Kuru, Nakashima Tetsuya (2018)


KURU, aka It Comes
来る
Année : 2018
Genre : la (dé)fête des pères
Production : Toho
Réalisation : Nakashima Tetsuya
Avec : Tsumabuki Satoshi, Okada Junichi, Komatsu Nana, Kuroki Haru, Matsu Takako, Aoki Munetaka, Asaka Kentez, Ijûin Hikaru, Ninagawa Miho, Shibata Rie, Shida Aijyu, Taiga


Hideki est un jeune homme actif à qui tout réussit. Son mariage est un grand succès, et la naissance de sa fille le comble au-delà de toute espérance. C’est du moins ce qu’il explique quotidiennement sur son blog de « parfait papa ». La réalité est en fait un peu différente… et son épouse voit désormais la vie en noir. De drôles d’évènements vont alors survenir… et une force étrange va sembler jeter son dévolu sur l’appartement de Hideki.

IT COMES, IT, IT FOLLOWS, IT COMES AT NIGHT… C’est la grande foire à l’originalité récemment dans l’esprit des marketeux de cinéma d’horreur et d’épouvante. Du coup on va rester sur le titre japonais (KURU) du nouveau film de Nakashima Tetsuya – un réalisateur que je n’ai jamais vraiment apprécié. Malgré ses nombreux succès auprès du public et des critiques, j’ai presque toujours trouvé ses films artificiels, trop clinquants pour ne pas dire bling-bling. Usage répété de chansons célèbres pour renforcer le pathos, filtres visuels et autres photos saturées pour transporter… Même KOKUHAKU, pourtant encensé de partout, m’avait laissé aussi froid que la manière dont était consommée la vengeance dans le film. Eh bien avec KURU, une chose est sûre : le style de Nakashima Tetsuya n’a pas vraiment changé : toujours aussi maniéré. J’ai beaucoup de respect pour ce réalisateur, qui tente de faire les choses autrement, de sortir du carcan chloroformé du cinéma grand public japonais, mais j’ai toujours autant de mal à accrocher…

Pourtant KURU aurait dû me plaire. Surtout, le cinéma d’horreur japonais est souvent cantonné au format DTV, sur des étagères poussiéreuses de vidéoclubs qui résistent bon an, mal an aux chaînes en streaming. Ou alors il est pris par-dessus la jambe, par des techniciens qui se moquent un peu du genre, et des pontes qui imposent la présence d’idoles masculines et féminines à l’écran afin d’attirer un jeune public peu exigeant. Qu’un réalisateur japonais reconnu se lance dans l’aventure horrifique avec l’appui d’un grand studio et un vrai bon casting, c’est donc définitivement à saluer. Le film a, de plus, le mérite d’aller là où on ne l’attend pas forcément. Oui, on est parfois surpris. Entre quelques scènes choc qui surviennent soudainement, le jeu des chaises musicales cloutées pour décider qui est vraiment le personnage principal de l’intrigue, ces cicatrices salvatrices, le climax final qui va au bout du bout du concept (certains le jugeront grotesque ; moi non) et cette exorciste à la fois mystérieuse, froide, compétente et presque rock’n’roll (dont les racines acides semblent remonter au cinéma de Shiraishi Kôji), eh bien l’amateur de sensations fortes et décalées devrait être aux anges – du moins ponctuellement.

Ponctuellement, oui. Car la plupart du temps, le scénario de KURU progresse à la vitesse d’un gastéropode asthmatique. Que la première partie est lente… molle… Je comprends la nécessité d’une exposition détaillée des personnages, afin de semer le doute dans l’esprit des spectateurs – afin aussi de surprendre quand, tout à coup, l’effroi frappe à la porte du récit. Mais la multiplication desdits personnages empêche selon moi toute possibilité d’identification, et l’histoire de ce faux bon père de famille, qui préfère prendre son bébé en photo pour alimenter son blog plutôt que de le prendre directement dans ses bras, finit par devenir particulièrement lourde. Le film fait un peu plus de 2 heures. Je pense sincèrement qu’il serait mieux passé avec une bonne demi-heure en moins. Oui je sais. Les fans de Nakashima Tetsuya vont crier au crime de lèse-majesté et prétendre que je suis possédé par le démon de la critique amère et facile. Eh bien si c’est pour être exorcisé par Matsu Takako, allez-y : vous pouvez m’accuser de tous les maux !

Oli :        
Yasuko :

Trailer :

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Quick Review in English:

+ A famous director, a big budget, a good casting for a J-horror movie: yes!
+ Well directed by Nakashima Tetsuya
+ If you like Nakashima’s style, you’ll be delighted
+ The director is not afraid to go all the way down: the final climax is amazing
+ Some great scenes, and unexpected characters (Shiraishi Kôji’s style?)

– I’m not a big fan of Nakashima’s movies
– Famous songs to create an emotion
– I don’t really like Nakashima’s style: it looks artificial to me
– I like the ending, but some spectators may think it’s grotesque
– Too many characters, it’s hard to get attached to someone
– More than 2hours! It’s far too long… Little bit boring most of the time

 

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A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです https://echecetcinemat.wordpress.com/ Blog dédié aux jeux vidéo, en particulier rétro : Jeux vidéo et des bas https://jeux.dokokade.net/ 
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3 commentaires pour Kuru, Nakashima Tetsuya (2018)

  1. Genki Jason dit :

    Wow! You weren’t a fan of this one. I enjoy watching Nakashima’s works. I also met him after a screening of The World of Kanako. He was really friendly. I want to see this one.

    • Oli dit :

      Hello, it’s been a while! I saw you still write so many articles on your website, and it seems you know more than me about movies and festivals in Japan – I didn’t know much about the Nara festival for instance.^^
      If you like this director’s works, I’m pretty sure you’ll like that movie. I’m not a big fan, yes… But I have a lot of respect for his career.

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