Ai naki mori de sakebe, Sono Sion (2019)


AI NAKI MORI DE SAKEBE, aka The Forest of Love
愛なき森で叫べ
Année : 2019
Genre : histoire vraie-ment fausse
Production : Netflix
Réalisation : Sono Sion
Avec : Shîna Kippei, Mitsushima Shinnosuke, Hinami Kyoko, Kamataki Eri, Denden, Matobu Sei, Young Dais, Kawamura Natsuki, Nakaya Yuzuka, Hasegawa Dai, Nagashima Yuki, Yonemoto Takato, Cyborg Kaori, Tsukumo Hajime


Tandis que les crimes d’un tueur en série monopolisent la plupart des nouvelles télévisées, trois jeunes hommes tentent de se lancer dans la réalisation d’un film. Petit à petit, leur intérêt se portera sur Murata Joe, un baratineur né qui semble avoir jeté son dévolu sur la fragile Mitsuko. Et si Joe était le tueur en série qui défraie actuellement la chronique au Japon ? Pas si sûr, surtout qu’au contact de Joe, les trois garçons changeront rapidement d’avis : le bonhomme, passé maître dans l’art de contrôler les individus par le verbe, le charme et la douleur, va tenter de se mettre tout ce petit monde dans la poche. Et dans la bouche.

Netflix continue d’attirer les réalisateurs de renom, avec peu de résultats percutants selon moi pour l’instant. Sono Sion, en bon habitué du petit écran (plusieurs drama à son actif), n’en perd pas pour autant le nord et livre un vrai film de cinéma. Qui mord.

Avec THE FOREST OF LOVE (étrange titre anglais diamétralement opposé au Japonais), Sono Sion se réapproprie l’histoire vraie d’un fait divers qui défraya la chronique au Japon au début des années 2000. Une affaire tristement célèbre de contrôle mental de la part d’un esprit fort sur les faibles. Murata Joe en est le chef d’orchestre malintentionné, le triste sire au sourire carnassier et aux paroles tour à tour sucrées et… acides. Aux caresses parfois tendres, ou assassines.

Shîna Kippei campe avec maestria cet homme indéfinissable, cette ombre pleine de vie aux désirs insaisissables. Dur, drôle, violent, horrible, Shîna est tout simplement épatant et rend ce personnage peu recommandable presque… fascinant. Le film va ainsi assez loin, le réalisateur semblant ne rien vouloir épargner aux spectateurs et aux protagonistes de l’histoire écorchés – vifs ? Pourtant, la réalité a poussé le bouchon vicié de l’horreur encore plus en profondeur dans les chairs des victimes de cette affaire assez incroyable. Sono Sion a fait le choix de modifier de nombreux détails (jusque dans l’identité des morts et des survivants), et d’en ajouter d’autres (serial killer, film dans le film…) en trahissant légèrement la substantifique moelle de cette odyssée tragique, cette valse de pantins l’âme en berne, de corps démembrés dans la benne. De triste et horrible fait divers, THE FOREST OF LOVE s’est donc transformé en nouveau chapitre de la filmographie de Sono Sion – brûlot efficace sur l’hypocrisie, mais qui confortera les détracteurs du réalisateur bravache dans leurs réserves.

Amours pubères, glamour poubelle, suicides en série, plans surexposés, scènes surjouées… cris et hystéries amères, le tout auréolé d’un humour grinçant et de filles rondes et belles. Parfois de fausses ou de vraies tigresses qui coiffées d’un masque, tentent de se jouer de la société. Bienvenue dans le Sono Sion Cinematic Universe.

Oli :        
Yasuko :

Trailer :

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Quick Review in English:

+ If you like Sono Sion, you’ll be delighted
+ Many references to his previous works, sometimes even almost the same scenes
+ Inspired by a real and tragic murder/mind control case, that occured at Kitakyushu
+ Shîna Kippei is great, his character is horrifying and in the same time, fascinating
+ Some surprises
+ A critique of the so-called hypocrisy of Japanese society?

– Maybe too long… (151min)
– As often with Sono Sion, many screams, hysteria, too much music…
– As often with Sono Sion, teenage loves – and lies, suicides… AGAIN
– Sono Sion seems more interested in the hypocrisy rather than the real events
– Actually, he changed many, many things to write his own story. Why not?
– You may think the movie is going very far, but the real events were even worst!
– If you’re not a big fan of Sono Sion, you won’t like that movie very much
– COLDFISH, inspired by real murders too, was far better from my point of view

 

 

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam. Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです https://echecetcinemat.wordpress.com/ Blog dédié aux jeux vidéo, en particulier rétro : Jeux vidéo et des bas https://jeux.dokokade.net/ 
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2 commentaires pour Ai naki mori de sakebe, Sono Sion (2019)

  1. Feroner dit :

    Il me tente bien celui-la en tout cas plus que ses dernière adaptation de manga.
    Netfix a au moins un avantage ca rend les film asiatiques facilement téléchargeable en gros en France si tu veut voir une nouveautés Asiat avec des sous titres Francais il y a netflix ou les fansub.

    • Oli dit :

      Je suis pas un gros fan de Netflix (pas assez de vieux films à mon goût, je préfère Amazon Prime) mais cette année y’a eu de la qualité quand même : ce film (si on aime le réal), NAKED DIRECTOR, MINDHUNTER, THE IRISHMAN…

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