Ju-on: Noroi no ie, Miyake Shô (2020)


JU-ON: NOROI NO IE, aka Ju-on: Origins
呪怨:呪いの家
Année : 2020
Genre : règlement de contes
Nombre d’épisodes : 6
Production : Netflix
Réalisation : Miyake Shô
Avec : Arakawa Yoshiyoshi, Kuroshima Yuina, Iwaidô Seiko, Osamura Koki, Ririka, Tsuchimura Kaho, Ôwada Nana, Hazuki Hitomi, Yamada Atsuki, Tei Ryushin, Inowaki Kai, Fujii Takemi, Kurashina Kana, Mihiro, Emoto Tokio, Kamata Noriaki


Un écrivain spécialisé dans les histoires fantastiques puise son inspiration dans des faits divers bien réels. Il s’intéresse de près aux tracas d’une jeune idole, Haruka, qui prétend entendre régulièrement des pas dans sa chambre. Son appartement est-il hanté ? La réalité défiera l’imagination de l’écrivain, qui devra creuser dans ses souvenirs les plus flous pour traquer un mal semblant sévir bien au-delà des murs du petit appartement de Haruka…

JU-ON la série, a été créée par Ichise Takashige avec le soutien du très solide scénariste Takahashi Hiroshi, et de Netflix. Ichise Takashige, c’est une véritable légende de la J-horror, en toute simplicité. L’intéressé a participé de près ou de loin à une quantité innombrable de films fantastiques et/ou horrifiques, le plus souvent dans les habits de producteur. Pour le meilleur (RINGU, les premiers JU-ON), pour le pire (SHUTTER…) mais aussi pour des petits films pas toujours très connus mais qui méritent pourtant largement le détour : URA HORROR, KYÔFU, SHIOKU et tant d’autres. Bref, le bonhomme est une véritable institution au Japon, et si c’est aussi sans doute à cause de lui que des sagas surnaturelles qui s’essoufflent sont maintenues artificiellement en vie pour des affaires de gros sous (les films JU-ON, il serait peut-être temps d’arrêter non ?), on ne lui en tiendra pas nécessairement rigueur puisque l’intéressé en profite, en parallèle, pour supporter des projets beaucoup plus discrets.

JU-ON: ORIGINS ne fait pas partie de cette dernière catégorie. On pourrait même parler de blockbuster, lorsque l’on compare cette série avec ce qui se fait généralement à la télévision japonaise, dégoulinant à ras bord de drama insipides, aussi bien sur le fond que sur la forme. ORIGINS c’est tout le contraire : angles de caméra bien choisis, photographie léchée, interprétation plutôt correct dans l’ensemble et un scénario bien pensé – la saga JU-ON sentant à ce point le renfermé, à force de se répéter, qu’elle avait fini par se complaire à survivre bon an mal an dans les remugles maudits des productions pour adolescents, ou jeunes adultes friands de jumpscares faciles, et de scénarios peu alambiqués. ORIGINS choisit une voie différente : celle du drame social, presque du thriller. L’ambiance est lourde, malsaine. Les personnages fragiles, et blessés. Assez touchants. Certes le côté horrifique est bien présent, mais à petites doses : une bonne chose, tant les apparitions spectrales à répétition finissent généralement par lasser. Oui, dans cette espèce de préquelle, Kayoko et Toshio sont quasiment aux abonnés absents – on appréciera néanmoins quelques clins d’œil savoureux aux bruits gutturaux qui ont fait la bonheur rauque des films de Shimizu Takashi.

Pour renforcer cet aspect « drame social et réaliste », la série intègre à intervalles réguliers des images d’archive. Une bonne idée, puisque cela sert également de marqueur temporel à l’intrigue – attaque de la secte Aum en 1995, l’horrible meurtre de Furuta Junko en 1989 (relaté dans le film CONCRETE), le « décapiteur » d’enfant de Kobé (1997), etc. J’ai donc particulièrement apprécié ce parti pris réaliste qui se dégage de la série – constituée de 6 épisodes de seulement 30 minutes chacun, encore une bonne chose : une durée raccourcie par rapport aux standards américains en la matière, ça évite de trop tourner en rond. J’ai aussi beaucoup aimé le personnage de l’écrivain, dont les recherches d’histoires surnaturelles (à la CHÔ KOWAI HANASHI / ZANGE ?) servent de fil rouge au récit, et illustrent intelligemment un phénomène en vogue au Japon, et auquel la série rend un hommage particulièrement sensé, et crédible.

Mais malgré ses évidentes qualités, ORIGINS rate le coche de la série japonaise parfaite – que j’ai très subjectivement attribué à l’époustouflant THE NAKED DIRECTOR. La faute, justement, à tous ces faits divers relatés tout au long du récit. On a parfois l’impression qu’ORIGINS se complait à les empiler comme on cocherait les cases sur une liste de courses : tout y passe ! Le harcèlement au lycée, le viol, les violences conjugales, la drogue, l’enlèvement d’enfant, le problème des parents isolés, l’inceste, les enfants battus… Un sacré condensé d’horreurs insensées ! J’ai aussi très peu goûté le final de la série, que je pourrais presque qualifier de sans queue ni tête… ou de triste cliffhanger pour vendre une future saison 2 ? Un minimum de réponses et une fin moins ouverte auraient été, à mon sens, bien plus appréciables. Oui, durant le final d’ORIGINS, on rit jaune.

