Monsterz, Nakata Hideo (2014)


MonsterzMONSTERZ, aka Monster
モンスターズ
Année : 2014
Genre : monsterz avec un Z, comme les séries
Production : NTV / Warner Bros. / Horipro
Réalisation : Nakata Hideo
Avec : Fujiwara Tatsuya, Yamada Takayuki, Ishihara Satomi, Taguchi Tomorowo, Ochiai Motoki, Kimura Tae, Fujii Mina, Kawajiri Tatsuya, Matsushige Yutaka, Miura Masaki, Taiga, Morishita Yoshiyuki


Un mutant, capable de contrôler les faits et gestes des êtres humains, vit seul dans la paranoïa et la souffrance – son immense pouvoir semble littéralement ronger son corps. Traumatisé par le regard des autres, qui ne voient en lui qu’un monstre, il a fini par transformer son dédain pour l’espèce humaine en haine. Viscérale.

Un jour comme les autres, durant lequel il s’amuse négligemment à contrôler des dizaines de personnes dans un parc, il fait face à l’impossible : un homme, simple déménageur inconscient du danger qui le guette, résiste à son pouvoir.

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MONSTERZ est en réalité le remake d’un long métrage sud-coréen de 2010 (que je n’ai pas vu). Les mauvaises langues diront que le film part déjà avec un sacré passif… MONSTERZ s’ouvre alors sous la pluie – damned, encore un clin d’œil au maniérisme exacerbé de certains réalisateurs issus du pays du matin calme ?! Une scène trop démonstrative pour être parfaitement honnête, mais qui fonctionne malgré tout grâce au dévouement de l’excellente actrice Kimura Tae et à la chute qui impressionne bien.

MONSTERZ commence alors pour de bon. Et on comprend avec tristesse que l’actrice vue dans l’intro n’apparaitra plus (ou si peu), puisqu’elle laisse sa place à l’affable et ennuyeuse Ishihara Satomi. Peu importe, on n’est pas là pour les personnages féminins, mais pour voir Fujiwara surjouer et des mutants s’étriper. Sur ce point, le film déçoit. On y croit pourtant un peu au début. Le mutant incarné par Fujiwara Tatsuya, rongé par son pouvoir (clin d’œil à Tetsuo d’AKIRA ?) semble pourtant capable de renverser des montagnes – le hic c’est qu’il a en face de lui un « héros » normal, sans charisme aucun et à la prose aussi intéressante que la rubrique « courrier des lecteurs » de Télérama. La technique et le scénario rattrapent-ils le tout ? Non.

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En gros et dans le désordre, MONSTERZ nous offre un déluge improbable de moments figurant parmi les plus crétins de l’année ciné 2014 : des flics débiles (à en lever les bras au ciel de dépit) qui ne tirent jamais alors qu’ils ont en face d’eux l’une des plus grandes menaces de l’histoire de l’humanité (après les films de Claude Lelouch, cela va sans dire), des scènes intimistes ringardes et illogiques compte tenu de l’horreur qui rôde (la piscine et les jeux d’eau : nooooooon…), deux scènes de chute dans le vide tellement mal filmées qu’on les aurait jugées ratées dans un film de Uwe Boll, des décisions jamais crédibles (sans rire, vous ne déménageriez pas si vous saviez qu’un mutant psychopathe connaissait votre adresse ?), un climax ridicule avec deux lutteurs s’en prenant au héros dans son appartement (on n’y croit pas une seule seconde) et, au milieu de ce marasme à l’ambiance aussi lisse qu’un feuilleton de Mimi Mathy et dont vous ressortirez bien évidemment atterré, deux ou trois moments qui fonctionnent – qui impressionnent ? Presque.

Hélas, même durant ces quelques instants euphorisants, certains spectateurs pourraient bien tiquer. Les plus fins observateurs du cinéma japonais auront ainsi remarqué que la meilleure scène du film (la marée humaine dans l’opéra) semble s’inspirer du génial JIGOKU (1960) – et oui Hideo, c’est dommage je tiens mes fiches à jour ! Et puis…ce n’est pas comme si le film LA GRANDE MENACE, sorti en 1978 et dont je n’ai jamais oublié la glaçante scène finale, ne nous avait pas déjà conté la même chose ou presque : immortalité, capacité de tuer d’un seul regard, flashback avec parricide à la clé… Qu’il s’agisse d’un hasard ou pas, il vaut bien mieux se replonger dans nos vieux classiques (SCANNERS inclus) plutôt que de devoir subir un MONSTERZ et ses tristes atours de nanar ambulant, peuplé de flics sans cervelle et porté par deux acteurs qui en font trop – concernant Yamada Takayuki, c’est avant tout son personnage qui est mal écrit, surjouant jusqu’à la nausée le profil du copain idéal, voire du bon père de famille.

Oli :         drapeau_blanc
Yasuko : drapeau_blanc

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Quick Review in English:

+ Fujiwara Tatsuya
+ A good scene in the opera
+ A good idea: a powerful mutant faces a « normal » man who can resist his power

– A good idea, yes. But it’s a remake of a 2010 movie…
– The opera scene is good, yes. But it reminds me of JIGOKU
– The « hero » is not really interesting and lacks charisma
– Ridiculous scenes, it’s just unbelievable (the baby’s fall: noooooooo!!!!)
– And what about those stupid policemen? They never shoot!
– No soul at all, no atmosphere at all
– I guess the original movie is better…
– And what about THE MEDUSA TOUCH (1978)? Yeah. Far better!

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A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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Un commentaire pour Monsterz, Nakata Hideo (2014)

  1. J’étais tombé plusieurs fois sur la bande annonce par hasard et je me disais pourquoi pas, après le dernier Nakata que j’avais vu et aimé (THE COMPLEX) mais tu m’as refroidit. Je vais de ce pas découvrir LA GRANDE MENACE (et ressortir mon vieux dvd poussiéreux de SCANNERS).

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