Door III, Kurosawa Kiyoshi (1996)


DOOR III, aka Door 3
Année : 1996
Genre : ombres et brouillon
Production : Aya Pro
Réalisation : Kurosawa Kiyoshi
Avec : Tanaka Minako, Hasegawa Hatsunori, Mayumi Rinko, Suwa Tarô, Ôsugi Ren, Amamiya Ryo, Kanno Tatsuya, Kôzuchi Shintarô, Maezawa Yasumi, Nakamura Kazuhiko, Nakazawa Akihiro, Sato Emi, Shinra Manzô, Takado Shintarô, Yamamoto Toshihiko


Miyako vend des assurances-vie. Carriériste jusqu’au bout des ongles et ne laissant rien au hasard, pas même son parfum, elle peine néanmoins à remplir les objectifs fixés par sa compagnie depuis quelque temps. Elle décide alors de jeter son dévolu sur un jeune patron, marié à une femme plus âgée, qu’elle croise un jour dans une étroite cage d’escalier. Le quotidien de Miyako va alors brusquement basculer… et la jeune femme aura l’impression d’être épiée, constamment.

Avant qu’on lui ouvre en grand la porte du cinéma japonais et des festivals étrangers (après 1997), Kurosawa Kiyoshi est passé par une autre porte : la petite. Celle des productions télévisées anonymes, celle du V-Cinema un brin fauché. Rien de honteux là-dedans : Kurosawa continuera de tourner régulièrement pour la télé (aujourd’hui encore), et il ne faut pas oublier que le V-Cinema, dans les années 90 au Japon, c’était un monde inventif et aventureux, regorgeant de projets vraiment intéressants. La qualité était souvent là. Pour revenir à la petite porte empruntée par Kurosawa à ses débuts, difficile de ne pas envisager la troisième : DOOR III. Du V-Cinema datant de 1996, parfois un brin brouillon mais diablement attachant.

Le premier intérêt de DOOR III est tout simplement qu’il s’agit d’un très bon film. Ambiance pesante, douleurs sourdes… Des plans larges qui semblent isoler les personnages dans des décors urbains desquels transpirent une certaine solitude, des plans rapprochés assez sombres qui paraissent perdre les citadins dans les ombres. DOOR III en devient un film dérangeant, anguleux. Étouffant. On doute, on se pose des questions. Miyako est-elle victime d’un stalker, d’un esprit… d’un ikiryô ou de sa simple imagination – peut-être d’hypnose ? Difficile à dire, heureusement Kurosawa dévoilera assez rapidement le pot-aux-roses et profitera même des épines acides de ces dernières pour piquer une dernière fois l’intérêt des spectateurs dans une conclusion extrêmement bien pensée.

Le second intérêt du film est aussi d’y voir une espèce d’élégant brouillon de classiques à venir : CURE et KAIRO en tête. DOOR III partage en effet des thèmes avec ces deux magnifiques longs métrages, une scène (celle du canapé) sera même reprise dans KAIRO (en mieux) et on peut déjà y déceler une petite critique sous-jacente de la société japonaise : place de la femme, employés de bureau déshumanisés… Comme souvent dans le cinéma de Kurosawa (KAIRO, REAL…), ses fantômes n’en sont peut-être pas vraiment.

Porté par la prestation assez solide de Tanaka Minako (souvenez-vous, dans le cultissime CRIME HUNTER en 1989, elle était déjà là) mais également quelque peu miné par des seconds rôles moins inspirés, DOOR III est loin d’être parfait. Mais ses incongruités et ses audaces parfois très (trop ?) osées contribuent aussi à lui donner un charme étrange… presque pesant. Une chose est sûre : avec DOOR III, Kurosawa n’a pas pris la porte, et il ne devra plus patienter très longtemps pour qu’on lui déroule le tapis rouge.

Oli :        
Yasuko :

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Quick Review in English:

+ Before the celebrity (Cure 1997), Kurosawa shot a lot for TV and V-Cinema
+ Nothing to be ashamed of: for instance V-Cinema in the 90s was often interesting
+ It’s really a good movie, very interesting, disturbing with a lot of mysteries
+ Like Kairo for instance, it’s a horror film but also a critique of Japanese society
+ Door III has influenced Cure and Kairo (two masterpieces)
+ Once scene will be repeated (and improved) in Kairo (behind the sofa!)
+ Tanaka Minako (Crime Hunter), Suwa Tarô, Ôsugi Ren…
+ Great ending

– Not a perfect movie, I guess it must be a low budget
– Does the film take too many risks? Not for me, maybe for you?


A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam. Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです https://echecetcinemat.wordpress.com/ Blog dédié aux jeux vidéo, en particulier rétro : Jeux vidéo et des bas https://jeux.dokokade.net/ 
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4 commentaires pour Door III, Kurosawa Kiyoshi (1996)

  1. princecranoir dit :

    Je découvre pour le biais de ton article ces œuvres de jeunesse d’un de mes cinéastes japonais favoris. Je serais très heureux de découvrir ces films tournés pour la vidéo mais je ne sais pas s’ils sont disponibles de ce côté de la planète.

    • Oli dit :

      En France je ne sais pas… J’ai cru apercevoir un DVD de DOOR III avec LOFT mais je ne suis pas sûr. Autrement, ce film est dispo sur YouTube avec des sous-titres anglais – mais hélas l’image est de piètre qualité.

  2. ソルグル dit :

    Well, this third part is certainly better than the first Door film. (Never had the chance to watch the second, though…)

    • Oli dit :

      I don’t know much about the other Door films. I suppose they are not directed by Kurosawa. If you have the time, could you tell me a little bit more about it?

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