Spy no tsuma – Gekijô-ban, Kurosawa Kiyoshi (2020)


SPY NO TSUMA – Gekijô-ban, aka Wife of a Spy, aka Les amants sacrifiés
スパイの妻 – 劇場版
Année : 2020
Genre : l’espionne qui m’aimait
Production : NHK / CVI
Réalisation : Kurosawa Kiyoshi
Avec : Aoi Yû, Takahashi Issei, Higashide Masahiro, Bandô Ryôta, Tsunematsu Yuri, Minosuke, Hyunri, Sasano Takashi, Chuck Johnson, Nihi


En 1940, un homme d’affaires japonais se rend en Mandchourie pour son travail. Il en reviendra profondément changé… et avec une mystérieuse femme, marchant quelques mètres derrière lui, à la descente du bateau. Son épouse soupçonnera bientôt quelque chose, et tombera des nues lorsqu’elle mettra la main sur des documents, incriminant visiblement le Japon, que son mari avait dissimulés jusque-là.

SPY NO TSUMA a été originellement tourné pour être diffusé à la télévision, sur NHK. On pourrait donc dire qu’il s’agit d’un téléfilm, même si le terme est à présent très galvaudé, en particulier quand on connait la qualité de certains longs métrages produits par certaines chaînes en streaming. Sauf que là… eh bien on parle de NHK, une chaîne qui s’adresse au très grand public et dont les feuilletons et téléfilms sont, à mon sens, restés ancrés dans une époque révolue, la majorité de leurs spectateurs (âgés ?) n’étant pas particulièrement férus de nouvelles technologies, la tête pointant encore en direction d’un monde obsolète. Après sa diffusion, SPY NO TSUMA fut retouché (étalonnage des couleurs et format de l’image, parait-il) pour être projeté dans les salles de cinéma (Gekijô-ban) – une réussite critique pour le jury du festival de Venise, qui lui octroya le Lion d’Argent.

Eh bien moi, je n’ai pas rugi de plaisir pour autant. Si l’histoire du film est très bonne, le cachet très « télévision » qui se dégage de l’ensemble m’a considérablement gêné, allant jusqu’à désamorcer, parfois, le potentiel dramatique de certains ressorts narratifs. Kurosawa a déjà tourné pour la télé, mais jamais je n’avais eu à ce point la sensation d’être face à un feuilleton – techniquement parlant, j’entends. Alors oui, j’exagère un peu. Mais diable ! Que la photo est fade, que les plans et les cadrages manquent d’audace ! Si on retrouve bien la grâce, l’étrangeté et l’ingéniosité de Kurosawa au détour de quelques scènes (le rêve, le tournage…), la plupart du temps on est bien au niveau d’un drama produit par NHK…

Je mets ma main à couper (la gauche si possible) que Kurosawa Kiyoshi n’a pas pu vraiment faire du Kiyoshi Kurosawa. Qu’il a dû mettre de l’eau dans son vin. Diluer son talent, pour ne pas risquer de trop surprendre, décontenancer le spectateur lambda de NHK, peu habitué aux salles de cinéma. Heureusement comme je l’ai déjà dit, l’histoire est bonne et le film très (trop) carré se suit malgré tout sans déplaisir.

Oli :       
Yasuko :

Trailer :

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Quick Review in English:

+ Two good main actors
+ In two or three scenes you can sense the talent of Kurosawa
+ The story is good
+ It’s a theatrical version (slightly modified) of a NHK TV movie

– But it’s still look like a TV movie from NHK…
– Yes: NHK. Not HBO or Netflix. NHK! And visually it’s not great…
– It’s hard to do something visually interesting when your work is shown on NHK

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam. Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです https://echecetcinemat.wordpress.com/ Blog dédié aux jeux vidéo, en particulier rétro : Jeux vidéo et des bas https://jeux.dokokade.net/ 
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4 commentaires pour Spy no tsuma – Gekijô-ban, Kurosawa Kiyoshi (2020)

  1. princecranoir dit :

    Ça ressemble à un film bridé (sans mauvais jeu de mot).
    Je pense que tu peux miser tes deux mains sur ce coup là.

    • Oli dit :

      Après… il a reçu le Lion d’Argent du meilleur réalisateur à Venise pour ce film donc… Je ne sais pas, peut-être que je suis trop sévère. J’attends vos retours (toi, Jason, Rick, etc.).

  2. Genki Jason dit :

    I’m expecting to like this for solely the story and the combination of Yu Aoi and Issey Takahashi. They had good chemistry in Romance Doll.

    Switch Berlin for Venice.

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