Hedorôba, Kobayashi Yûki (2017)


HEDORÔBA
ヘドローバ
Année : 2017
Genre : smartphone… not so smart
Production : Nishimura Motion Picture / Vice Media
Réalisation : Kobayashi Yûki
Avec : Hong Yuni, Ichinose Wataru, Kinomoto Minehiro, Shinagawa Hiroshi, Mochizuki Takuya, Sumikawa Ryûju, Itao Itsuji, Tatsu Noriko, Umemoto Jingi


Avec l’aide d’une grand-mère peu scrupuleuse, deux jeunes yakuzas de bas étage, meurtriers durant leur temps libre, ont mis sur pied une secte bidon afin de soutirer un max de biffetons aux esprits faibles et influençables peuplant les grandes barres d’immeubles où ils habitent.

J’avoue avoir du mal à comprendre le cheminement pris par la filmographie du jeune Kobayashi Yûki, un réalisateur débordant d’idées et d’envies. Sa fougue si imaginative avait été récompensée en 2016, puisque son film KOKÔ NO TOOBOE, réalisé avec un budget minuscule, des acteurs amateurs et des petits bouts de ficelles et de fils barbelés, se voyait attribuer le grand prix du festival de Yûbari. Imparfait mais rempli à ras bord d’idées à la fois folles, osées et scabreuses, KOKÔ NO TOOBOE a largement mérité cette distinction, qui propulsa Kobayashi Yûki sous les feux de la rampe – enfin pas vraiment, ou peut-être de la rampe de métro ? Je plaisante, mais Kobayashi n’est pas encore connu/reconnu au Japon, le grand public ne le connaît pas – et ne le connaîtra sans doute jamais, tant ces spectateurs ont des goûts de ch… euh… disons simplement discutables. Néanmoins, l’éclairage du festival de Yûbari sur la personne de Kobayashi Yûki a eu l’effet escompté : des studios se sont intéressé à lui, et la Nikkatsu n’a pas tardé à lui confier un projet, qui vit le jour fin 2017 sous le titre ZENNIN SHIKEI – toujours dans le genre bad boys/violence/yakuza de bas étage.

On pensait la carrière de Kobayashi bien lancée sur les rails confortables aménagés par les grands studios, quand à ma plus grande surprise, c’est sur d’autres rails (de coke, je crois) que j’ai vu le réalisateur revenir à la charge ! Eh oui, juste après la sortie de ZENNIN SHIKEI, le public japonais a eu droit à un autre film du réalisateur pressé : HEDORÔBA. Plutôt que d’aller crescendo, la carrière de l’intéressé paraît au contraire aller crashendo ! HEDORÔBA est en effet une série B à tendance Z très marquée, chapeautée par le pape de la pop-gore Nishimura Yoshihiro, ici à la production et aux effets spéciaux/maquillages. En général ça n’a rien pour me déplaire, mais il est vrai que j’attendais Kobayashi Yûki sur un autre genre de projet…

HEDORÔBA est donc un DVD qui verse dans la bisserie assumée, mélangeant le film de yankee/bad boys/yakuzas avec la farce gore et fantastique. En gros ça n’a ni queue ni tête, les acteurs sont à la peine, mais le spectateur bien rôdé à ce genre d’exercice pourrait fort bien trouver le spectacle divertissant : on sourit, parfois. On est surpris. Souvent. Techniquement enfin, Kobayashi Yûki a opté pour un tournage au… smartphone ! Attention néanmoins : le bonhomme n’était pas armé d’un seul téléphone, mais ils étaient plusieurs, bien équipés, pour filmer parfois sous de nombreux angles différents – la grosse scène de baston dans le bain public est assez bien fichue, d’ailleurs. Le reste du temps, ça pique un peu les yeux quand même…

Fausse secte sordide, meurtres crapuleux, jolies jeunes femmes et plans sexy totalement gratuits, blagues potaches, monstre grotesque, moments improbables tantôt surprenants, tantôt gênants… HEDORÔBA assume son statut de série B/Z qui cherche à faire rire tout en choquant… au mépris d’une certaine cohérence et d’un rythme mieux ficelé. En gros, on a déjà vu beaucoup mieux dans le genre… Pas de quoi se relever la nuit en somme, mais éventuellement s’affaisser dans son canapé un après-midi de pluie.

Oli :        
Yasuko : 

Trailer :

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Quick Review in English:

+ Kobayashi Yûki, the director, won the Grand Prix at Yubari Festival in 2016
+ Kobayashi has many ideas, he can do interesting things with low budgets
+ Nishimura Yoshihiro at the production/make-up/SFX…
+ Some interesting, surprising things, in this WTF movie: you may smile sometimes
+ It’s not a bad idea to mix several movie genres
+ The movie was shot with smartphones only

– The movie was shot with smartphones only
– I expected something else from Kobayashi, after his good yakuza/badguys movies
– Grotesque story, some actors who can’t play
– Sometimes, it wants to shock the audience with useless grotesque tricks (vomit, rape…)

 

 

 

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A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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