Drive My Car, Hamaguchi Ryûsuke (2021)


drive my carDRIVE MY CAR
ドライブ・マイ・カー
Année : 2021
Genre : Drive My Oscar
Production : Bitters End / C&I
Réalisation : Hamaguchi Ryûsuke
Avec : Nishijima Hidetoshi, Miura Tôko, Kirishima Reika, Okada Masaki, Park Yu-rim, Jin Dae-yeon, Sonia Yuan, Ahn Hwitae, Inomata Toshiaki, Yamamura Takako, Iwase Ryô, Nishi Keiko, Perry Dizon, Abe Satoko, Matsuda Hiroko


Un acteur de théâtre, sa femme qui travaille pour la télévision… et quelques secrets bien gardés ? Kafuku Yûsuke acceptera de se charger de l’adaptation de la pièce ONCLE VANIA, d’Anton Tchekhov. Pour cela il devra se rendre à Hiroshima, et accepter l’assistance d’une chauffeure, lui qui est habitué à conduire sa propre voiture, lui qui chérit tant ces instants de calme au volant, lorsqu’il peut répéter en écoutant des cassettes enregistrées par sa femme… dont la voix n’a jamais été si proche et si distante à la fois.

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Des personnages abimés, profonds, écorchés, mal aimés… Tout simplement vivants ? En adaptant Murakami Haruki, le réalisateur Hamaguchi Ryûsuke nous conte près de trois heures durant les pérégrinations, souvent derrière un volant, d’un couple qui s’embrasse plus qu’il ne s’embrase, d’une jeune chauffeure dont la cicatrice la plus profonde n’est pas celle qui est apparente, de gens qui, parfois, parlent plus qu’ils n’écoutent quand d’autres ont le cuir si dur qu’ils peinent à partager leurs blessures… En s’ouvrant à autrui, serait-il alors possible de guérir. Possible de grandir ?

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Porté par un casting solide dont un joli clin deuil à NORWAY NO MORI en la personne de Kirishima Reika, DRIVE MY CAR est une fable humaine magnifique, superposant habilement la fiction (la pièce de théâtre) et la réalité (cet acteur qui répète en écoutant une cassette enregistrée par sa femme) qui sans être profondément original, parvient à distiller çà et là quelques savoureuses surprises, tragiquement gâchées par les différentes bandes annonces et quelques sites pourtant réputés.

Parfois bavard, DRIVE MY CAR sait aussi intelligemment se jouer des silences pour communiquer, des belles séquences de conduite pour transporter. Soyez rassurés : avec un tel réalisateur au volant, on ne voit pas le temps passer.

Oli :       
Yasuko :

___________________________________

Quick Review in English:

+ A beautiful, intelligent story
+ People who are deeply hurt inside
+ Mourning, regrets… it’s hard to move forward
+ Silences that speak

– The trailers and some websites gave too many informations about the story

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A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam. Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです https://echecetcinemat.wordpress.com/ Blog dédié aux jeux vidéo, en particulier rétro : Jeux vidéo et des bas https://jeux.dokokade.net/ 
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10 commentaires pour Drive My Car, Hamaguchi Ryûsuke (2021)

  1. princecranoir dit :

    Il va falloir que je me penche sérieusement sur cet Hamaguchi, désormais lauréat cannois. Un autre film de lui est actuellement sur nos écrans, ce serait l’occasion. Joli le « clin deuil ».

  2. Rick dit :

    Un film dont j’ai entendu beaucoup de bien, mais sur lequel je n’ai, heureusement apparemment, rien lu ni rien vu. Il est en tout cas dans mes priorités, j’avais beaucoup aimé le précédent d’Hamaguchi déjà (ASAKO I&II).

  3. Léarch dit :

    Une petite pépite. Quelques longueurs, certaines scènes qui sont de trop pour ma part (je pense notamment le retour de Misaki sur les lieux de son enfance, là où son mutisme et sa fonction d’ange gardien étaient beaucoup plus porteurs de sens pour Kafuku et se suffisaient à eux-même. Fin j’ai du mal à l’exprimer, mais je sais pas, cette scène résonne de façon trop stérile et superficielle pour moi), mais le reste… le reste est impossible à oublier. La tirade finale de la pièce d’Oncle Vania par la femme muette m’a laissé des traces ineffacables dans la tête. Et puis, il y a cette lente reconstruction d’âmes déchirées faite de dits et de non-dits, cette puissante (et certes un peu facile, mais oui, puissante) mise en abyme à travers la pièce de théâtre ou encore cet étrange rêve raconté en deux parties et temporalités différentes…. Puissance visuelle, puissance des mots, puissance d’un simple regard qui signifie bien plus que n’importe quelle tirade… il y aurait tant à dire, mais il faut que je le revoie, pour m’en réimprégner, mieux le digérer, savoir si j’écris juste sous le coup de l’émotion ou si c’est le signe d’un véritable tour de force…

