Kaiji: Final Game, Satô Tôya (2020)


KAIJI: FINAL GAME
カイジ ファイナルゲーム
Année : 2020
Genre : jeux d’argent
Production : Toho / NTV / Kodansha
Réalisation : Satô Tôya
Avec : Fujiwara Tatsuya, Sekimizu Nagisa, Ibu Masatô, Mackenyu, Fukushi Sota, Yoshida Kôtarô, Yamazaki Ikusaburo, Namase Katsuhisa, Matsuo Suzuki, Amami Yûki, Seto Toshiki, Shinoda Mariko, Kaneda Akio, Maeda Gôki


Le Japon est aux portes d’un désastre économique sans précédent : tandis que l’inflation galopante fait monter les prix (une bière coûte 1000 yens !), les plus bas salaires semblent suivre la courbe inverse… mais les plus riches s’enrichissent encore et toujours en profitant du système. Certains esprits malintentionnés pourraient même être tentés d’aller plus loin : en contrôlant le cabinet du 1er ministre, les changements à venir pourraient être encore plus brutaux pour les Japonais… Kaiji, quant à lui, végète à sa manière, de petit boulot en petit boulot. Celui qui semble vivre comme un éternel perdant, mais qui n’est paradoxalement jamais aussi fort, ingénieux et intelligent que lorsqu’il est au pied du mur, semble avoir tapé dans l’œil d’un vieil homme… qui pourrait bien avoir besoin des ses capacités de joueur hors du commun. Mais dans quel but ? En toute simplicité : sauver le Japon !

J’ignore pour quelle étrange raison il a fallu attendre neuf longues années pour voir une suite aux deux premiers films KAIJI. Il ne s’agissait aucunement de « grand cinéma », mais de vrais bons divertissements façon manga-live – avec tout ce que cela comporte d’exagération, de surréalisme et d’approximation. Les films en question m’avaient vraiment amusé à l’époque : j’avais poussé le vice à les voir en salles. Je les ai d’ailleurs revus il y a quelques jours, avant de me lancer dans le FINAL GAME – eh bien KAIJI 1 et KAIJI 2 fonctionnent toujours autant, je trouve – si vous gardez bien à l’esprit les remarques ci-dessus. Et c’est là que revient cette question légitime : pourquoi avoir attendu neuf longues années pour clôturer la trilogie ? À cette partie de poker menteur, je n’ai hélas aucune réponse à mettre en avant. Juste un constat, cartes sur table : attendre aussi longtemps pour livrer un travail inférieur aux précédents, c’est ballot.

Ce FINAL GAME partait pourtant sous les meilleurs auspices puisque si son scénario n’était pas basé sur les mangas, contrairement aux deux premiers films, il était néanmoins signé de la main du mangaka Fukumoto Nobuyuki : qui mieux que le maître en personne pour imaginer une aventure originale de Kaiji sur grand écran ? Coup de bluff ou d’esbroufe, le résultat n’est hélas pas à la hauteur de mes attentes : c’est toute la série qui ici, s’essouffle.

Si le célèbre scénariste a l’heureuse idée de faire revenir (même brièvement) certains seconds couteaux des épisodes précédents, il faut bien avouer que tous les nouveaux protagonistes de ce troisième film (la Lucky Girl, le majordome incarné par le fils de Sonny Chiba…) manquent d’épaisseur, de charisme, de folie… de grandeur. Et si l’aventure est une nouvelle fois assez longue (un peu plus de deux heures), cette fois-ci ça se ressent : certains jeux sont sympas, voire virevoltants (la première course de la Tour de Babel, le pendu, le Gold Janken), mais la partie de Saigo no Shinpan (la balance) qui doit nous tenir en haleine durant les ¾ de l’intrigue, le jeu supposé être suffisamment solide pour faire office de fil rouge insubmersible, se révèle hélas trop bavard… et ennuyeux au possible !

Maillon très faible de la trilogie KAIJI au ciné, FINAL GAME se laisse voir malgré tout – si et seulement si vous êtes fan des précédents films. Fujiwara Tatsuya cabotine outrageusement mais on l’aime aussi pour ça dans un manga-live (raaaah quand il boit sa bière ahahah !), quelques cameos sont sympas et l’intrigue, qui décrit un futur proche particulièrement crédible avec une inflation gloutonne voire peut-être même un changement plus radical condamnant encore et toujours les plus pauvres, fait froid dans le dos. Est-ce suffisant pour qu’un spectateur lambda passe un bon moment ? J’en doute. Avec KAIJI: FINAL GAME, les jeux sont faits. Mais rien ne va plus.

Oli :        
Yasuko :

Trailer :

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Quick Review in English:

+ I really like the first 2 movies, even saw them in theaters
+ It was not great cinema, but entertaining manga-live movies…
+ … with a good casting!
+ This time, the casting is not as good as before but there are funny cameos
+ Fujiwara Tatsuya exaggerates so much, but as Kaiji, a manga character, it’s fun!
+ Aaaah! When Kaiji drinks his beer!!!!
+ One or two interesting games (Dream Jump, Gold Janken…)
+ The financial crisis in the movie is, somehow, credible
+ If you’re a huge fan of the previous movies, you may like this one a little bit
+ The mangaka wrote the scenario. It’s original, not from a manga

– So strange; the mangaka wrote this, but it’s not really that good…
– It doesn’t work as well as the first 2 movies
– Sometimes it’s boring, too long, not very interesting
– All the new characters are bland
– The main game of the story (Saigo no Shinpan) is not good at all…

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam. Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです https://echecetcinemat.wordpress.com/ Blog dédié aux jeux vidéo, en particulier rétro : Jeux vidéo et des bas https://jeux.dokokade.net/ 
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2 commentaires pour Kaiji: Final Game, Satô Tôya (2020)

  1. princecranoir dit :

    Sympa la formule de conclusion 😉
    Là c’est au-delà démon champ de compétence. Je ne connais rien de cette trilogie, je prends note néanmoins de cette satire anticapitaliste lointaine ment affiliée au cinéma de Wakamatsu et autres anars militants.

  2. Rick dit :

    Rah, quel dommage, quand tu m’as appris l’existence de cette suite dont j’ignorais l’existence, j’étais tout content, aimant beaucoup comme toi les deux premiers. Mais là, déception donc. Je le verrais malgré tout, car je tente de toujours terminer les sagas que je commence, mais bon, ce n’est plus trop une priorité…

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