Honogurai mizu no soko kara, Nakata Hideo (2002)


HONOGURAI MIZU NO SOKO KARA, aka Dark Water
仄暗い水の底から
Année : 2002
Genre : spectateur K.O. de boue
Production : NTV / Kadokawa / Oz Productions / Toho
Réalisation : Nakata Hideo
Avec : Kuroki Hitomi, Kanno Rio, Oguchi Mirei, Mizukawa Asami, Kohinata Fumiyo, Tokui Yu, Yatsu Isao, Ogi Shigemitsu, Asano Maiko, Ikari Yukiko, Nomura Shinji, Shimizu Kiriko, Hanahara Teruko, Yasuda Youko, Gô Shichirô, Hara Chisako, Shinagawa Tôru, Ôtsuka Chihiro


Une mère de famille, sur le point de divorcer, peine à s’organiser pour élever seule sa fille. De nouveaux problèmes viendront même bientôt s’ajouter à ses soucis familiaux : le nouvel appartement dans lequel elle vient d’emménager avec son enfant est en effet constamment touché par des fuites d’eau…venant de l’étage au dessus, qui parait pourtant inoccupé…

Quatre ans après le formidable RINGU, Nakata Hideo signera un nouveau long métrage horrifique à l’ambiance extrêmement pesante. Et avec DARK WATER, Nakata Hideo confirmera à la fois tout son talent, ainsi que sa capacité à gagner le box-office avec ses petits revenants. Oui Nakata sera une bonne fois pour toute projeté sur le devant de la scène cinématographique mondiale. En 2002 on pouvait donc déjà dire sans se tromper qu’avec DARK WATER, le fantôme de l’eau paiera : suivront en effet des remakes réalisés par d’autres (DARK WATER USA, THE RING), et par Nakata lui-même (THE RING 2), ou encore des spin-off inintéressants de séries à succès (L CHANGE THE WORLD).

De là à dire qu’au moment où j’écris ces quelques lignes DARK WATER demeure le dernier vrai bon film de Nakata Hideo, il n’y a qu’un pas… Mais le bonhomme en a encore sous le coude, c’est certain, espérons simplement qu’il se reconcentre un peu sur des projets plus personnels au lieu de répondre aux douces sirènes dorées venus des grosses maisons de production…américaines ou japonaises.

DARK WATER, donc, est un film angoissant qui mérite amplement son succès. Il faut dire que l’on y retrouve Nakata Hideo derrière la caméra, Kawai Kenji à la bande-son, ainsi que l’écrivain Suzuki Kôji et Ichise Takashige à la production (ne cherchez pas, c’était déjà la dream team à l’origine de RINGU). Ajoutez à cela une actrice principale résolument douée (et charmante, ce qui ne gâche rien) et vous obtenez tout simplement l’un des meilleurs films du genre sortis ces dernières années. De plus le coté dramatique, magnifié par une fin assez douloureuse, vient apporter une touche d’originalité et de noirceur sociale assez rarement abordées dans le cinéma d’épouvante. L’horreur surnaturelle bascule donc parfois dans la détresse familiale, particulièrement réelle. Les gouttes de pluie se mêlent alors aux larmes, tangibles, d’une mère en détresse qui ne parvient plus à élever seule son enfant, surtout depuis qu’elle a emménagé dans un immeuble hanté…par une petite fille.

Moite, triste, parfois surprenant, DARK WATER est un film à ne pas manquer, qui illustre de plus remarquablement bien une figure classique du cinéma fantastique : l’immeuble abandonné…avec ses couloirs vides, son ascenseur qui grince, ses apparitions maléfiques… Histoire de faire la fine bouche, on pourra toujours regretter quelques prises de décision discutables de la part de la mère de famille (Kuroki Hitomi)…pendant quasiment tout le récit, l’intéressée n’aura en effet de cesse de prendre les plus mauvaises décisions (sans parler de tous ces moments cruciaux où elle laissera bien évidemment sa fille seule). Le design du fantôme n’est pas non plus une franche réussite. Pour ces quelques raisons, RINGU, KAÏRO et quelques autres titres plus immersifs que DARK WATER demeurent donc, pour moi, les références incontournables du cinéma fantastique moderne au Japon.

Pour la petite histoire, il faut également savoir que Nakata Hideo réalisera une vraie fausse suite (voire même plutôt un remake) de DARK WATER pour les États-Unis. Il s’agira de THE RING 2 (sorti en 2005). Un remake déguisé qui vient faire perdre tout son sens au remake américain officiel de DARK WATER, réalisé en 2005 également, mais par Walter Salles (je sais, je sais, il faut suivre).
Bien joué Hideo ?

Oli :        
Yasuko :

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Quick Review in English:

+ The best movie of Nakata, with RINGU
+ A horror movie with a social touch
+ Very good Kuroki Hitomi
+ Disturbing movie, great ending

– The lead female character always take the wrong decisions
– The last good movie of Nakata?!

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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