Shura, Matsumoto Toshio (1971)


SHURA, aka Demons, aka Pandemonium
修羅
Année : 1971
Genre : (men)songes
Production : Art Theatre Guild / Matsumoto Production
Réalisation : Matsumoto Toshio
Avec : Nakamura Katsuo, Kara Juro, Sanjo Yasuko, Imafuku Masao, Matsumoto Kappei, Tamura Tamotsu, Kanze Hideo, Amano Shinji, Yamaya Hatsuo, Minami Yusuke, Ebata Takashi, Kawaguchi Atsuko


Gengobei est un ronin sans le sou, qui en plus d’avoir perdu son clan, a revendu tous ses biens pour passer et perdre son temps avec du saké chaud et une geisha aux charmes ravageurs. Mais la réalité n’est peut-être pas si simple… et le vieux servant de Gengobei, tout d’abord accablé de voir son maître se complaire ainsi dans la fange et abandonner toute idée de vengeance dans un dernier raid pour laver l’honneur des siens, pourrait bien rapidement retrouver un semblant d’espoir : l’argent qu’il vient de dénicher pour Gengobei devrait définitivement remettre ce dernier sur pied. À moins que…

Vrai-faux film de sabre aux joutes rares mais ô combien cruelles, SHURA conte avant tout l’histoire de la vengeance avortée d’un clan en raison de la défaillance de l’un des siens, devenu ronin désabusé. Aveuglé par l’amour. Manipulé par la mort. Des bribes fantasmées de l’horreur qu’il va propager lui apparaitront en rêve, très tôt dans le récit. Croira-t-il en ce semblant de destin, dont les murs qui semblent le retenir prisonnier aspectent les enfers ?

SHURA est un film extraordinaire du trop rare Matsumoto Toshio, l’un des fers de lance de la nouvelle vague japonaise portée par l’Art Theatre Guide, et influencée par quelques grands Européens tels que Godard et Truffaut. En matière d’expérimentation, Matsumoto va moins loin que dans son précédent long métrage BARA NO SÔRETSU – SHURA pourrait presque passer pour un simple drame en costumes… s’il n’était pas régulièrement marqué du sceau du talent de Matsumoto, qui livre ici un travail d’une précision chirurgicale, aux plans extraordinaires et aux contrastes saisissants. Quelques scènes de champ-contrechamp malmenées par un travelling léger sur des acteurs face caméra, renvoient même SHURA sur les planches dont il est originaire : un côté théâtral qui va comme un gant à la démesure du récit, à la rage et à la folie de l’acteur principal, magistral, presque habité par son rôle… comme torturé quelque part à l’intérieur, entre du saké chaud et un cœur froid. Est-il davantage consumé par l’amour, ou dévoré par une fierté démesurée ?

Mais en plus de se jouer de l’espace, SHURA s’amuse aussi du temps qui passe, avec des scènes qui se répètent, se corrigent… qui s’interprètent et s’anticipent pour mieux, parfois, piéger le spectateur. À ce petit jeu des 7 erreurs macabres, le public risque bien, l’œil hagard, de finir aussi horrifié que le regard de l’actrice Sanjo Yasuko, elle aussi en état de grâce.

Avec son ronin tiraillé entre le mariage et l’honneur, prisonnier des planches infernales d’un théâtre qui s’appelle la vie, SHURA propose une odyssée puissante et dérangeante, peut-être un peu longue, mais qui ne peut laisser indifférent.

Oli :        
Yasuko :

Les deux premières minutes du film :

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Quick Review in English:

+ Such a great movie… Deep, cruel, surprising and mesmerizing
+ The main actor and the main actress are fabulous
+ Love, pride, honor… weaknesses and lies…
+ Matsumoto and ATG make, once again, an original movie
+ Technically speaking it’s great, with some very original scenes
+ For instance those shot reverse shot… with a tracking shot!
+ It looks like a play, sometimes: at first, SHURA was a play
+ « What if… ? » : some scenes may surprise you!

– Maybe the movie is too long?

 

 

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A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam. Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです https://echecetcinemat.wordpress.com/ Blog dédié aux jeux vidéo, en particulier rétro : Jeux vidéo et des bas https://jeux.dokokade.net/ 
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