The Grudge: Shiryô no sumu yashiki, Nicolas Pesce (2020)


THE GRUDGE: SHIRYÔ NO SUMU YASHIKI, aka The Grudge
ザ・グラッジ 死霊の棲む屋敷
Année : 2020
Genre : ça me donne des reboot-ons
Pays : États-Unis
Production : Ghost House Pictures / Screen Gems
Réalisation : Nicolas Pesce
Avec : Andrea Riseborough, Demián Bichir, Joel Marsh Garland, John Cho, Betty Gilpin, Lin Shaye, Jacki Weaver, Frankie Faison, William Sadler, Tara Westwood, Junko Bailey, David Lawrence Brown, Zoe Fish, John J. Hansen, Bradley Sawatzky, Stephanie Sy, Fuji Takako


Une Américaine visite une maison bien étrange, au Japon… et semble tout de suite apercevoir un spectre aux longs cheveux noirs. De retour aux États-Unis, elle préfère croire qu’il ne s’agissait que d’un rêve. Ou plutôt d’un cauchemar ? En réalité, la malédiction parait l’avoir suivie… et ne va plus tarder à frapper sa famille. Il faut dire que sa maison porte le numéro 44… Pas forcément un bon signe, quand on est poursuivi par un fantôme japonais !

THE GRUDGE est le troisième long métrage de Nicolas Pesce. Une jeune carrière plutôt intéressante, épousant allégrement les courbes alléchantes du cinéma de genre avec THE EYES OF MY MOTHER en 2016, imparfait mais prometteur, et PIERCING en 2018, film que j’avais beaucoup aimé mais peut-être trop référencé pour plaire à un large public – qui parlera alors plutôt d’emprunts faciles. Avec le reboot de THE GRUDGE, que personne n’avait réclamé mais qui fut pourtant mis en route par des producteurs aux dents aussi longues que les mèches tombantes de Kayako (Sam Raimi et Takashige Ichise, tristesse), Nicolas Pesce, qui signe également le scénario, s’est vu proposer une chance unique : se réapproprier un univers bien connu des fans d’horreur tout en pouvant l’enraciner dans un univers différent voire, pourquoi pas, avec un nouveau modus operandi.

Hélas, les vieux routards du genre, ces spectateurs qui hantent parfois les pages du blog échec et (ciné)mat, ont dû rapidement voir venir la supercherie : THE GRUDGE n’invente rien, ou si peu. Certes, l’atmosphère dépressive qui se dégage du film, associée à une photo sombre/délavée plutôt réussie, devrait ponctuellement peser sur les frêles épaules d’une partie du public. Dépression qui se mue même parfois en agression, au détour d’une ou deux scènes qui font mal – et donc du bien. Je ne suis pas masochiste mais je me comprends ! De plus les personnages, plutôt bien écrits pour la plupart, paraissent vraiment oppressés. Possédés. Dépassés par le poids d’une malédiction invisible dont ils ont encore toutes les peines du monde à dessiner les contours. Le casting, qui fait aussi beaucoup du charme du film, permettent à ces personnages d’exister. De nous hanter. L’actrice Andrea Riseborough est géniale, comme toujours. Souvenez-vous : vous l’avez vue, et aimée, dans des films aussi divers que MANDY et OBLIVION – oui, oui, le clone fade de MOON. Mieux : Nicolas Pesce a l’intelligence de s’entourer de quelques vieilles gueules inoubliables comme William Sadler et Lin Shaye – une véritable Horror Queen désormais (CRITTERS, A NIGHTMARE ON ELM STREET, THE HIDDEN, INSIDIOUS…).

Mais de bons acteurs et une ambiance réussie ne font pas tout. Nicolas Pesce n’innove pas, en réalité. Beaucoup de scènes renvoient même à d’anciens films de la saga, voire à des titres choc mais fort éloignés de cet univers (SUICIDE CLUB, HANNIBAL…). Et puis c’est le drame : des apparitions trop nombreuses, des fantômes pas forcément bien pensés ni originaux… Malheureux, surtout quand des films comme IT FOLLOWS et SHIRAI SAN ont su prouver, récemment, qu’il était possible de respecter certains codes du genre tout en y injectant une bonne dose de nouveautés. On passera enfin sur cette histoire à tiroirs construite avec des allers-retours dans le temps. Certes il s’agit d’une marque de fabrique de la franchise JU-ON, mais franchement, ça finit par ne plus surprendre. Pire : ici ce n’est pas vraiment très bien exécuté.

