TATTOO ari, Takahashi Banmei (1982)


tattoo ariTATTOO ARI, aka Tattoo, aka Irezumi ari
TATTOO<刺青>あり
Année : 1982
Genre : un beau Salò
Production : Art Theatre Guild / Kokusai / Takahashi Prod
Réalisation : Takahashi Banmei
Avec : Uzaki Ryûdô, Takahashi Keiko, Watanabe Misako, Aoki Kazuko, Cho Bang-ho, Harada Yoshio, Izumiya Shigeru, Kamigata Yoshio, Kazama Maiko, Kitano Makoto, Paul Maki, Nishikawa Norio, Ōsugi Ren, Ogishima Shinichi, Oshimi Yoshiko, Ota Ayako, Shimomoto Shirô, Tarumi Gorô, Toi Jûgatsu

Takeda Akio a tué une femme à l’âge de 15 ans. Malgré le déferlement de violence dont il s’est rendu coupable, sa mère, aimante, et la justice japonaise, plus conciliante avec les mineurs, lui permettront de se réinsérer dans la société assez rapidement – et même de posséder des armes à feu le plus légalement du monde ! Obnubilé par la violence, s’en prenant souvent aux femmes, Akio s’est aussi fait faire deux petits tatouages sur le torse, afin d’impressionner ses interlocuteurs – même s’il se défend d’être un yakuza ! Désormais basé sur la ville d’Osaka, il va rapidement se mettre en tête de commettre un nouveau coup d’éclat, à la manière des anti-héros qu’il vénère dans la littérature hardboiled : l’attaque d’une banque avec prise d’otages.

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Takahashi Banmei est un réalisateur talentueux qui n’a pas peur de prendre des risques : on se souvient de ce fameux plan zénithal dans l’excellent DOOR (déjà avec sa femme, l’excellente Takahashi Keiko dans le rôle principal). Ici, on gardera notamment en mémoire son majestueux travelling arrière qui prend de la hauteur et de la gravité, illustrant avec maestria la dramaturgie d’une scène touchante, sous une pluie tranchante. Mais avec TATTOO ARI, Takahashi Banmei va encore plus loin, production Art Theatre Guild oblige…

Le film de Takahashi Banmei relate ainsi la vie de Umekawa Akiyoshi (dans le film son nom a été modifié), devenu tristement célèbre en 1979 après le braquage folklorique et raté d’une banque d’Osaka – l’intéressé y laissa la peau. Le film s’ouvre sur son cadavre, puis s’attarde sur sa jeunesse : assassinat à l’âge de 15 ans, petits boulots la nuit ensuite, une propension à la violence et à l’aventure qui le poussèrent à tenter mille et une choses… et une mère indirectement complice par amour ? Pas très intelligent, brutal et même un brin irritant de le voir plaire malgré tout aux femmes… qui tels de tristes papillons d’ennui semblent devoir inlassablement revenir vers lui pour s’y brûler les ailes, s’y briser les os. Cela fait partie du caractère du bonhomme : une intarissable confiance en soi, une espèce de showman pathétique qui roule des mécaniques en exhibant ses deux bouts de tatouage pour impressionner la plèbe.

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C’est à mon avis l’un des petits défauts du film : il n’est pas toujours simple de supporter un tel énergumène, qui peut finir par taper sur le système – c’est évidemment voulu, surtout que Uzaki Ryûdô l’incarne avec brio. Un autre détail surprend également : le réalisateur fera ainsi l’impasse sur l’obsession du tueur pour le film SALÓ de Pasolini, mais aussi et surtout sur le braquage final (et sur les quatre meurtres qui ne sont pas anecdotiques selon moi), préférant s’attarder sur tout ce qui a précédé, cet homme étrange au charme… animal. Un parti pris osé et original, quoique critiquable. La touche inimitable de l’Art Theatre Guild ?

Oli :        
Yasuko : 

Trailer :

Images : ameblo
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Quick Review in English:

+ Art Theatre Guild: intelligent productions, don’t really care about profits
+ That’s why this true story (a violent man attacked a bank in Osaka in 1979) does not show…
+ … the attack! That’s a very risky move from this talented director (DOOR)
+ The main actor (a real singer) is great
+ The movie shares a strange energy with the spectators
+ Young Osugi Ren appears during 2minutes on screen^^ (see the image below)

– It’s done on purpose I know, but the main character is irritating, very irritating
– As I said, you will not witness the final attack, it could disappoint some spectators
– I think the movie shows a somewhat watered down part of the real story

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A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam. Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです https://echecetcinemat.wordpress.com/ Blog dédié aux jeux vidéo, en particulier rétro : Jeux vidéo et des bas https://jeux.dokokade.net/ 
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Un commentaire pour TATTOO ari, Takahashi Banmei (1982)

  1. The Butcher dit :

    Certainly an interesting film about a character I didn’t know. You interested me and I would like to see it. Furthermore, here we talk, albeit briefly, about how Japanese justice was very light at the time towards minors.

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