Ju-on, Shimizu Takashi (2000)


JU-ON, aka Ju-On The Curse
呪怨
Année : 2000
Genre : Fantômes japonais pas encore réchauffés
Production : Toei Video
Réalisation : Shimizu Takashi
Avec : Yanagi Yûrei, Kuriyama Chiaki, Daike Yuuko, Ashikawa Makoto, Miwa Hitomi, Miwa Asumi, Takako Fuji, Matsuyama Takashi, Denden, Douguchi Yoriko, Koyama Ryôta


Un éducateur rend visite à une famille dont l’enfant n’est plus allé à l’école depuis quelque temps. Sur place, l’intéressé est très surpris de découvrir une maison à l’abandon et cet enfant, Toshio, qui semble livré à lui-même…

Produit par l’incontournable Ichise Takashige et tourné en 2000 pour la télévision avec de simples moyens vidéos, JU-ON THE CURSE est, disons le sans hésiter, le métrage qui lança complètement la carrière de Shimizu Takashi. En effet, suite au succès de JU-ON, Shimizu enchainera les projets à la télévision puis au cinéma. Et aujourd’hui, on décompte énormément de films dans la saga JU-ON (remakes japonais et américains compris) tandis que de nouveaux épisodes sont encore prévus.

La première chose qui frappe, lorsque l’on visionne ce JU-ON par lequel tout a commencé, et bien c’est que tout était déjà là ! Les idées, les sons effrayants, les personnages, la narration déstructurée, les décors (maison, cage d’escalier), les trouvailles de mise en scène, parfois même les acteurs (Takako Fuji sera présente dans presque tous les films). En fait, Shimizu n’a quasiment jamais rien changé, en particulier lorsqu’il a remaké son téléfilm au Japon pour en faire un vrai film de cinéma…comme il n’apporta aucun réel changement quand il remaka le film japonais aux États-Unis… Mais le réalisateur a bien évidemment affiné son art, maitrisant à chaque fois d’avantage sa technique, repoussant inévitablement les limites de l’angoisse dans chacun de ses nouveaux films… Pourtant un problème surgit alors : à force de se répéter en ne changeant quasiment rien mais au contraire en améliorant le concept de base en y apportant des innovations minimes, ledit concept finit irrémédiablement par s’user. Et à présent, le spectateur bien rodé au cinéma de Shimizu Takashi en finirait presque par ne plus trembler, tant il connait et devine toutes les ficelles tissées savamment par ce dernier (THE GRUDGE 2 sorti en 2006 en constitue une parfaite illustration).

JU-ON THE CURSE premier du nom est donc une petite perle, un concentré d’idées inouï qui parvient à impressionner malgré des moyens que l’on devine très limités. Et ça fonctionne : lorsque le spectre descend pour la première fois les escaliers, dans une espèce de danse macabre démembrée, le spectateur ne peut être que figé d’effroi. Et ces bruits étranges, résonnant au sein des murs de la maison maudite, Shimizu ne les changera jamais, et les injectera encore et encore, dans tous ses films à venir. Mieux même, certaines scènes présentes dans le téléfilm seront réutilisées à l’identique (ou presque) dans les futurs remakes (la fille qui déambule sans mâchoire, le téléphone qui sonne à l’école et la main d’une écolière qui tombe sur…les pieds de Toshio, etc.). Beaucoup de bonnes idées (les meilleures) étaient donc déjà présentes dans ce premier téléfilm. Néanmoins, et ce en raison des faibles moyens, JU-ON n’est pas aussi effrayant que les deux films japonais (2003) et que le premier remake américain (2004). Il n’en demeure pas moins un petit bijou d’inventivité et un film à voir absolument si vous souhaitez envisager le genre dans son entier.

A noter également, un casting de qualité, composé notamment de deux habitués du cinéma de Kitano (Daike Yuuko et Ashikawa Makoto) ou encore de la toute jeune Kuriyama Chiaki.

Oli :

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Quick Review in English:

++ Some many great ideas, in this cheap drama : a masterpeace for the television
++ Everything that Shimizu will use and use again was already in this short drama
++ Scary and inventive

— It’s a pity that this first drama is now forgotten. The movies are more popular

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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