Guinea Pig: akuma no jikken, Ogura Satoru (1985)


GUINEA PIG: AKUMA NO JIKKEN, aka Guinea Pig: Devil’s Experiment
ギニーピッグ 悪魔の実験
Année : 1985
Genre : une fille et trois salò
Production : Sai Enterprise
Réalisation : Ogura Satoru
Avec : ?


Une jeune fille parfois attachée à une chaise, dans une cave – ou une cabane ? Parfois suspendue dans un filet. Comme un sac. Fendu. Trois hommes vont la torturer, petit à petit. La maintenir en vie. Pour prolonger le supplice. Multiplier les sévices.

[La cassette vidéo contenant ces scènes innommables a été retrouvée et les autorités ont commencé à enquêter. Mais toujours aucune trace de la jeune femme ni de ses tortionnaires.]

La série des GUINEA PIG fait quelque peu partie de la légende du cinéma violent, réaliste et repoussant toutes les limites. À tort ou à raison ? Je vous laisse seul juge… Le premier épisode est de loin le plus dérangeant : pas d’histoire, ni d’introduction des personnages – contrairement aux épisodes qui suivront. Juste une fille attachée sur laquelle vont se déchaîner trois tortionnaires durant une quarantaine de minutes. La mise en scène est minimaliste, l’éclairage quelconque… En fait, tout semble avoir été réalisé pour faire croire à un snuff movie. Et c’est plutôt réussi si on se replace dans le contexte de l’époque : j’imagine fort bien la cassette vidéo s’échanger sous le manteau et les rumeurs les plus abracadabrantesques se répandre comme une trainée de poudre – de la même matière que celle qu’ont dû consommer les initiateurs d’un tel projet ! Il parait que la police serait même allée jusqu’à ouvrir une enquête pour s’assurer que personne n’avait été blessé ou… tué !

Ce premier GUINEA PIG façon snuff movie est par conséquent l’un des plus durs à visionner – pas d’histoire, juste des tortures que le spectateur doit encaisser, une par une. La plupart sont très réalistes et particulièrement malsaines. J’avoue avoir eu du mal à me passionner pour un tel déballage macabre, et à en saisir l’intérêt. Pourtant certains effets spéciaux (maquillages, etc.) sont vraiment bien fichus, et c’est à saluer. De la même manière, on peut dire que le réalisateur et le producteur ont réussi leur coup : dégoûter les gens, pousser le public dans ses derniers retranchements. Au point de donner l’impression au spectateur que c’est lui, qui est en réalité assis sur la chaise du supplicié ? Un concept tiré par les cheveux (au sens propre pour la jeune femme), mais qui pourrait marcher… Un semblant de suspense est également présent : avant chaque chapitre, le type de la prochaine torture est annoncé via un panneau, sans trop entrer dans les détails. On se dit alors « non, pas possible, encore ! »… « mais comment la fille va tenir, que vont-ils lui faire exactement ?!? ». Devient-on alors complice des supplices, simplement parce que l’on souhaite « savoir » ? Un peu à la manière du final de l’incroyable MARTYRS…

Mais ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. GUINEA PIG premier du nom n’a rien d’un bon film. On est à des années lumières de MARTYRS ou des 120 JOURNÉES DE SODOME. Les quarante minutes sont longues, parfois éprouvantes certes et c’est voulu, mais aussi un peu ratées (il arrive que la fille crie bizarrement) ou tout simplement grotesques (quand on balance de la bidoche, des tripes, des asticots…). Malgré tout, GUINEA PIG reste une œuvre à part, dont on se souviendra – pour de bonnes ou de mauvaises raisons, peu importe. Son concept existe, le mystère demeure (l’identité de l’actrice n’ayant jamais été découverte), ses effets spéciaux sont intéressants, et sa violence « décontextualisée » interroge. Après avoir visionné cet étrange jeu de massacre, on en vient à se demander qui, de la jeune femme ou du spectateur, est vraiment le cobaye de cette triste affaire… Et c’est peut-être là la plus grande réussite de cette vidéo.

Oli :        
Yasuko :

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Quick Review in English:

+ It’s disturbing, back in 1985, it was a shock, I guess, almost like a snuff movie
+ Very good makeup, some very good special effects (the eye: 0_o )
+ Violence without any context, it’s even more brutal
+ At the end I asked myself: is the spectator the real guinea pig in this film?
+ Cheap and dirty photography, but it makes everything look real – a little bit

– No story, no scenario, don’t look for something like Martyrs or Salò
– Not a real movie, it’s more like an experiment…
– Some spectators may not be able to watch this
– Sometimes it’s ridiculous (the worms, for instance)
– The screams of the young woman are weird sometimes
– 40 minutes… That’s long…

 

 

 

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam. Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです https://echecetcinemat.wordpress.com/ Blog dédié aux jeux vidéo, en particulier rétro : Jeux vidéo et des bas https://jeux.dokokade.net/ 
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