Yatterman, Miike Takashi (2009)


YATTERMAN
ヤッターマン
Année : 2009
Genre : machine livrée avec sexe à piles
Production : Nikkatsu / NTV / Shochiku / Tatsunoko
Réalisation : Miike Takashi
Avec : Sakurai Shô, Fukada Kyôko, Abe Sadao, Fukuda Saki, Ippongi Shingo, Kobayashi Kendô, Namase Katsuhisa, Okamoto Anri, Saitô Ayumu


Les super héros kitch du futur Gan et Ai continuent de lutter inlassablement contre le gang maléfique mené par la diabolique Doronjo…toujours à la recherche d’un crâne étrange aux facultés surnaturelles…

Avant d’envisager directement le film de Miike, un petit coup de gueule s’impose…car la dictature des Johnny’s au Japon, ça commence à bien faire. Ces boys bands masculins produits depuis des décennies par le mécène Johnny (aka Johnny Kitagawa) sont en effet omniprésents dans tous les médias. Bien évidemment ils ne savent rien faire de leurs dix doigts (et surtout pas chanter, à quelques exceptions près), et même si vous ne les aimez pas, vous êtes quasiment obligés de vous les taper quotidiennement. Alors oui bien sûr si vous allumez votre télé, vous y aurez droit à chaque fois. Car en dehors des pubs et des clips, les Johnny’s présentent aussi leurs propres émissions (y’en a des dizaines, même des culinaires), et poussent le vice à s’interviewer entre eux et à dire du bien des films des autres Johnny’s. Ils jouent donc aussi au cinéma (et je ne parle pas des drama), par conséquent même si vous ne regardez pas la télévision poubelle japonaise vous tomberez dessus (en plus des pubs dans la rue, la presse et le métro). Ce ne sont pourtant pas des acteurs (je vous rappelle qu’ils sont censés être chanteurs – la bonne blague) mais comme ils sont bankable on les place souvent dans de grosses productions. Parfois on évite le pire (finalement Masahiro Motoki réussit une belle carrière au cinéma, Kusanagi des ridicules SMAP s’en sort pas trop mal à force, et le jeune Ninomiya Kazunari, du groupe à vomir Arashi, est plutôt bon – il est convaincant dans LETTERS FROM IWO JIMA de Clint Eastwood). Fin de la parenthèse sur les Johnny’s avec la dernière précision qui s’impose : le premier rôle masculin de YATTERMAN est tenu par Sakurai Shô, une tête à claques de Arashi qui en plus d’être mauvais se la pète un peu trop (et oui que voulez-vous c’est un génie il est allé à l’université). Le mot dictature n’est donc pas trop fort, car pour éviter de subir les Johnny’s au Japon il faut ne jamais allumer sa télé, ne jamais naviguer sur un site internet japonais, ne jamais écouter la radio, ne jamais prendre le métro, ne jamais regarder les panneaux de pub dans la rue, ne jamais aller au cinéma…bref habiter sur une île déserte.


Ci-dessus : Yatterman contre Super Man-ucurée

Le film de Miike à présent…que dire ? Et bien le réalisateur japonais qui n’a jamais eu peur de rien semble s’être amusé comme un petit fou avec cette adaptation d’un anime déjà déjanté à la base. Pour ne rien gâcher Miike a eu les moyens de ses ambitions loufoques puisque le film regorge d’effets spéciaux pas trop mal réussis dans l’ensemble. Enfin et comme il le fait souvent, Miike Takashi a injecté sa petite touche personnelle en dynamitant quelque peu l’anime dont il s’inspire : en effet le coté sexy déjà bien présent originellement est ici ponctuellement remplacé par un coté sexuel (le tour de force de Miike est donc à relativiser : c’est pas comme s’il déniaisait l’anime de CANDY CANDY, par exemple). On aura ainsi droit à un robot qui va tirer des roquettes avec ses seins protubérants et à un autre qui connaitra l’extase (oui ici, le mécha nique).

Mis à part ces quelques bons coups, YATTERMAN se révèle hélas assez imbuvable sur la durée. Ennuyeux, crétin (c’est voulu) et beaucoup trop long (près de deux heures !), YATTERMAN est typiquement le genre de film à voir en faisant autre chose (histoire de ne pas trop perdre son temps pour rien).

Maintenant j’attends avec impatience une éventuelle adaptation de GOLDORAK par Miike Takashi avec, j’en salive d’avance, des scènes de copulation entre Grendizer et Vénusia (le Fulguro Poing risque de faire mal !).

Oli :        
Yasuko :

_________________________________________

Quick Review in English:

+ CGI are not so bad
+ Miike replaced the sexy image of the anime by a sexual content
+ Incredible scenes with giant robots making love
+ Fukada Kyôko’s incredible nails

– Toooooo long ! Sooooo boring !
– Once again, we have a Johnny’s crap as main actor
– Miike shot a few funny scenes, but forgot to direct a real movie

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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