Crime Hunter: ikari no jûdan, Okawa Toshimichi (1989)


CRIME HUNTER DVDCRIME HUNTER: IKARI NO JÛDAN, aka Crimehunter: Bullet of Fury
クライムハンター 怒りの銃弾
Année : 1989
Genre : vidéo-ascète
Production : Toei
Réalisation : Okawa Toshimichi
Avec : Sera Masanori, Tanaka Minako, Matano Seiji, Takeuchi Riki, Katagiri Ryûji, Takashi Hunt, Harada Yoshio, Hayami Mai, Terajima Susumu, Hoshino Akira, Ono Yoshinori


À Little Tokyo, Los Angeles, Joe est un flic aux méthodes musclées mais efficaces. Avec l’aide de son jeune partenaire, il va parvenir à arrêter un dangereux criminel, Bruce. Mais le magot que celui-ci a récemment dérobé serait toujours planqué quelque part dans la nature… Sur le chemin du poste de police, la voiture de Joe est prise violemment pour cible par des tireurs embusqués, cachés derrière des masques de clown. Les deux flics mordent la poussière, et Bruce en profite pour prendre la poudre d’escampette.

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CRIME HUNTER, c’est un peu à lui tout seul un morceau d’histoire, de sueur et de vidéocassette. Il s’agit en effet du premier film produit par la Toei pour (et seulement pour) le marché de la vidéo. Même si tout n’est pas très clair dans tout ça, l’initiative de la chose reviendrait à un certain Yoshida Tatsu (source : Midnight Eye), producteur émérite et attentif, qui aurait remarqué que certains cinéphiles (ou cinéphages) ressortaient parfois des vidéoclubs avec quatre ou cinq VHS sous les bras – comment étaient-ils capables de voir autant de films en si peu de temps ? Tout simplement en appuyant sur le bouton « avance-rapide » ! Yoshida Tatsu, chanceux ou génial visionnaire, se dit qu’il y avait alors une part de marché à prendre – surtout, il souhaitait produire des films vidéos qui ne donneraient pas envie à leurs spectateurs d’appuyer sur le fameux bouton.

Et Yoshida Tatsu remporta son pari. CRIME HUNTER remporta un vrai succès, connut deux suites et, surtout, il démocratisa ce que l’on appelle aujourd’hui le V-Cinema. Sous ses couverts de petite VHS, de simple petit film d’action, CRIME HUNTER n’en demeure donc pas moins un pion d’une importance capitale sur le grand échiquier du cinéma japonais. Il imposa aussi le format des 60 minutes (peut-être hérité des pinku ?) qui oblige les réalisateurs à aller à l’essentiel, à ne pas se perdre en palabres inutiles et, donc, à privilégier l’action et la force de caractère de leurs personnages. CRIME HUNTER est là pour le prouver : en 60 minutes, il est tout à fait possible de rendre des personnages crédibles et attachants, et les réalisateurs de talent (ou pleins de roublardise) savaient comment s’y prendre. Dialogues, situations et enjeux touchaient généralement les spectateurs en plein cœur. C’était parfois caricatural (CRIME HUNTER l’est), mais ça fonctionnait lorsque tout s’enchainait bien et que ça ne durait pas trop longtemps.

Avec son intrigue délocalisée à Los Angeles (mais bien évidemment tournée au Japon), CRIME HUNTER essaie d’insuffler au genre quelque chose d’aussi frais qu’une bonne Budweiser – la Bud, il y a mieux ailleurs, mais elle fait toujours du bien. Un peu comme le V-Cinema et son illustre ancêtre CRIME HUNTER : frais mais référencé, qui rappelle autant quelques héros de films d’action américains (le personnage principal porte un bandana et s’appelle Joe) que l’ambiance propre aux polars hongkongais de la grande époque. Oui, il y a un peu de la noirceur, du jusqu’au-boutisme propres au cinéma HK dans ce CRIME HUNTER – sans néanmoins jamais atteindre le niveau des bons polars de l’ex-colonie britannique. Enfin, comment ne pas citer Matsuda Yûsaku, légende du film noir à la japonaise, bad guy sexy, violent et aimant qui décéda tristement quelques mois après la sortie de CRIME HUNTER… Bruce, le méchant assez cool recherché par Joe, lui ressemble étrangement : même visage longiligne, même coiffure frisée que dans ses films des années 70, même imperméable que dans la trilogie « Narumi Shôhei » et, surtout, même façon de parler ! Bruce qui, un peu à la manière des meilleurs personnages incarnés par Matsuda Yûsaku, se révélera être un bad guy plutôt humain, très loin d’être entièrement dévoré par sa part d’ombre.