Oli :        
Yasuko :

Trailer :

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Quick Review in English:

+ A legendary horror producer, a very good screenwriter
+ At least, something different and interesting in the « JU-ON universe »
+ Really dramatic, with many sad, violent crimes – very realistic
+ You can forget all the stupid jumpscares of the recent movies
+ I like the character of the writer, looking for real horror stories:
+ it’s something that really exists in Japan, and it’s well integrated into the story

– To many real crimes? Almost everything happens in this serie… Everything
– The ending, I did not like it at all – like a cliffhanger, no answers…

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam. Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです https://echecetcinemat.wordpress.com/ Blog dédié aux jeux vidéo, en particulier rétro : Jeux vidéo et des bas https://jeux.dokokade.net/ 
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7 commentaires pour Ju-on: Noroi no ie, Miyake Shô (2020)

  1. princecranoir dit :

    Ju-on à toutes les sauces, je comprends que ça devienne un peu lassant. Décliné en série, ça ressemble à une Japan Horror Story qui tourne en boucle, non ?
    J’ai toujours préféré Sadako au fond de son puits.

    • Oli dit :

      Ah non justement, l’intérêt de la série JU-ON, c’est qu’ils ne font pas comme les films JU-ON. Ça change, c’est pas mal. AMERICAN HORROR STORY j’avais vu trois épisodes je crois et j’ai arrêté, je n’ai pas du tout aimé.

      Je préfère Sadako dans le 1er film oui, mais après… Si on regarde la totalité, je pense qu’il y a moins de mauvais films JU-ON, que de mauvais films RINGU – ils ont fait fort ces dernières années dans la médiocrité faut dire…

  2. princecranoir dit :

    AHS, j’ai tenu une saison mais sans être totalement embarqué. Je me dis qu’un jour de désœuvrement je m’y remettrai.

    En fait tu as sans doute raison, car de Ringu, je n’ai vu que l’excellent premier volet (adaptation d’un roman d’ailleurs je crois). Il me glace toujours les sangs, je dois avouer. Nakata avait frappé fort et juste. Je n’ai pas senti le besoin de voir les autres. J’ai juste testé la version américaine dont je ne garde qu’un souvenir flou. Ce ne devait pas être très bon. Tout comme le Ju-on ricain d’ailleurs.

    • Oli dit :

      Oui, je te rejoins : le premier RINGU est un chef d’œuvre du genre pour moi. Découvert en salles à l’époque je crois. Puis revu chez moi seul dans le noir en DVD… Quelle frousse. Le minimalisme (jusque dans les musiques) ça avait du bon.

      Le premier JU-ON américain est correcte, si mes souvenirs sont exacts. Rien de renversant, mais correct.

  3. Rick dit :

    Vous parlez de RINGU, ça tombe bien, je l’ai revu il y a seulement quelques jours, dans une magnifique copie Blu-Ray. Toujours aussi bon, meilleur que dans mes souvenirs en fait, aucun jumpscares, juste une ambiance, lourde, là en permanence, avec une mise en scène simple mais classe, une musique de Kawai Kenji parfaite. Après le reste de la saga, RINGU 0 reste sympathique bien que peu utile. Tout le reste par contre, que ce soit au Japon (je n’ai pas aimé le second, les SADAKO 3D sont atroces) qu’en Amérique (je n’ai vu que le dernier, RINGS, ignoble à tous les niveaux).
    JU-ON, bien que la saga soit affreusement trop longue, s’en sort finalement mieux sur la durée. Les deux premiers téléfilms Japonais sont top, les deux premiers films cinéma au Japon sympathiques. Même les spin of étaient sympa au final. Il n’y a que l’opus JU-ON THE FINAL CURSE qui était risible, et les opus US que je n’avais pas du tout aimés.

    • Oli dit :

      Oui tu as tout à fait raison. Après… il faut quand même reconnaitre que RASEN, RINGU 0, RINGU 2 ne sont pas des purges, ça reste du cinéma, ça « se laisse voir », y’a de la qualité – notamment technique. Mais après… Les SADAKO 3D, le SADAKO de 2019, les films américains… C’est ignoble. La série JU-ON est beaucoup plus solide – même si aucun film JU-ON n’arrive à la cheville du premier RINGU, que tu as parfaitement décrit. Un monument – en forme de puits.

      • Rick dit :

        Je n’ai jamais vu RASEN par contre. RINGU 0 a été signé par un réalisateur bien sympathique dans le genre aussi, Tsuruta Norio. Il a fait un film solide. Pas encore vu le SADAKO de 2019, mais honnêtement, j’ai vu que même sur les sites généralement cléments il se faisait descendre, du coup ça peut attendre. Triste vu que c’était le retour de Nakata dans la saga.
        Je me referais certains JU-ON tiens, voir si ça me motive à tenter cette série.

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