Sadako, Nakata Hideo (2019)


SADAKO
貞子
Année : 2019
Genre : un puits sans fond
Production : Kadokawa
Réalisation : Nakata Hideo
Avec : Himejima Himeka, Ikeda Elaiza, Kiriyama Ren, Shimizu Hiroya, Tomosaka Rie, Tsukamoto Takashi, Suwa Tarô


Une petite fille, qui a survécu à un terrible incendie, semble avoir presque tout oublié de son passé… et elle voit des choses étranges. Une jeune docteure qui souhaite l’aider à surmonter son traumatisme va aussi connaitre son lot de stress et d’étrangetés : son petit frère, Youtubeur professionnel, décide de se rendre dans l’appartement ravagé de la petite fille dans le seul but de faire de l’audience.

Le recyclage se poursuit : remake, spin-off, reboot, suites… Ces films tant aimés durant les années 80 et 90 continuent d’être trainés dans la boue. On pense souvent à Hollywood, dans ces cas-là, piloté par des pontes sans imagination et avec des dollars dans les yeux en lieu et place des étoiles – qu’ils ont pourtant vues eux aussi, durant leur jeunesse. Ils les ont simplement oubliées… Pour un extraordinaire MAD MAX: FURY ROAD, combien de renouveaux ratés ? STAR WARS, JURASSIC PARK, INDIANA JONES, DIE HARD, ROBOCOP, TERMINATOR, PREDATOR, GHOSTBUSTERS, ALIEN… Combien de catastrophes industrielles, de films empreints de misère intellectuelle ? Et je pourrais continuer la liste, longue comme le bras de Mister Fantastic. Eh bien le Japon n’est pas épargné par le phénomène. Pour s’en convaincre il suffit de se pencher sur le cas de deux icônes du cinéma d’horreur japonais : Kayako (du film JU-ON) et Sadako (RINGU). Les pauvres jeunes vieilles femmes au teint cadavérique ont été recyclées ad nauseam ces dernières années – que dis-je : ces dernières décennies ! Pour des résultats le plus souvent abominables, à tel point que je ne me déplace même plus au cinéma pour voir ça. Malgré tout, je dois avouer que le retour de Nakata Hideo pour un reboot de RINGU avait légèrement titillé mon intérêt. J’ai bien dit « légèrement », car le pauvre Nakata n’est plus que l’ombre de lui-même, et ce depuis de nombreuses années.

Et avec SADAKO, Nakata a confirmé mes craintes : le pauvre hère semble vidé, las, absent. Le spectre ne serait donc plus devant la caméra… mais calé confortablement derrière ! Si j’ai du mal à trouver les mots pour décrire un tel désastre, les maux eux, viennent plus facilement : SADAKO est un film extrêmement mauvais, il n’y a rien à sauver à part une petite scène assez efficace, au tout début sur un pont. Le reste n’est qu’un assemblage de situations à peine dignes d’un drama moyen – aussi bien en matière de réalisation que d’interprétation – les acteurs sont mal dirigés, peu crédibles dans leurs rôles respectifs et la petite fille est catastrophique, mais ce n’est pas de sa faute : les producteurs voulaient juste une gamine kawaii, c’est tout. Oubliez la force de Milly Shapiro dans HEREDITARY, de Heather O’Rourke avec POLTERGEIST ou de Sissy Spacek dans CARRIE. Ici on touche juste le fond – du puits. Le pire c’est que SADAKO n’est même pas drôle comme un nanar. C’est un navet, indigeste, qui ne fait jamais sourire par accident : le film est tout simplement long, inintéressant, jamais effrayant. Juste affligeant.

Nakata tente bien de remettre RINGU au goût du jour en ciblant Internet et en particulier ses Youtubeurs. On sent bien qu’il les critique, timidement – ces hommes et ces femmes-sandwichs prêts à tout pour quelques milliers de vues supplémentaires. Mais il ne va pas au bout de sa charge puisqu’il en fait, finalement, de pauvres victimes du système. Que l’on devrait plaindre ? Pour ma part, j’aurais aimé que Nakata enfonce le clou – dans le cercueil de ces influenceurs prostitués du web qui représentent, à mon sens, un cancer intellectuel et con-sommateur bien plus pernicieux que celui diffusé/vomi par la télévision. Mais peut-être que Nakata préfère ménager ces nouvelles professions parce qu’il vit dans la crainte de devoir, un jour, embrasser une carrière similaire ? En effet, je le vois mal continuer à faire des films de cinéma de ce calibre-là. Alors entre un petit boulot dans un konbini, la réalisation de drama soporifiques pour la télé, et un poste d’influenceur à plein de temps, Nakata a peut-être déjà choisi son camp…

Oli :

Trailer :

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Quick Review in English:

+ A few scenes are efficient – a very few scenes, like one of the first ones, on the bridge

– It’s not bad and funny. It’s bad AND boring
– This movie is a disaster

 

 

 

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam. Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです https://echecetcinemat.wordpress.com/ Blog dédié aux jeux vidéo, en particulier rétro : Jeux vidéo et des bas https://jeux.dokokade.net/ 
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