Godzilla tai Hedorah, Banno Yoshimitsu (1971)


GODZILLA TAI HEDORA, aka Godzilla VS. Hedorah, aka Godzilla vs. the Smog Monster
ゴジラ対ヘドラ
Année : 1971
Genre : chaos de boue
Production : Toho
Réalisation : Banno Yoshimitsu
Avec : Yamauchi Akira, Kimura Toshie, Kawase Hiroyuki, Shiba Toshio, Mari Keiko, Satsuma Kenpachirô, Yoshida Yoshio, Suzuki Haruo, Katsube Yoshio, Okabe Susumu, Watanabe Kentarô, Ômae Wataru, Nakajima Haruo, Satsuma Kenpachirô


La Terre croule sous les immondices, une pollution galopante. De ces amas infernaux produits par les humains, surgira Hedorah. Un monstre difforme, qui semble grandir, grandir… À la manière des déchets qui polluent la planète, l’appétit de Hedorah n’a peut-être pas de fin ? De nombreuses personnes périront dans d’affreuses souffrances : gaz toxiques et dévastateurs, maladies, peau tuméfiée… Heureusement, Godzilla veille.

Alors que la série GODZILLA de l’ère Shôwa s’enlise lentement mais sûrement dans une facilité, voire une médiocrité routinières, GODZILLA VS. HEDORAH vient apporter du sang frais à tout ça, de l’originalité à l’univers des kaijû… des sourires aux spectateurs. Et c’est le plus important, après tout.

Le film commence de manière fort agréable avec un générique bien troussé, aux accents très « Bondiens ». Le climax d’intro qui suit fonctionne également, avec cette ambiance de « film d’horreur » (notez les guillemets) plutôt bien pensée. Cette atmosphère poisseuse, dérangeante, est même parfaitement assumée par la suite, avec par exemple cette scène de panique dans une discothèque, aux accents psychédéliques, qui rappellerait presque les meilleurs moments de THE BLOB (celui de 1958, évidemment). Hedorah, ce monstre purulent issu des remugles enfantés par les Hommes, image déformée de notre inhumanité, laissera à plusieurs reprises des cadavres pulvérulents derrière lui : moments saisissants lorsque ces pauvres hères tentent de fuir, et se font rattraper par les nuages toxiques de Hedorah. Ils finiront rongés vivants. Oui, THE BLOB est définitivement passé par là !

Les bonnes surprises continuent, puisque c’est presque tout le film qui est de cet acabit : l’ambiance est prenante, assez lourde pour un film GODZILLA de cette époque. Les brouillards, le ciel bas, les déchets et autres immondices qui s’amoncèlent partout… Oui, ça change des îles paradisiaques et des jeunes filles en pagne des précédents films de la saga ! Le réalisateur, plutôt (in)connu pour avoir été assistant-réalisateur, osera même des choses assez intéressantes : un passage du noir et blanc à la couleur qui fait sens, ces jeunes fougueux qui dansent et les anciens qui les observent, le train cadavérique, en silence, quelques séquences animées du plus bel effet… et Hedorah, ce monstre enfanté dans la douleur… comme un lointain cousin, aux yeux rouges injectés de sang. Frissons garantis pour les fans de kaijû eiga !

GODZILLA VS. HEDORAH avait tout pour être le kaijû eiga rêvé, capable de donner un coup de fouet à la franchise de l’ère Shôwa… Hélas son final obligera ce géant aux pieds d’argile et de boue à mettre un genou à terre. Le combat entre Godzilla (incarné pour la première fois par Satsuma Kenpachirô) et Hedorah semble bien fonctionner dans un premier temps, avec un vrai suspense. On en vient même à se demander comment Godzilla pourra venir à bout de cette déchetterie géante – et mouvante ! Mais quelques ellipses laissent un arrière-goût de « je-m’en-foutisme » à tout ça. Pire, et tristement inoubliable : cet instant gênant où Godzilla parvient à s’envoler… Oui, oui, dans les airs, à la seule force de son crachat stellaire ! Presque 50 ans avant Leia dans STAR WARS, c’était déjà navrant…

Hormis quelques vraies fausses notes, GODZILLA VS. HEDORAH est un kaijû eiga qui fait du bien. Réussi à la fois sur la forme et sur le fond, le film de Banno Yoshimitsu peut aussi se targuer de mettre en scène un antagoniste impressionnant et qui fait réfléchir. Un film d’autant plus agréable qu’il fut injustement condamné par les pontes de la Toho et qu’il a fini par se retrouver isolé entre plusieurs longs métrages de l’ère Shôwa à la qualité très discutable…

Oli :

Trailer :

Images : lovingmovies

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Quick Review in English:

+ By far, the best movie of the last part of the Shôwa period
+ I love Hedorah. His eyes. His attacks. The fact that he’s… the son of men?
+ Yes, he is born from our own pollution
+ Almost a horror movie feeling, some scenes are great, and dark
+ Darker than most of the other GODZILLA movies of the Shôwa period
+ Many people will die, almost devoured alive, like in THE BLOB (1958)
+ The director took some risks: the cartoon scenes (they are good), black&white…
+ The musical introduction reminds me of James Bond!
+ A psychedelic touch
+ Dark atmosphere, good sets, fog… and pollution of course

– When Godzilla starts to fly: OH MY GOD. It’s unforgiven!
– During the big fight, sometimes it’s hard to guess how Godzilla gets out of the mess…
– It’s been said that Toho executives did not like this movie – they were dumb

 

 

 

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam. Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです https://echecetcinemat.wordpress.com/ Blog dédié aux jeux vidéo, en particulier rétro : Jeux vidéo et des bas https://jeux.dokokade.net/ 
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Un commentaire pour Godzilla tai Hedorah, Banno Yoshimitsu (1971)

  1. Rick dit :

    Rah tu m’as clairement donné envie de le revoir celui-là ! Rien que de revoir certaines captures, tout comme la tronche d’Hedora, ça fait envie. Et ce générique dans le ton de son époque ^^

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