Aishû Cinderella, Watanabe Ryôhei (2021)


AISHÛ CINDERELLA, aka Melancholy, aka The Cinderella Addiction
哀愁しんでれら
Année : 2021
Genre : L’enfer, c’est les nôtres
Production : Tsutaya / C&I / Klockworx / TBS
Réalisation : Watanabe Ryôhei
Avec : Tsuchiya Tao, Tanaka Kei, Ishibashi Ryo, Coco, Kanazawa Miho, Yamada Anna, Masana Bokuzô, Nakamura Yasushi, Matsushima Kenta, Gin Pun Chou, Iguchi Noboru

Koharu, 26 ans, travaille dans un service d’aide à l’enfance. Employée d’autant plus dévouée qu’elle fut abandonnée par sa mère lorsqu’elle était petite, elle prend aussi le temps de s’occuper de sa famille : sa sœur, son père et son grand-père. Alors que les malheurs, petits et grands, semblent devoir s’abattre sur elle, Koharu va faire une rencontre qui va changer sa vie. Un homme, docteur de profession, qui élève seul sa fille. Pourrait-il s’agir du prince charmant ?

Il parait que l’actrice Tsuchiya Tao avait tout d’abord refusé le premier rôle de AISHÛ CINDERELLA (« triste Cendrillon ») – en raison à la fois du sujet profond du film, mais aussi de son dénouement. Heureusement pour elle, et pour nous, le réalisateur a fini par la convaincre – la jeune femme prouvant par la même occasion qu’elle était une véritable actrice là où d’autres, obnubilées par leur image (douceâtre), auraient privilégié la non-prise de risque afin de conforter leur place dans les spots de publicité.

Dans AISHÛ CINDERELLA, Koharu est une jeune femme de condition modeste pétrie d’amour et d’énergie mais à qui rien ne semble devoir sourire dans la vie (incroyables premières minutes de film où tout lui tombe sur la tête). L’intéressée croit avoir enfin trouvé le bonheur en la personne de Daigo, un médecin vivant seul avec sa fille, qu’elle a rencontré d’une manière pour le moins… originale. Koharu pourrait-elle être une Cendrillon moderne ? Après la chaussure au pied, lui passera-t-on enfin la bague au doigt ? Mais quid de la corde… au cou ?

AISHÛ CINDERELLA, très bien filmé et photographié, se suit avec plaisir. Le début et ces petits et grands drames à répétition comme un jeu de dominos funèbre, la suite avec le bonheur, les sourires et… cette petite musique lancinante qui nous trotte quelque part derrière l’oreille. Comme une mise en garde. Il y a quelque chose qui cloche, c’est indéniable. Mais quoi ? Cette chasse aux tracas à laquelle risquent de se livrer les spectateurs maintiendra leur intérêt éveillé durant la majorité du récit – la chute sera alors diversement appréciée, suivant leur sensibilité. Davantage que le harcèlement scolaire (l’une des nombreuses pistes du film), j’ai davantage vu, dans AISHÛ CINDERELLA, une dénonciation par l’absurde du comportement de ces gens que l’on appelle Monster Parents. Ces pères et ces mères qui, bousculés par des priorités fatales au sein même du cocon familial, défendent leur progéniture envers et contre tous, et finissent par ne plus voir le mal que dans les yeux des autres. Mais peut-être aurez-vous une grille de lecture différente de la mienne.

Le film se conclut donc sur une note acide assez hallucinante, et en réalité bien peu crédible. Peu importe : à mon sens cela s’inscrit dans la démarche du réalisateur qui, à la manière du titre qui annonçait déjà la couleur propre à la Cendrillon originelle, désirait nous livrer là une histoire relevant du conte. Macabre et cruel ?

Oli :      
Yasuko :

Trailer :

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Quick Review in English:

+ Good casting
+ Interesting movie. The first part and all the problems of Koharu
+ And then the happiness with… that little thing that seems to go wrong…
+ … even if we’re not quite sure what it is before the last part of the movie
+ A dark fairy tale – but don’t forget the fairy tales were darker, before Disney!
+ A denunciation of the Monster Parents phenomenon? Maybe.
+ Maybe not. You may see something else in this movie
+ A cameo of Iguchi Noboru… in the toilets! ^^

– The movie takes its time, it might not appeal to everyone
– The last scene… Not credible? Not fair? You may not like it

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam. Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです https://echecetcinemat.wordpress.com/ Blog dédié aux jeux vidéo, en particulier rétro : Jeux vidéo et des bas https://jeux.dokokade.net/ 
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2 commentaires pour Aishû Cinderella, Watanabe Ryôhei (2021)

  1. princecranoir dit :

    Voilà un regard sur le milieu scolaire japonais et ses dérives qui interpelle. Je ne connaissais pas cette appellation de Monster Parents, mais elle fait écho à ce que l’on peut observer également ailleurs. Je serais curieux de voir cela sous l’angle social japonais.

    • Oli dit :

      Merci pour ton commentaire. Le terme Monster Parents est plutôt courant au Japon, mais je crois qu’en France, on n’a pas encore mis de mots (de maux ?) sur le comportement de ces parents (puisqu’ils existent aussi dans l’Hexagone bien évidemment).

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