Gekijôban: Zero, Asato Mari (2014)


gekijoban zeroGEKIJÔBAN: ZERO, aka Fatal Frame
劇場版 零〜ゼロ〜
Année : 2014
Genre : zéro…pointé ?
Production : Kadokawa
Réalisation : Asato Mari
Avec : Nakajô Ayami, Morikawa Aoi, Hagiwara Minori, Asaka Kôdai, Kojima Fujiko, Miho Jun, Miyama Karen, Nakagoshi Noriko, Nakamura Yuri, Yamaya Kasumi


Aya, jeune fille à la voix d’ange, est particulièrement populaire dans son lycée catholique privé. Mais un jour, sans prévenir, elle décide de vivre recluse dans sa chambre. Plus personne ne la verra… Une  rumeur se répand alors rapidement dans les sombres couloirs de l’école : quiconque embrasserait la photo d’Aya, que l’une de ses meilleures amies possédait affichée dans sa chambre, disparaitrait irrémédiablement dans d’étranges circonstances… Une rumeur qui va s’amplifier à mesure que des jeunes filles vont commencer à véritablement disparaitre.

ZERO 01ZERO 02

ZERO 03ZERO 04

ZERO est une franchise de jeux (de type survival horror) ayant fait les beaux jours de la PlayStation 2 avant de migrer sur les machines de Nintendo. Je suis un très grand fan de cette série, dont vous pouvez retrouver les tests (écrits par mes soins) sur ces pages : épisode 1 / épisode 2 / épisode 4.  Ces jeux mettent souvent en scène des jeunes filles (plus rarement des garçons) dans des lieux hostiles, lugubres à souhait, avec pour seul moyen de défense contre les nombreux fantômes un appareil photo : la Camera Obscura. Celle-ci possède l’étrange capacité de capturer les esprits frappeurs et donc de vous libérer de leur emprise démoniaque. Les jeux en question sont absolument effrayants et particulièrement malsains. Un vrai bonheur glauque pour les amateurs d’horreur. Un cinquième opus est donc sorti en 2014, sur la plus récente console de Nintendo : la Wii-U. Je ne possède pas cette machine et n’ai donc pas pu tester le jeu en question. Pour coller à la sortie du soft (qui n’eut pas un succès retentissant : il aurait fallu le sortir sur d’autres consoles…), il fut décidé de produire un film, sobrement intitulé ZERO. Oh joie ! Oh bonheur morbide et intense ! Des fantômes, un univers très sombre, un appareil photo qui s’intégrerait parfaitement à une mise en scène cinéma et une école hantée… Hantée…Hantée par les remords, comme la réalisatrice du film ?!

La dame en question s’appelle Asato Mari. Elle part de loin, puisqu’elle a à son actif quelques séries B peu glorieuses et quelques DTV dans l’univers de REAL ONIGOKKO. Et bien elle rend ici une copie très propre. Certaines scènes dégagent une atmosphère à la fois magnifique et oppressante, et la photographie se met au diapason pour donner à cette école religieuse une âme à part entière – mais une âme damnée, bien évidemment. Non, là où le bât blesse, c’est dans le scénario (signé Asato Mari). Ils sont où tous les fantômes ? Elles sont où toutes les scènes terrifiantes (9/10 sur l’échelle du pipi du stress concernant les deux jeux sur Wii) ? Quid des références shintoïstes inhérentes à la série ? Et nom d’un spectre étranglé : elle est où, la Caméra Obscura ?!?!?

ZERO 05ZERO 06

ZERO 07ZERO 08

Vous l’aurez compris, le film ZERO n’a quasiment rien à voir avec les jeux, ZERO. Alors certes, on aperçoit bien la Camera Obscura à deux ou trois reprises durant l’intrigue, mais davantage comme un clin d’œil aux fans (dépités) que comme un véritable rouage du scénario. Alors vous allez me répondre qu’une adaptation ciné doit savoir s’affranchir du matériau dont elle s’inspire. Pourquoi pas. Mais là, on atteint quand même des sommets. Faire un film ZERO avec un seul fantôme, sans scènes effrayantes et surtout en se désintéressant totalement de la Camera Obscura reviendrait à produire un film sur Captain America…sans Captain America (vous ai-je déjà dit tout le bien que je pensais de CAPTAIN AMERICA: THE WINTER SOLDIER ? – fin du hors sujet).

Rageant. D’autant plus rageant que ZERO, le film, est plutôt bon – si on accepte le fait qu’il prend un malin plaisir à snober les jeux (à quelques clins d’œil près, la gémellité par exemple). ZERO instaure en effet une ambiance pesante et fort bien maitrisée par la réalisatrice. L’école religieuse pour jeunes filles devient presque un personnage à part entière, et le simple fait de naviguer dans ses couloirs, de se risquer dans son grenier, le soir, suffit pour inquiéter. Si le final n’est pas un modèle du genre, ZERO n’en demeure pas moins un bon drame fantastique à la structure particulièrement intéressante. Une histoire froide et pesante qui n’est pas sans rappeler le film sud-coréen MEMENTO MORI, sur une musique que n’aurait pas reniée le Dario Argento de la grande époque. Par contre, si vous recherchez quelque chose qui se rapproche davantage des jeux vidéo, il conviendrait sans doute mieux de vous pencher sur SHUTTER – le film original thaïlandais, pas l’odieux remake.

Oli :        drapeau2 drapeau2
Yasuko : drapeau_blanc

Trailer :

______________________________________________

Quick Review in English:

+ The best movie of Asato Mari so far
+ Dark atmosphere, strange mysteries, schoolgirls will go missing…
+ Some good filmmaking ideas, with a good photography
+ An interesting fantasy drama story – did you say MEMENTO MORI?

– Is it a joke? It should be an adaptation of the video games, am I right?
– The Camera Obscura is not part of the scenario (you can see it once or twice)
– In the games, Shintoism is important. Why did they turn it into Catholicism?
– In the games…well, it’s about ghosts! There are many ghosts!
– The final climax is not very good
– If you expect an adaptation of the video games, you’ll be DISAPPOINTED

ZERO IMAGE 1

ZERO IMAGE 2

ZERO IMAGE 3

ZERO IMAGE 4

ZERO IMAGE 5

ZERO IMAGE 6

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
Cet article, publié dans Drame, Fantastique, Fantômes, Horreur, est tagué , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour Gekijôban: Zero, Asato Mari (2014)

  1. J’avais justement appris l’existence du film il y a quelques jours en regardant le film précédent d’Asato Mari (BAIROKÊSHON), maîtrisé visuellement mais au scénario qui commençait bien avant d’être un peu bancal et raté sur son final à coups de twists à répétition. Du coup j’étais super enthousiaste de la savoir sur une adaptation de ZERO, car mine de rien, j’aime bien une partie de sa carrière (KEITAI KANOJO, son JU-ON KUROI SHÔJO). Faudrait que je me sorte bien les jeux de la tête avant de me lancer dedans donc…(et je vois que ta femme n’a pas du tout aimée donc haha)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s