Takeshi.

Ah, au fait. Vous, là-bas, qui vouliez vous donner des faux airs de yakuza… Contentez-vous des tatouages, et oubliez les perles dans le pénis. Un conseil d’ami… et de Shiraishi.

Oli :        
Yasuko :

Trailer :

___________________________________

Quick Review in English:

+ Yaskusho Kôji is awesome
+ Shiraishi Kazuya is a great director, his movie is technically magnificent
+ A lot more realistic than TWISTED JUSTICE (2016)
+ A real yakuza movie, with violence, spies, good cops, bad cops…
+ Hiroshima in the 80s
+ Deeper characters than you might think at first glance

– Not so original, of course: good young cop, rough older cop… yakuzas…
– Too conventional, maybe? Not enough surprising? Not for me

koro no chi pierre taki

 

 

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
Cet article, publié dans Polar / Film Noir, Yakuza, est tagué , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour Korô no chi, Shiraishi Kazuya (2018)

  1. Genki Jason dit :

    Yeah, Shiraishi really stepped his game up for this and Koji Yakusho puts in an astounding performance. Great support from the others/

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s