Noroi no yakata: Chi wo sû me, Yamamoto Michio (1971)


NOROI NO YAKATA: CHI WO SÛ ME, aka Lake of Dracula, aka Dracula’s Lust for Blood, aka Le lac de Dracula
呪いの館 血を吸う眼
Année : 1971
Genre : une dent contre le vampire
Production : Toho
Réalisation : Yamamoto Michio
Avec : Fujita Midori, Takahashi Chôei, Emi Sanae, Kishida Shin, Futami Tadao, Katsuragi Mika, Kawaguchi Setsuko, Matsushita Tatsuo, Ogawa Yasuzô, Suzuki Haruo, Tachibana Fusako, Ôtaki Hideji, Takashina Kaku, Yamazoe Michiyo, Ômae Wataru


Akiko est une jeune et jolie jeune femme qui vit avec sa sœur dans une grande maison, près d’un lac. Son ami, Takashi, est aussi docteur – il va bientôt recevoir des cadavres vidés de leur sang, avec deux étranges trous pratiqués dans la peau… Est-ce que cela pourrait avoir un lien avec le cercueil récemment livré dans une bâtisse non loin du lac ? Le cauchemar d’Akiko, qui se souvient sans cesse d’un œil malin l’observant alors qu’elle avait 5 ans… pourrait-il avoir un sens caché ?

La Toho voulait son Dracula. Son nœud coulant amoureusement disposé autour du cou des spectateurs avides de vampires et d’histoires morbides. Elle a donc décidé de lancer trois films sur le triste sire du cinéma d’horreur aux longues dents, avec un seul réalisateur aux manettes. Si le premier titre de la « trilogie gothique » s’éloigne du mythe du vampire avec classe, finesse et intelligence, les deux longs métrages qui suivirent ont pris moins de gants, et ont traité le genre frontalement – avec plus ou moins de réussite.

Réalisé avec sérieux, doté de décors et d’une ambiance extrêmement soignés et rappelant la Hammer, CHI WO SÛ ME semblait avoir toutes les cartes en main pour faire au moins aussi bien que le film précédent. Hélas, il doit faire face à un problème de taille : son vampire, qui d’ailleurs ne s’appelle pas Dracula dans la version japonaise, n’est pas vraiment mémorable. On n’en voudra pas nécessairement à l’acteur Kishida Shin, qui est un peu entré dans la légende du genre au Japon grâce à ce rôle avant de mourir trop jeune… Certes il surjoue jusqu’à en devenir irritant, avec des cris et des mimiques qui seraient impardonnables dans un film moderne – mais il ne fait que s’exécuter, la demande devant venir du réalisateur ou des producteurs… Je l’imagine mal improviser tout ça sur le plateau. CHI WO SÛ ME en devient-il un nanar voire un navet ? Eh bien non, et c’est paradoxal dans un film de vampire, mais ce raté dans l’incarnation du grand méchant n’est pas rédhibitoire pour autant.

Oui, le film a heureusement d’autres qualités. La photo est magnifique et elle sublime ces décors de studio à l’ancienne, quand les scènes d’extérieur sont parfois intelligemment retouchées pour épouser un sentiment d’irréalité – superbe introduction au bord d’une mer écrasée par un ciel rouge, presque menaçant. Plusieurs autres scènes sont également très belles, voire surprenantes – pour ne pas dire choquantes : la chute d’une jeune femme qui finit comme un triste pantin désarticulé (Nakata Hideo et bien d’autres reprendront cette idée morbide de mise en scène).

Un spectateur indulgent et avide de films d’horreur à l’ancienne devrait donc finir charmé par la malédiction contée dans CHI WO SÛ ME, et ce malgré certains défauts qui risquent d’être rédhibitoires pour le grand public.

Oli :

Trailer des trois films (ici il s’agit du second) :

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Quick Review in English:

+ Same team as the first movie: it’s a quality
+ Photography, sets… it’s beautiful, great atmosphere
+ Some very good ideas (the nightmare, the fall of the corpse…)
+ Pretty and convincing young actresses

– The Vampire is overreacting, sometimes it’s really awful
– Not as good as the first movie

 

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam. Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです https://echecetcinemat.wordpress.com/ Blog dédié aux jeux vidéo, en particulier rétro : Jeux vidéo et des bas https://jeux.dokokade.net/ 
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3 commentaires pour Noroi no yakata: Chi wo sû me, Yamamoto Michio (1971)

  1. princecranoir dit :

    Il me semble succulent ce Draculake en Hammerlike japonisant ! On retrouve cette manie malicieuse qu’ont les spectres d’apparaître dans le dos des personnages, et ça fait toujours son petit effet. Je suis preneur !

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