Under Your Bed, Asato Mari (2019)


UNDER YOUR BED
アンダー・ユア・ベッド
Année : 2019
Genre : ouf, c’était pas un futon
Production : Kadokawa / Thefool
Réalisation : Asato Mari
Avec : Kôra Kengo, Nishikawa Kanako, Mikawa Yûgo, Miyake Ryôsuke, Abe Kenichi


Mitsui a l’impression d’être un peu comme ces insectes, que l’on aperçoit sans vraiment les voir. Que l’on oublie, quelque part. Personne ne semble prêter attention à lui. Personne ne semble prendre le temps de lui adresser la parole. À part Chihiro. C’est sur les bancs de l’université, qu’un jour, Chihiro susurrera son nom : « Mitsui… Mitsui… ». Un café échangé plus tard, et Mitsui finira par être obnubilé par la jeune femme. Au point de ne jamais l’oublier… pas même plus de dix années après. Il se décide donc à la retrouver. Puis à l’épier. Puis à s’en rapprocher, chaque jour un peu plus, sans que celle-ci ne s’aperçoive de rien. Chihiro, désormais mariée et mère d’un bébé, semble vivre un enfer avec son époux…

Asato Mari est une réalisatrice qui a connu une trajectoire intéressante. Cantonnée au départ dans le domaine horrifique (par choix, dépit ou obligation ?), elle s’est presque toujours démenée pour livrer des films de qualité – malgré la petitesse des budgets et l’étroitesse d’esprit de certains scénaristes et producteurs. Certes, il y a bien eu quelques sorties de route, mais avec des sujets tels que des jeux de drague sur smartphone qui tuent, qui aurait eu la prétention de faire mieux ?

Avec UNDER YOUR BED, Asato Mari livre sans doute son meilleur film à ce jour – elle en a même signé le scénario, d’après une histoire de Ôishi Kei (AMAI MUCHI, APARTMENT 1303…). Le sujet, à la fois original et extrêmement scabreux, n’est pas facile. Asato Mari fait donc le choix de la difficulté, en faisant d’un personnage de pervers carrément dérangé un homme… presque attachant. Un garçon obnubilé par une femme avec laquelle il a autrefois bu un café. Traumatisé par ses expériences passées – à tel point qu’à force d’être oublié de tous, il aura l’impression d’être presque invisible aux yeux de la société. Caché derrière un rideau. Sous un lit. Excité par une odeur, un semblant de regard. Torturé quelque part à l’intérieur – sans doute près du cœur. Et il y a cette jeune femme, battue. Humiliée. Traumatisée. Coincée à son insu entre la peste et le choléra ? Entre Charybde, le pervers timide, et Scylla, le mari violent, la belle n’est pas au bout de sa douloureuse odyssée…

UNDER YOUR BED est un film très dur, extrêmement cru. Il abuse aussi parfois de certaines facilités en enfonçant le clou plutôt deux fois qu’une, comme pour s’assurer que le spectateur a bien compris. Qu’il a bien encaissé la marque au fer rouge que provoquent certaines scènes du film. Ce gout amer dans la bouche… Cette plaie béante au niveau de la hanche…

Acteurs épatants parfois si touchants, scénario osé et scènes tour à tour fines, originales et brutales, UNDER YOUR BED propose une histoire qui ne peut laisser indifférent – à moins que vous ne soyez anesthésié très tôt par le parti pris un peu trop démonstratif du récit.

Oli :        
Yasuko :

Trailer :

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Quick Review in English:

+ I like Asato Mari, the director. She struggled a lot, with B-movie, cheap horror movies…
+ But she always did her best. Under Your Bed is her best movie so far
+ Original story. And brutal. And shocking.
+ Very interesting characters, especially the young man: pervert, stalker… shy… alone
+ The two main actors/actresses are great

– Is the film too demonstrative?
– Did the husband character have to go so far?
– An imperfect movie… and that’s what I like about it too, it’s not like a Hollywood film

 

 

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A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam. Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです https://echecetcinemat.wordpress.com/ Blog dédié aux jeux vidéo, en particulier rétro : Jeux vidéo et des bas https://jeux.dokokade.net/ 
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5 commentaires pour Under Your Bed, Asato Mari (2019)

  1. Onigiri Joe dit :

    Pour pas changer je n’ai pas vu le film. Par contre Kei Ooishi j’ai deja lu ses adaptations de JuOn. C’est plutot naze comme style (enfin de ce que je peux en juger) mais comme c’est facile a lire ca fait des exercices pour apprendre le japonais.
    Je trouve quand meme que le bonhomme a un gros probleme avec les femmes (on dit sexiste je crois?); il a reussi a ajouter des scenes de viol dans JuOn quand meme.
    J’ai voulu tente un bouquin original de lui, et c’etait Under Your Bed; ben c’est la meme chose: style pauvre et viols. La conclusion m’avait parue particulierement cretine.
    Attention hein, c’est pas comme si il denoncait les violences envers les femmes; pour lui, c’est plutot de l’ordre du fantasmes. Dans son univers, une femme doit se fait abuser/violer
    Je suis epate de voir que non seulement quelqu’un a pense a en tirer un film, mais qu’en plus ca a l’air bon….
    Il faudra peut-etre que je relise le bouquin pour verifier tiens :-/

    et une Bonne Annee!

    • Oli dit :

      Bonne année à toi ! Merci pour ton éclairage. J’ai bien aimé le film, malgré, comme je l’ai dit, un parti pris trop démonstratif (ça va trop loin, pour rien). Du même auteur, je ne sais pas si tu as lu ma chronique de AMAI MUCHI, mais j’avais trouvé le propos assez nauséabond en fait.

  2. Rick dit :

    Enfin vu, profité d’un weekend de trois jours pour rattraper un peu mon retard. Beaucoup aimé. Pas parfait, quelques facilités et quelques moments plus gratuits en effet, notamment durant la dernière demi-heure, mais de très bons acteurs et des moments plus doux (souvent silencieux d’ailleurs) que j’ai trouvé très joli. Ça fait plaisir de voir Asato Mari sortir un peu du genre dans lequel elle a oeuvré durant malgré tout plus de 10 ans.

    • Oli dit :

      On pense à peu près la même chose alors. Comme souvent !

      • Rick dit :

        Là même à 100% d’accord, je viens de terminer ma review en rentrant du taf, je lui met un 15/20 ! Je suis curieux maintenant des autres adaptations de l’auteur, même si j’ai lu ta critique d’un autre film, et c’est bien moins glorieux apparemment.

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