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Pas foncièrement original donc, ce CRIME HUNTER. Mais la manière dont toutes ces références sont mâchées, avalées puis dégurgitées au visage du spectateur au rythme d’une mitraillette jamais enrayée, le tout sur une durée d’à peine 60 minutes, fait que le spectacle prend aux tripes, littéralement ! Bien évidemment tout n’est pas parfait : les acteurs surjouent, certaines situations et personnages sont attendus et déjà-vus et, techniquement, il ne s’agit pas d’un grand film. Okawa Toshimichi n’est pas Fukasaku ou Ringo Lam, mais il a malgré tout pris son œuvre à cœur : rien n’est bâclé, on y croit et on sent que de véritables efforts sont ont été faits – à la fois du côté technique (montage, éclairage…il y a de l’idée !) et financier.

CRIME HUNTER est, par conséquent, un film absolument immanquable. Tout d’abord pour son côté « historique ». Il est la pierre fondatrice de l’empire à venir du V-Cinema aujourd’hui hélas tristement en déclin. La présence d’un tout jeune acteur au début du film, qui va rapidement tomber sous les balles non sans avoir combattu jusqu’au bout de ses forces, va désormais bien au-delà du simple clin d’œil. C’était un signe. C’est désormais un symbole. Car le beau et jeune garçon en question, il s’appelle Takeuchi Riki – et il deviendra un peu plus tard une véritable légende du V-Cinema. Les plus observateurs d’entre vous remarqueront également la présence d’un figurant qui n’apparait que deux ou trois secondes avant de mourir. Un acteur du nom de Terajima Susumu…

CRIME HUNTER, indispensable quand on cherche à bien connaitre l’histoire du cinéma japonais dans son ensemble (non, le V-Cinema ce n’est pas « sale » !). Certes. Mais CRIME HUNTER est aussi un film indispensable parce qu’il est très bon, tout simplement ! Caricatural, oui : mais ce genre de production visait principalement les spectateurs masculins, amateurs de morceaux de bravoure et de jolies filles en sueur – en l’occurrence, CRIME HUNTER propose Tanaka Minako dans le rôle d’une religieuse jeune et jolie en bas résille qui tire au fusil à pompe ! Yes, un véritable fantasme sur pattes, j’achète ! Et puis, comme je l’ai déjà dit, CRIME HUNTER est aussi un vrai film, bien pensé pour accomplir l’objectif qu’il s’était donné, avec d’excellents climax, des scènes bien ficelées (Joe surpris dans son appartement, Bruce qui rend visite à son « ami » pour récupérer son bien…), des personnages attachants, du sang qui gicle (dommage qu’il ressemble parfois à de la peinture), Tanaka Minako qui change de costume comme d’autres font du cosplay, quelques petits rebondissements, des explosions et même un grenade-launcher – à la Christopher Walken dans THE DOGS OF WAR. Miam.

Pour rester dans le trip du film très typé eighties, CRIME HUNTER c’est donc un peu comme la Budweiser et les nonnes sexy : à consommer sans modération !

Oli :         drapeau2 drapeau2 drapeau2 0japondrapeau1
Yasuko : drapeau2 drapeau2

Des passages du film issus d’une vieille émission de télévision :

Trois extraits concoctés par mes soins (désolé pour la désynchronisation ponctuelle) :

Refresh/Reload scene :

Drive and Die scene :

Terajima Susumu scene :

Bonus : les armes du film décortiquées (en japonais et en images).

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Quick Review in English:

+ First movie produced for video market by the Toei
+ Great movie: only 60minutes long and it’s a good thing
+ Not the best director ever, but cut/photography are good
+ Yes, some scenes are beautiful: lighting is well thought
+ Action, bravery, interesting characters (even the bad guy)
+ Many references, well used (Matsuda Yûsaku, HK movies…)
+ Tanaka Minako as a nun, a prostitute and a soldier: cosplay time!
+ Takeuchi Riki has a small part in this film: he’ll become a legend of V-Cinema
+ Terajima Susuma makes an appearence (3 seconds?)
+ From this movie, V-Cinema will become an important part of Japan film industry
+ Thank you CRIME HUNTER: video stores are still alive in Japan!

– The actors won’t get any Oscar, of course, they are not so gifted…
– A great direct to video movie…but still a direct to video movie…
– …so don’t look for the best action movie of the eighties…
– Not as good as many films of than kind in Hong Kong

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A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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2 commentaires pour Crime Hunter: ikari no jûdan, Okawa Toshimichi (1989)

  1. Ouuuh cette pépite culte qui donne envie de décapsuler une bière fraiche et se poser tranquillement pour profiter du spectacle. Tu donnes sacrément envie d’y plonger (et de boire aussi ^^). Et les captures aident beaucoup à compléter l’idée qu’on peut s’en faire en te lisant. Perso’ bad ass, de la bijin, du gros calibre, l’univers référencé et j’en passe. Je parle même pas des extraits partagés. Le kiffe. Tu viens de faire un envieux, là. Ce genre de peloches font plus que me parler, elles m’animent.

    Ce que Takeuchi Riki fait jeune, les kilos en moins.😉

  2. Ça m’envoie du rêve tout ça. Si je ne le trouve pas en torrent, je me calmerais en me regardant un Golgo 13!

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