    C’est con je viens de louper ce soir son dernier film en date, Contes du Hasard et Autres Fantaisies pour cause d’imprévu, et c’était la dernière séance dans mon petit ciné…. : (
    Tu as vu ses films antérieurs? Asako, Senses,…

    • Oli dit :

      Merci pour tes impressions ultra détaillées ! Je te rejoins, le film n’est pas « absolument » parfait, mais il reste puissant, superbe… Par contre et c’est fort dommage, mais je ne connais pas très bien ce réalisateur. Je vais essayer de me pencher sur sa filmo bientôt !

  4. The Butcher dit :

    Great review! The film was finally released on DVD in Italy and I bought it today. So I have no more excuses not to see it. In any case, excellent review, I must say that transposing a book by Muraami is not easy at all.

  5. Rick dit :

    Découvert hier soir, bien que je l’avais depuis quelques temps, mais la durée me faisait un peu peur et j’avais donc retardé la vision. Bon ben, j’avais tort, je n’ai pas vu le temps passer même si on pourrait chipoter en disant que ça aurait pu être un peu raccourci, dans le sens où le métrage reste dans l’ensemble plutôt classique.
    Néanmoins, il faut bien reconnaître que le réalisateur maitrise parfaitement son film, visuellement, mais aussi en terme d’émotions, et qu’avec un casting impeccable, ça fonctionne du tonnerre, avec des scènes très fortes émotionnellement. J’avais beaucoup aimé son ASAKO I&II (découvert l’année dernière), avec DRIVE MY CAR, c’est encore un grand au-dessus. Un réalisateur dont il va falloir que je fouine un peu plus dans la filmographie.

    PS : Mais pourquoi ce volant est à gauche ? haha

  6. Léarch dit :

    Je l’ai revu il y a deux semaines du coup, ben y a pas à ch***, pour moi c’est un très très grand film, j’avais encore un doute, maintenant j’en ai plus aucun… les tripes nouées et les larmes aux yeux à la fin, même quand je m’y attendais… incapable de regarder autre chose le reste de la semaine.

    [SPOILS]

    Avec un peu plus de recul sur la globalité de l’oeuvre, je dégage surtout (et c’est une interpétation tout à fait personnelle) cette impression de voir la descente aux Enfers, puis la rédemption d’un homme face à ses douleurs, ses regrets de ne pas avoir su dire les choses ou d’être là au bon moment, à son passé, le reste des personnages n’ayant comme « seule » fonction (rien de négatif là dedans) que de servir de catharsis à Kafuku. D’abord et à travers tout le film, Misaki qui lui sert d’ange gardien et le conduit (dans tous les sens du terme, la scène sur l’île d’Hokkaîdo est finalement loin d’être anecdotique, alors qu’elle m’avait parue de trop la première fois) tout doucement jusqu’à sa libération finale, puis Kõji, à travers les échanges subtils et lourds de sens/double-sens dans un bar ou la voiture, qui lui cédera sa place en tant qu’oncle Vania, comme si sa mise en garde à vue n’avait été qu’un pretexte (il n’y a qu’à voir le regard qu’il lui lance alors qu’il se fait embarquer par la police…), et puis Lee-Yoon A qui se charge ensuite de finir le « travail » dans la plus belle scène du film. Autant la pièce de Tchekov ( achetée et lue juste après le deuxième visionnage) ne m’a pas marqué plus que ça, autant ce monologue prend toute son ampleur et sa justification après une lente progression de trois heure quasiment parfaite.
    [/SPOILS]
    Je l’exprime peut-être mal, je sais pas, j’arrive pas à mettre des mots sur un truc qui me parle avant tout avec les tripes et clairement pas avec la raison et la necessité d’interpréter chaque séquences.

    Beaucoup aimé Asako I&2 aussi, même si on est un petit cran en dessous.

    • Oli dit :

      Merci ! C’est super intéressant. Je le reverrai un jour c’est certain, mais je préfère l’oublier un peu avant. Je vais aussi essayer de me plonger plus sérieusement sur sa filmo.

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