Kisaragi eki, Nagae Jirô (2022)


kisaragi eki posterKISARAGI EKI, aka Kisaragi Station
きさらぎ駅
Année : 2022
Genre : gare aux monstres !
Production : Hakuhodo DY Music & Pictures
Réalisation : Nagae Jirô
Avec : Tsunematsu Yuri, Satô Eriko, Honda Miyu, Riko, Terasaka Raiga, Kihara Rui, Taki Nanami, Segizawa Yui, Serizawa Tateto

Il y a plusieurs années de cela, en 2004, une rumeur a passionné les amateurs d’histoires étranges sur les forums 2channel : alors qu’elle empruntait une ligne de train (Enshū) dans la région de Shizuoka, une jeune femme prétend être descendue à la gare de Kisaragi, qui n’apparait pourtant sur aucune carte. Rêve, folie ? Ou univers parallèle ? Une étudiante, très intéressée par le sujet, décide d’interviewer la personne à l’origine de ce qui est devenue, à présent, l’une des plus fameuses légendes urbaines du Japon.

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Nagae Jirô est un réalisateur de séries B horrifiques japonaises pour lequel j’ai une certaine affection. J’ai vu une bonne dizaine de ses films (chroniqués ici-bas) et dans la plupart des cas on dira de lui qu’il est un technicien appliqué malgré des budgets étriqués et, ce n’est pas péjoratif dans ma bouche, un honnête faiseur (mais pas de miracles).

KISARAGI EKI s’inspire d’une histoire ayant enflammé la toile japonaise obscure, à savoir 2channel, un vieux réseau créé en 1999 sur lequel on parle d’un peu tout et n’importe quoi, où la censure ne se fait généralement pas trop remarquer et qui a connu moult scandales et polémiques. Mais ce qui nous intéresse, ce sont les histoires étranges, et 2channel en regorge. L’une d’elle relate l’expérience unique d’une jeune femme ayant, selon elle, effectué un voyage dans un univers parallèle – et qui en serait revenue puisqu’elle est là pour nous en parler.

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Le film semble prendre de grosses libertés avec l’histoire, euh la rumeur, que dis-je : la légende urbaine initiale. Il s’y passe tout un tas de trucs bizarres, pas toujours expliqués (ou explicables) et le réalisateur leur rajoute par-dessus une espèce de filtre nauséeux, en vogue il y a plus de vingt ans dans des films tels que UZUMAKI et OTOGIRISO, afin de renforcer l’étrangeté des images, la singularité du voyage. Inutile de dire que ça ne fonctionne jamais vraiment. De plus, et si la première partie du récit intrigue et amuse, avec ses inénarrables créatures et un petit côté jeu vidéo (et sa vue à la première personne par exemple), la seconde peine davantage à convaincre en manquant de sombrer dans la redondance.

Tout n’est cependant pas à jeter dans cette petite série B. La théorie à propos des ascenseurs d’univers parallèles, légende urbaine bien connue des spécialistes du genre au Japon, est sympa par exemple – comme un improbable battement d’ailes de papillon, il faudrait, pour basculer de l’autre côté du miroir abscons, effectuer diverses actions dans un ordre bien précis (par exemple prendre certains trains à certaines heures).

KISARAGI EKI est un petit film fantastique sans prétention, jouant davantage la carte du grotesque que celle de l’épouvante, à ranger aux côtés d’un AO ONI ou d’un DEATH FOREST, et s’adressant sans doute avant tout à un public de jeunes adultes ou d’adolescents. Ou à des lecteurs d’échec et (ciné)mat, ces déviants !

Oli :       
Yasuko : 

Trailer :

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Quick Review in English:

The film is loosely based on a true story, well, let’s say an urban legend that has been told in 2004, on the (in)famous chatroom 2channel, about a young woman in a train, who would have fallen into a parallel universe and would have gotten off at Kisaragi station – it’s a station that doesn’t exist. The director, Nagae Jirô, has done many horror/fantasy B-movies in the past, and like those previous movies, KISARAGI STATION is far from being great but can be fun to watch if you like grotesque-almost funny horror movies, that are never scary. KISARAGI STATION is probably aimed at a teenage audience.

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A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam. Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです https://echecetcinemat.wordpress.com/ Blog dédié aux jeux vidéo, en particulier rétro : Jeux vidéo et des bas https://jeux.dokokade.net/ 
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Un commentaire pour Kisaragi eki, Nagae Jirô (2022)

  1. Rick dit :

    Rah tu m’as devancé alors que je l’ai depuis sa sortie, justement car j’ai une certaine affection aussi pour le réalisateur. Ceci dit, j’avoue que je ne connaissais pas du tout l’histoire derrière le film, enfin, la « légende urbaine », du coup je suis content d’en savoir un peu plus ^^

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