S’il n’est pas infamant, THE GRUDGE est un film qui ne sert pas à grand-chose. Je n’ai pas passé un mauvais moment, mais je m’y suis un peu ennuyé. Nicolas Pesce ne prend pas suffisamment de risques, et les promesses d’une première scène semblant tourner le dos à la malédiction japonaise bien (trop) connue retombent vite dans les limbes du déjà-vu. La série sortie sur Netflix en 2020 (ORIGINS), bien qu’imparfaite, avait au moins osé proposer quelque chose de différent…

Oli :       
Yasuko :

Images : Lovingmovies

Trailer :

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Quick review in English:

+ Not a bad movie
+ I liked Nicolas Pesce previous movies
+ Dark photograpy, depressive characters…
+ The main actress is fabulous, as always
+ A good casting, with some old school actors (Sadler, Faye…)
+ The hand of Fuji Takako in the first scene?!?
+ A few good scenes

– But actually, it’s always the same kind of story, the same events
– Yep: it’s kind of boring, it’s not original, Pesce does not take enough risks
– Always those flashbacks… but it doesn’t work so well this time
– Deja-vu: some scenes are coming from other movies
– Please: stop this saga, or try something new like the Netflix serie

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam. Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです https://echecetcinemat.wordpress.com/ Blog dédié aux jeux vidéo, en particulier rétro : Jeux vidéo et des bas https://jeux.dokokade.net/ 
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6 commentaires pour The Grudge: Shiryô no sumu yashiki, Nicolas Pesce (2020)

  1. Rick dit :

    Ah ah, tu as été plus gentil que moi pour le coup. Je me suis vraiment ennuyé quasiment tout le long, même si j’ai également souligné les quelques qualités ou du moins tentatives que tu cites dans ton article, notamment cette volonté de nous « offrir » un univers clairement dépressif, et ce jusqu’à la photographie. Ce point là, c’était pas mal, et nouveau dans la saga. Mais le reste.
    Des fantômes qui viennent faire coucou toutes les 5 minutes (jusqu’à l’ennui donc), une structure pour respecter la saga mais qui ne sait en réalité pas vraiment l’utiliser (au lieu de suivre un personnage jusqu’à sa mort et de changer de chapitre, on suit un personnage jusqu’au prochain jumpscare avant de suivre un autre personnage).
    Bref, un goût plus amer que le tien m’est resté dans la bouche, alors que je l’admet sans honte, j’ai quasi l’intégrale de la saga dans ma collection, les premiers téléfilms et films ciné dans les magnifiques éditions française HK video, les spin off (dont un réalisé par Asato Mari, elle est partout ma parole haha) en DVD import, et même le premier « reboot » Japonais en import (pas le dernier, je n’ai pas osé, et j’ai bien fais). J’ai même les deux premiers opus US de Shimizu alors que je ne les apprécie pas vraiment. Mais là non, je passe, plus de place dans ma collection pour lui 😀

    • Oli dit :

      Faut qu’ils arrêtent avec les JU-ON franchement… Et j’espère surtout que Nicolas Pesce saura rebondir intelligemment après ça.

  2. Romain dit :

    Encore un autre film que j’attendais avec impatience. Dommage ! J’avais pas trop apprécié la série Netflix non plus…

    • Oli dit :

      Bonjour Romain. La série Netflix ? Elle n’est pas parfaite c’est vrai, mais au moins les producteurs/scénaristes/réalisateur tentaient quelque chose d’un peu différent. J’ai trouvé leurs efforts louables.

  3. princecranoir dit :

    Un reboot inutile, donc inutile que je me dérange.
    Mieux vaut revoir l’ersatz (même fade) de Moon avec un chef scientologue (moi je l’aime bien ce film).

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